Martissant, transformé en enfer pour les résidents

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Gang Martissant

Rien n’a changé depuis des lustres dans ce bidonville surpeuplé. Ce, en dépit des efforts progressistes déployés par des organismes non gouvernementaux, notamment la Fondation connaissance et liberté (FOKAL). Au cœur d’une misère noire des plus abjectes, l’insécurité grandissante continue de broyer des âmes de jour comme de nuit, sous les regards impuissants des forces de l’ordre, constate Haiti Press Network.

Les derniers affrontements entre groupes armés rivaux qui ont fait jusqu’ici de nombreuses victimes anonymes, portent les riverains de Martissant à lancer un cri d’alarme aux tympans des plus hautes autorités du pays.

La machine infernale de l’insécurité continue de broyer des innocents. Des gens ont été sauvagement tués par balles et laissés dans la boue le week-end dernier au niveau du Bicentenaire, lors d'affrontements entre gangs armés rivaux pour le contrôle de territoires. 

Les restes de certains cadavres en putréfaction servent de nourriture aux chiens et aux porcs dans l’indifférence des uns et des autres, y compris les autorités constituées.

Ces images choquantes ont retenu l’attention de nombreux riverains qui prenaient la route à pied lundi matin, en raison des embouteillages monstres sur la route de Martissant, entravée par des amas de boue, d’alluvions et d’eaux puantes, après la dernière pluie qui s’était abattue sur Port-au-Prince le 2 juillet en cours. 

« J’ai eu la trouille dans l’âme de vivre ça. Des animaux qui dévoraient à belles dents ce qui restait d’un humain tué par balles », témoigne un homme à HPN.

De poursuivre : « C’était une femme dont le cadavre en décomposition gisait dans une marre de boue malodorante. C’est affreux ! C’est angoissant de vivre une telle scène en plein cœur de la capitale, non loin du palais présidentiel. Franchement, l’on se demande perplexe dans quel État on vit », lâche avec amertume ce riverain qui partageait ses émotions avec l’Agence.

Face à cette situation, un enseignant a élevé la voix pour dénoncer ces bandits armés qui assiègent cette partie de la capitale, reliant pourtant quatre départements à Port-au-Prince (Sud-Est, Nippes, Sud, Grand’Anse).

Les habitants de Martissant dénoncent également la passivité de la police. Ils appellent les autorités à prendre les mesures drastiques pour contrer les actions des malfrats et les mettre hors d’état de nuire. 

En effet, les gangs armés opérant dans le sud de Port-au-Prince sont presque sans limite, de l’avis de nombreux autres riverains pris en otage dans la 3e circonscription, particulièrement dans les quartiers de Fontamara, de Martissant et du Bicentenaire.

Une situation de tension et de panique règne à tout bout de champ dans cette zone considérée depuis quelque temps comme de non-droit, à cause des tirs nourris et sporadiques de gros calibres qui y résonnent assez souvent. Riverains et passants disent en avoir marre de vivre dans une telle condition d’insécurité qui vient se greffer à leur situation socio-économique déjà très précaire.

Les armes n’ont pas cessé de chanter depuis le weekend écoulé au niveau de Martissant, du Bicentenaire mais également au niveau de Portail Léogane. Les commissariats et sous-commissariat de la PNH sont pourtant dans le voisinage de ces lieux, où la circulation automobile et piétonne fonctionne au ralenti sur ces tronçons, constate l’Agence. Les rares personnes qui vaquent malgré elles à leurs activités, sont obligées de longer la route à pied, observons-nous.

Par ailleurs, cette atmosphère tendue d’insécurité établie par des gangs armés inquiète de plus en plus. Nombreux sont ceux qui ne savent presque plus à quel saint se vouer. La vie de quiconque fréquentant cette zone est en péril. Aucune garantie de sécurité. Le quartier de Martissant est au bord de l’antichambre de l’enfer.

Alors que la majorité de gens très vulnérables qui y vivent dans des conditions modestes font déjà face à des difficultés de toutes sortes au quotidien.

Jusques à quand la paix et la tranquillité reviendront dans ce bidonville en manque pratiquement de tout ? Telle est l’interrogation de nombreux observateurs. Une interrogation qui demeure encore pendante et sans réponse en attendant que les autorités constituées disent leur mot.

Alix Laroche source HPN

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