Nos petites filles aussi dans la rue!

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Alors que des hommes politiques du pays continuent de donner du spectacle sans aucune gêne à longueur de journée. Pendant ce temps, les enfants des plus pauvres de la société, en quête de miettes pour ne pas crever de faim, errent dans les rues sans espoir ni secours, constate Haiti Press Network.

Mardi 14 mai. Il est 2 heures 15 de l'après-midi. À la rue Chavannes (Pétion-Ville), trois enfants mal vêtus, parmi lesquels, deux petites filles, exhibent leurs talents d’oisif au milieu des véhicules qui circulaient au ralenti. Ces enfants sautent et attrapent au passage les bordures de certains de ces engins. Exercice de jeunes s’adonnant librement à la délinquance. Impuissants, des adultes observent avec tristesse cette scène accablante.  

Généralement ce sont des garçons qui se livrent à l'oisiveté, la débauche et la délinquance dans les rues. De nos jours, avec l’aggravation de la situation socio-économique précaire, des petites filles viennent allonger la liste de cette catégorie d’enfants notamment à Port-au-Prince. Ce qui ne laisse nullement des observateurs sans réactions.

Ce sont évidemment des enfants pieds nus, en haillons de misère qui quémandent de la charité au mépris des uns et dans l’indifférence des autres. Alors que, à l’instant où ces bambins se retrouvent dans la rue, d’autres enfants de même âge qu’eux reviennent joyeusement de l’école.

« Pourquoi ne se retrouvent-ils pas aussi sur le banc de l’école à pareille heure? Ne jouissent-ils pas les mêmes droits que les autres ? Que fait le Bien-être social ? Quels services fournit cette institution à la société ? », s’interroge exacerbé, un parent qui venait tout juste de récupérer son garçon chez les Frères de Saint-Joseph, école qui se trouve à proximité de la rue Chavannes où vagabondent les trois gamins. 

« J’habite du quartier modeste de Jalousie. Ma maman est malade. Elle ne peut pas prendre soin de moi ni de ma petite sœur. Je suis dans la rue pour chercher à manger », a avoué Aline qui n’arrêtait pas d’approcher sans succès des conducteurs pour demander l’aumône.      

Ces enfants ne sont pas les seuls à avoir pris la rue comme refuge de survie. Il y en a au Champ de Mars, sur les routes de Delmas et de l’Aéroport, bref, un peu partout dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Leur vie au quotidien est un enfer. Après une journée tourmentée dans les rues, nombreux sont pour la plupart des sans abri qui dorment le soir venu, à la belle étoile. Ce, sous les regards passifs des autorités constituées.      

Ce sont, croit plus d’un, des dangers potentiels pour la société à l'avenir, ces enfants abandonnés et méprisés. Et, tant que les dirigeants de ce pays n’auraient pas compris la nécessité de prendre l’avenir des enfants démunis en main, nous ne cesserions pas de courir après des gangs armés qui braquent, volent, violent, brûlent, kidnappent et assassinent de jour comme de nuit.

Alix Laroche source HPN

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