Nouvelle tentative de dialogue ratée pour Jovenel Moïse…

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Sur les sept regroupements et responsables de partis politiques invités le vendredi 20 décembre par le Palais national à discuter de l’Accord de Marriott, aucun n’a répondu à l’invitation du président de la République. Pour les opposants farouches à Jovenel Moïse, l’invitation est sans agenda et trop précipitée. De leur côté, Eric Jean-Baptiste du RDNP, le sénateur Joseph Lambert du KONA et Paul Denis de INIFOS soutiennent, pour ne pas répondre à l’invitation, qu’ils ne sont pas signataires de l’Accord de Marriott…

Malgré les nombreuses rencontres de cette semaine au Palais national et à la nonciature apostolique, la situation n’a pas véritablement évolué. La crise perdure. L’opposition, signataire de l’Accord de Marriott, refuse encore une fois la main de la négociation tendue par le président de la République. En les invitant à discuter de l’Accord de Marriott qui prévoit sa démission, pour une fois Jovenel Moïse a décidé de mettre sur la table des négociations son mandat…

Ne faisant pas confiance au chef de l’État, l’Alternative consensuelle, Mache kontre, Forum patriotique et le Bloc démocratique, les signataires de l’Accord de Marriott, exigent plus, beaucoup plus avant d’accepter de rencontrer le locataire du Palais national. Ils exigent un agenda de rencontre dans lequel le président de la République annonce clairement sa démission.

« Les entités politiques signataires du «Consensus de Mariott» accusent réception de votre lettre en date du 19 décembre écoulé relative à une rencontre au Palais national, le vendredi 20 décembre 2019 à 1 heure de l'après-midi. Elles déclinent cette invitation précipitée et sans agenda. Elles s'empressent de vous informer qu'elles restent attachées aux termes et conclusions dudit consensus, à savoir : la démission du président de la République et son remplacement par un Juge de la Cour de cassation ; la mise en place d'une transition de rupture ; l'organisation de la conférence nationale souveraine, inclusive et participative ; la réalisation des procès du fonds PetroCaribe, de tous autres cas de corruption et des massacres de La Saline, Carrefour-Feuilles, Bel-Air entre autres », lit-on dans la correspondance responsive envoyée au chef de cabinet du président de la République.

Les opposants à Jovenel Moïse lui ont fait savoir qu’une commission chargée de la mise en œuvre de l’Accord de Marriott a été créée et que l’invitation lui a été acheminée pour les suites nécessaires.

Dans la même veine, trois autres responsables de partis politiques, non signataires de l’Accord de Marriott, ont aussi décliné l’invitation du président de la République au Palais national pour le  vendredi 20 décembre. « J’accuse, par la présente, réception de votre correspondance, en date du 19 décembre en cours, par laquelle vous m’invitez, au nom de Son Excellence le président de la République, à une rencontre qui doit se tenir, au Palais national, le vendredi 20 de ce même mois. Laquelle rencontre s’inscrit dans le cadre des démarches initiées, par la présidence, ayant rapport étroit avec le document, reçu officiellement du Groupe d’initiative de la Passerelle, élaboré à l’hôtel Marriott, en date du 11 novembre dernier, et intitulé «Accord de Marriott» ou «Consensus de Port-au-Prince.»

En ma qualité de secrétaire général du Rassemblement des démocrates nationaux, progressistes, RDNP, j’entends m’engager à… trouver une solution pacifique et responsable à la crise qui secoue le pays depuis plusieurs mois, comme souligné par la présidence. Toutefois, je dois vous signaler que je ne suis pas signataire dudit document et ne peux prendre part, en cette qualité, aux discussions et échanges que peuvent susciter l’analyse, l’application, le suivi des recommandations dudit document, au cours de cette rencontre », écrit Eric Jean-Baptiste dans une lettre responsive adressée au chef de cabinet du président.

Pour sa part, le sénateur Joseph Lambert a répondu en ces termes au chef de cabinet du président : «  Tout en vous présentant mes compliments, je tiens à accuser réception de votre correspondance du 19 décembre 2019 par laquelle j'ai été invité à rencontrer le Président de la République, au Palais national, aujourd'hui à 1 heure de l'après-midi. Je suis navré de ne pas pouvoir répondre à cette invitation qui m'aurait valu un parler franc avec le président autour de cette crise majeure qui expose dangereusement notre pays.  Il plaira aux offices de la présidence retenir, pour le corriger, que je n'ai pas contribué à l'élaboration de l'Accord de Marriott et que mon positionnement politique tient plutôt de ma fonction de sénateur de la République que j'exerce sous la bannière du parti KONA. Mon parti soutient fortement l'idée d'un accord politique pour une issue à cette crise et il se tient disponible pour toutes les rencontres qui placent Haïti au centre des débats, avec une conscience des problèmes et de l'urgence à les résoudre. »

Au téléphone jeudi soir, Paul Denis, responsable de l’organisation politique INIFOS, avait déjà confié au Nouvelliste, n’étant pas signataire de l’Accord de Marriott, qu’il n’allait pas répondre à l’invitation du chef de l’État.  

Une source au Palais national, proche du président de la République a confié vendredi soir  au Nouvelliste que le président va envoyer à nouveau des invitations à Paul Denis de l’organisation politique INIFOS, Éric Jean Baptiste, secrétaire général du RDNP et le sénateur Joseph Lambert. « Nous allons reformuler la lettre d’invitation, puisque ces leaders politiques ne sont pas des signataires de l’Accord de Marriott. Le président Jovenel Moïse veut montrer sa flexibilité pour trouver une solution à la crise avec la formation d’un gouvernement », a indiqué notre contact au Palais.   

Avec ce refus en masse de l’invitation du Palais national, le pouvoir de convocation de Jovenel Moïse a été encore une fois sévèrement écorné. Depuis son arrivée au pouvoir le 7 février 2017, le chef de l’État, malgré la formation de pas moins de trois commissions et plusieurs personnalités mandatées pour initier le dialogue, n’a jamais pu lancer le processus de dialogue…

Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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