Panique à la Cour des comptes

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Objets de menaces et de « beaucoup d’intimidation » dans le sillage de la publication du second rapport sur l’utilisation du fonds PetroCaribe le 31 mai dernier, au moins deux conseillers de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif ont décidé de quitter le pays, a appris le journal de sources proches de la Cour jeudi 27 juin 2019.

« Il y a beaucoup d’intimidation. Tout le monde ne réagit pas de la même façon aux pressions. Il y a des conseillers qui ont cédé aux demandes pressantes de membres de leurs familles et ont quitté le pays pour se mettre à couvert. A côté des deux conseillers, un troisième a planifié lui aussi de partir sous peu », a confié  notre source.

« Oui, cela impacte le fonctionnement normal de la Cour », a poursuivi cette source interrogée par Le Nouvelliste alors que d'autres publications de la Cour des comptes et du contentieux administratif sont attendues sur la gestion des milliards de PetroCaribe. 

Avant de recueillir les confidences de membres de la Cour sur le vent de panique qui dévaste les rangs de l'institution, des représentants  d’organisations de défense des droits humains telles que le RNDDH, la POHDH, le CONHANE entre autres avaient visité ce jeudi les membres de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif.

Regroupés au sein de la structure dénommée Ensemble contre la corruption, ces militants de droits humains ont voulu exprimer leur solidarité envers les juges de la Cour des comptes qui, selon eux, sont en train de faire face à des « menaces, des pressions et des actes d’intimidation ». 

« Les membres de la Cour des comptes et du contentieux administratif ont commencé à subir des menaces depuis le mois de mai, bien avant la publication de la deuxième partie du rapport sur l’utilisation du fonds PetroCaribe. Ces menaces se sont intensifiées après la publication du rapport », raconte Pierre Espérance qui faisait partie de la délégation.  

« Des individus non identifiés ont ouvert le feu sur les locaux de l’institution le lundi 24 juin », rapporte le directeur exécutif du RNDDH, soulignant que les impacts de balles sont bien visibles sur la barrière principale.  Au moins cinq membres de l’institution ont été poursuivis, à plusieurs reprises, par des individus circulant à moto sans plaque d’immatriculation, selon Pierre Espérance. 

Les membres de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif ont reçu plusieurs messages anonymes sur leurs téléphones. «  On leur dit qu’ils seront exécutés bien avant le procès PetroCaribe », selon Pierre Espérance.

« Ces intimidations visent à mettre la Cour en dysfonctionnement et à l’empêcher de faire son travail », dénonce le secrétaire exécutif du RNDDH. Pierre Espérance se montre très critique vis-à-vis de l’État haïtien qui n’a pas respecté ses engagements envers les juges de la Cour des comptes. L’État avait promis de renforcer la sécurité de ces derniers. 

Le patron du RNDDH dénonce en outre le fait que le ministère de l’Économie et des Finances n’a pas respecté ses engagements concernant les promesses de fonds qui ont été faites à l'endroit de l’institution. « Cela empêche l’institution de progresser dans la dernière partie de son enquête sur l’utilisation du fonds PetroCaribe », explique Pierre Espérance.

Le défenseur des droits humains a par ailleurs critiqué le Sénat de la République qui n’a toujours pas donné suite au deuxième rapport qui lui a été remis le 31 mai dernier. « Le Sénat n’a rien d’autre à faire que d’acheminer le rapport au commissaire du gouvernement qui, lui-même, doit transférer le document au juge d’instruction en charge du dossier », déclare Pierre Espérance. Il accuse le Sénat de s’opposer déjà à la population qui ne jure que par le procès PetroCaribe tout en dénonçant une campagne de dénigrement du Parlement et de l’exécutif contre la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif depuis la publication du deuxième rapport d’enquête sur l’utilisation du fonds PetroCaribe.   

« La vie des membres de la Cour des comptes est en danger. Ils sont en difficulté et n’ont aucun moyen d'accomplir leur travail », alerte Pierre Espérance, qui demande à la population se mettre debout pour soutenir l’institution.

Danio Darius source Le Nouvelliste

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