PetroCaribe : Tous pour demander des comptes

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Sit-in la CSC/CA pour demander des comptes sur l’utilisation du fonds PetroCaribe.

Lancé le 14 août par le cinéaste Gilbert Mirambeau, le , qui a concentré presque toutes les attentions en l’espace de huit jours, a basculé sur le macadam ce vendredi, après avoir été largement relayé sur les réseaux sociaux. Ce vendredi, universitaires, artistes, syndicalistes, tout un public majoritairement jeune a répondu présent à un sit-in convoqué devant la CSC/CA pour demander des comptes sur l’utilisation du fonds PetroCaribe.

La mobilisation pour réclamer la lumière sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, déclenchée sur les réseaux sociaux depuis plus d’une semaine, a été transportée sur le macadam. Ce vendredi, ils étaient plus d’un millier à se rendre devant la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA). Munis de pancartes, de hauts parleurs, vêtus de t-shirt confectionnés pour la circonstance, les participants, majoritairement jeunes, ont occupé les parages de la CSC/CA durant plus de 4 heures.

Plusieurs artistes et personnalités du monde universitaire ont été remarqués dans ce sit-in. L’universitaire Darline Alexis a expliqué que sa présence témoigne d’un engagement et d’un devoir citoyen. «On a dépensé une somme d’argent. Pourtant, à observer objectivement, il n’y a rien de concret qui a été réalisé. C’est un devoir citoyen de venir sur le macadam pour réclamer des explications», a-t-elle indiqué. Darline Alexis estime que les citoyens doivent se sentir concernés par cette cause. « Nous faisons face au problème d’accès aux soins de santé, aux problèmes de la faim, du logement, etc. Les citoyens doivent demander des comptes. Et c’est-ce que nous sommes en train de faire», a-t-elle fait savoir.

Pour Joël Fanfan, journaliste et universitaire, sa participation au sit-in répond à sa volonté de transformer son cyber-activisme en un activisme réel. «La jeunesse est mobilisée pour signifier à tous qu’elle prend le dossier PetroCaribe très au sérieux. Nous pouvons marquer l’histoire, nous devons créer un antécédent dans la lutte contre la corruption», croit-il, pensant que la lutte contre ce fléau aura des répercussions sur les problèmes d’éducation, de santé, de logement, entre autres. Joël Fanfan le voit d’un bon œil la présence d’autant de jeunes dans les parages de la Cour des comptes. «Il y a un changement en gestation. Les jeunes rejettent le leadership traditionnel. Ils veulent un autre modèle. C’est une très bonne chose que plusieurs centaines de participants aient pris part au sit-in», estime-t-il.

Très actif sur la Toile dans la mobilisation , le comédien Jasmuel Andri a été également remarqué sur le béton. Il pense qu’il y a désormais un tournant dans les mouvements citoyens en Haïti. Jasmuel Andri croit que la lumière sur «l’un des plus gros scandales financiers» du pays est plus que nécessaire. «Cet argent aurait pu changer complètement le visage du pays», estime-t-il.

Gaëlle Bien-Aimé, l’un des fers de lance de la mobilisation, s’est montré satisfaite de la réponse du public. «Il y a des gens qui ont laissé leur poste pour venir ici. J’en suis très contente», a-t-elle ajouté. En tant qu’artiste, la comédienne Gaëlle Bien-Aimée en a profité pour présenter ses revendications. «Il n’y a aucune politique culturelle dans ce pays pour les écrivains, les comédiens, etc. Tout se résume à la république de Port-au-Prince. Il n’y aucune alternative aux activités de Dj. Un pays ne peut pas se permettre de fonctionner sans une salle de spectacle, de cinéma. Je suis là pour demander ce qu’on a fait avec le fonds PetroCaribe», a-t-elle tonné.

Le chanteur BelO s’est dit concerné par le débat sur PetroCaribe. Mon absence à ce sit-in serait en contradiction avec mes chansons, souligne-t-il. «Je ne suis pas là aujourd’hui pour parler mais pour agir. La dernière chanson que j’ai publiée, Bousòl, qui n’a pas eu l’attention des médias, a été écrite deux semaines après les émeutes. J’ai déjà chanté tout ce que je devais dire ce vendredi. Je viens sur le béton pour manifester mon intérêt comme père de famille et citoyen qui chante depuis 13 ans pour une nouvelle Haïti», a-t-il fait remarquer. D’autres artistes comme Pastè Blaze, Bricks et Izolan de Barikad Crew, Atròs de Rockfam, Mikaben ont également été remarqués.

Si certaines personnalités n’ont eu aucun mal à prendre part au sit-in, d’autres étaient copieusement sifflées. C’est le cas de Pierre Espérance, Arnel Bélizaire, Éric Jean Baptiste, etc. Certains participants ont estimé que le directeur exécutif du RNDDH, dont le nom a été cité dans un scandale de financement du BMPAD, n’a pas sa place dans un mouvement anti-corruption. Ils ont également dénoncé une tentative de récupération politique de la part d’Éric Jean Baptiste et d’Arnel Bélizaire.

Peu avant les huées du public, le secrétaire général du RDNP a dit appuyer la mobilisation visant à exiger que la lumière soit faite sur la dilapidation du fonds PetroCaribe. Toutefois, il a mis en garde contre certaines voix qui dénoncent alors qu’elles sont aussi coupables. «La population doit être vigilante. Il faut tracer un exemple. Sinon, ce pays n’a pas sa raison d’être», a-t-il déclaré.

Le sit-in, organisé sous un important dispositif de sécurité, s’est terminé sans heurt. Les participants ont même eu le temps de procéder au nettoyage de la place à la fin.

Jean Daniel Senat Sourc Le Nouvelliste

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