Marche à Fonds-Parisien sur fond de deuil et de doléances

Publié
8 mois ago
Dernière mise à jour
8 mois ago
2276 views
Time to
read
1’

À Fonds-Parisien, ce vendredi 30 novembre des citoyens ont marché pour la paix et la solidarité en compagnie des élus locaux. Les mandatés sont critiqués à l’inverse par les paysans des sections communales les plus reculées qui les reprochent de les avoir oubliés.

Ils étaient plusieurs centaines à défiler sur la route principale de la section communale de Fonds-Parisien. Une marche qui fait suite aux incidents ayant causé la mort de six(6) hommes sur la frontière haitiano-dominicaine.

"Les communes frontalières ne doivent pas être marginalisées, que la jeunesse des lieux soit intégrée" résument l’ensemble des inscriptions qui étaient visibles sur les pancartes  brandies lors de la marche. Des revendications qui sont de l’avis même du maire de la commune de Ganthier, M. Keller Polynice  présent dans le cortège, significatives.

"Nous ne sommes pas des contrebandiers, Fonds-Parisien n’est non plus une zone rouge" a-t-il soutenu. Ces événements qui ont causé la mort de six personnes est le résultat d’une frustration de longue date de la population engendrée par l’Etat haïtien, avance le maire.

De son coté le député de la circonscription Fonds Verettes et Ganthier, Pierre Jude Destiné reconnait aussi une négligence de l’État central vis-à-vis de la population locale. "Les revendications de la population sont légitimes mais pour y remédier il faut que les locaux collaborent avec les fonctionnaires publics" soutient le parlementaire qui appelle à la "solidarité".

Parallèlement à ceux qui marchent aux cotés des élus locaux, il y a des mandants qui déplorent le fait qu’ils soient livrés à eux mêmes dans les sections communales les plus reculées et n’ont personne à qui donner leurs doléances.

"Nous vivons tous les jours dans la misère avec nos enfants, personne n’est venu nous voir, l’État n’existe pas pour nous’’ a lâché une dame à bord d’une camionnette à destination de la section communale Lasource. Ces derniers qui ont pour principal activité économique l’agriculture ne s’intéressent pas aux échanges haitiano-dominicaines.

"Nous ne vivons pas des produits dominicains mais plutôt de nos denrées’’ nous a dit un autre passager. "La terre, nous avons que la terre nous autres", continue t-il.

"Les services de bases ne sont pas accessibles là où nous allons. Il n'existe aucune infrastructure non plus, nous devons nous rendre à Port-au-Prince pour l’ensemble de nos services, ont lancé ces paysans de manière desespérée.

En plus des services, le voyage à Port-au-Prince est essentiel pour l’écoulement des produits agricoles. "C’est à la croix des bossales que nous avons l’habitude d’aller vendre nos produits mais depuis quelque temps nous  avons des difficultés. Il nous arrive d’abandonner nos marchandises et laisser le marché  à cause des tirs’’ nous a confié une paysanne.

Cela fait environ un mois depuis que le secteur informel a du  mal à fonctionner au centre-ville. Une semaine depuis que les portes de  la  douane de malpasse ont été fermées.  À la croix des bossales comme sur la frontière l’économie haïtienne est mise à mal par les actes de violences.       

 Kervens Olivier source HPN

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 3 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 4 mois ago