manifestations sur fond de vie chère et de corruption

Publié
1 semaine ago
Dernière mise à jour
1 semaine ago
1890 views
Time to
read
1’

Manifestation viaduc de delmas le 7 février. HECTOR RETAMAL / AFP

Deux personnes ont été tuées au cours de cette journée de manifestation nationale, selon un bilan dressé jeudi soir par le gouvernement.

Au moins deux personnes sont mortes jeudi 7 février au cours de manifestations ayant rassemblé en Haïti plusieurs milliers de personnes, qui protestaient contre l’inflation galopante et exigeaient le départ du président Jovenel Moïse à la suite de la publication d’un rapport édifiant sur la mauvaise gestion des dépenses publiques.

« Cela fait deux ans que Jovenel nous promet de remplir nos assiettes, moi je ne mange pas des mensonges », s’est énervé un manifestant, Josué Louis-Jeune, à Port-au-Prince. « Ce président n’est qu’un bluffeur, il doit partir », a-t-il ajouté.

Deux personnes ont été tuées au cours de cette journée de manifestation nationale, selon le bilan partiel dressé par le gouvernement jeudi soir. Lors d’une conférence de presse, Gary Desrosiers, porte-parole de la police nationale d’Haïti (PNH) a également précisé que 14 policiers avaient été blessés, principalement par des jets de pierres.

Dans la capitale, plusieurs véhicules ont été brûlés par des manifestants, qui ont aussi tenté, en vain, d’incendier une station-service. De violentes échauffourées ont vu s’affronter les opposants les plus radicaux aux policiers, qui ont fait un large usage de grenades lacrymogènes et ont tiré en l’air à plusieurs reprises, à balles réelles, pour disperser la foule.

« On s’approche à nouveau d’émeutes de la faim »

Déjà fragilisée par une inflation à plus de 15 % depuis deux ans, l’économie haïtienne plonge à cause d’une dévaluation accélérée de la monnaie nationale, la gourde, face au dollar américain, ce qui augmente d’autant les prix des produits de première nécessité, majoritairement importés.

« On n’en peut plus de ce marasme économique : on n’a pas d’électricité, pas de sécurité, et maintenant les vendeurs de farine et de pain ont décidé de fermer leurs portes à cause de l’inflation. Donc on s’approche à nouveau d’émeutes de la faim », s’est inquiété Ulrich Louima en tête du cortège de Port-au-Prince.

La semaine dernière, la Cour supérieure des comptes a publié un rapport d’audit édifiant sur la gestion calamiteuse et les possibles détournements des fonds prêtés depuis 2008 par le Venezuela à Haïti pour financer son développement économique et social. Une quinzaine d’anciens ministres et hauts fonctionnaires sont épinglés. De même qu’une entreprise dirigée à l’époque par l’actuel président Jovenel Moïse, identifiée comme bénéficiaire de fonds pour un projet de construction d’une route sans signature de contrat.

Le président « doit se mettre à la disposition de la justice pour qu’il puisse dire au peuple de quoi il en est », a expliqué Pascale Solages, une citoyenne mobilisée dans un mouvement qui réclame la transparence quant à la gestion de ce fonds d’aide vénézuélien.

AFP et Le Monde

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
9 mois 4 semaines ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
1 année 10 mois ago