Michel-Ange Gédéon: « Nous étions pris à défaut »

Publié
1 année ago
Dernière mise à jour
1 année ago
8133 views
Time to
read
2’

Haut Etat Major de la PNH au Parlement - 24 Juillet 2018

Où était la Police nationale lors des émeutes des 6, 7 et 8 juillet derniers ? Pourquoi il y a eu toute cette casse alors même qu’il y avait eu une réunion du CSPN le jeudi 5 juillet où les chefs ont planifié la montée des prix des carburants et élaboré les moyens de sécurité, histoire de contenir tout éventuel mécontentement populaire ? Le directeur général de la PNH, arrivé mardi tout sourire au bord de mer aux fins de répondre aux questions des sénateurs, s’est appliqué à montrer sa bonne foi, l’impossibilité de l’institution à contrecarrer à temps l’insurrection populaire.

Accompagné des membres du haut état-major, dont le directeur départemental de l’Ouest Berson Soljour, Michel-Ange Gédéon explique qu’il était conclu que la décision allait être « prise à minuit », dans la nuit de jeudi à vendredi. Il y a eu une mobilisation des troupes. Il y a eu partage des informations et des instructions ont été passées, selon Michel-Ange Gédéon. Et puis, il n’y a eu rien. Les autorités allaient plutôt se servir du match Brésil-Belgique le lendemain pour lâcher la bombe, la nouvelle d’ajustement des prix des produits pétroliers.

« Nous étions pris à défaut », martèle le directeur général, devant les sénateurs, dont certains étaient décidés à le cuisiner. Le sénateur Carl Murat Cantave, allié du PHTK, qui n’a pas des yeux de Chimène pour le DG, soutient que la police a été dépassée et demandé au président de l’assemblée, Joseph Lambert, d’exiger du Premier ministre démissionnaire une copie du procès-verbal de la rencontre du CSPN. Michel-Ange Gédéon a même cru que la police a globalement fait de son mieux, sinon le Parlement et l’hôtel Royal Oasis se conjugueraient désormais au passé.

« J’étais dans l’expectative le vendredi 6 juillet », indique aux parlementaires Michel-Ange Gédéon qui concède tout de même avoir une « responsabilité morale » dans les événements et les conséquences qui en sont découlées. « Ce n’est qu’en milieu de journée que le Premier ministre allait m’appeler pour m’informer de la décision dans les prochaines heures », enchaîne-t-il, évoquant au passage une démotivation des policiers due à leurs mauvaises conditions de travail. Il évoque même un « problème de timing dans l’annonce de la décision par rapport à la PNH »

Y a-t-il eu un désaccord entre le directeur général de la Police nationale, Michel-Ange Gédéon, et le directeur départemental de l’Ouest, Berson Soljour ? Cette question, le président de l’assemblée, Joseph Lambert, l’a lui-même posée. Le sénateur Youri Latortue en a remis une couche. « Vous avez la semaine écoulée parlé de cacophonie dans l’élaboration des ordres. Je veux des explications », dit-il, s’adressant à Berson Soljour. « Je donne toujours suite aux ordres que je reçois de mes supérieurs », répond Berson Soljour, soulignant que son mot « cacophonie » a été déplacé de son contexte. Michel-Ange Gédéon, lui, indique que ses instructions sont toujours respectées et qu’il n’est pas casé politiquement, comme le sénateur Kédelaire Augustin l’a insinué.

Si le sénateur du Nord-Ouest, Kédelaire Augustin, a renvoyé la question sur le terrain politique, le sénateur du Sud, Jean-Marie Salomon, lui, charge le Premier ministre démissionnaire, Jack Guy Lafontant, qui a foutu le bordel dans l’état-major de la PNH avec l’arrêté du 26 mai qui « réduit presque à néant les pouvoirs du directeur général ». Il y a eu de petits affrontements de chapelle, des coups de colère, des discussions houleuses entre les élus qui ont déclenché des rires dans l’assistance. Ils ont unanimement juré d’œuvrer à l’amélioration des conditions de travail des policiers dans le budget 2018-2019. Et puis, plus rien.

Juno Jean Baptiste source Le Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 8 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 9 mois ago