Lycée Marie Jeanne: Huit ans sous les hangars

Publié
2 années ago
Dernière mise à jour
1 année ago
4306 views
Time to
read
2’

Lycée Marie Jeanne

Effondré lors du séisme du 12 janvier 2010, le lycée Marie-Jeanne, qui cohabite avec l'École nationale République du Liberia, est encore dans les hangars huit ans plus tard. Les dirigeants de cette institution, les élèves et les enseignants, malgré la poursuite des activités scolaires, sont unanimes à exiger des responsables du ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) sa reconstruction .

Le Lycée Marie-Jeanne (LMJ), déjà huit ans dans les hangars avec quelque 26 salles de classe, partage l'espace avec l’École nationale République du Liberia. Francesca Souvenir Polycarpe, directrice du lycée, explique dans la foulée que les élèves sont très mal logées dans ces abris provisoires. Selon elle, une rencontre s'est tenue le lundi 22 janvier 2018 à l'auditorium du Lycée Marie-Jeanne entre les enseignants, des cadres du MENFP, des directeurs départementaux de l'éducation... pour statuer sur cette situation. 

« Lors de cette rencontre, le chef du cabinet du ministre a décrit les étapes déjà franchies pour la délocalisation et la reconstruction du Lycée Marie-Jeanne. Les responsables entendent procéder à la validation du plan de reconstruction, à l'affichage de la maquette, au relogement des élèves, à l'appel d'offres... en attendant qu'on procède à la reconstruction des bâtiments logeant le lycée », a-t-elle raconté.

Selon le vœu du ministère, poursuit-elle, le Lycée Marie-Jeanne a de janvier à juin passé dans des hangars en attendant qu'on trouve un autre endroit. Dès septembre 2018, affirme-t-elle, le lycée qu'elle dirige et l'École nationale République du Libéria fonctionneront dans d'autres bâtiments. Avec près de 3 000 élèves dans l'ensemble, Mme Polycarpe soutient que les conditions d'apprentissage dès 11 heures du matin sont mauvaises à cause de la persistance du soleil qui provoque une chaleur caniculaire. Sans oublier la pluie qui aggrave la situation. « S'il y a de la pluie un jour, pas de classe, car les eaux de pluie envahissent les hangars et rendent impraticables les salles de cours », renchérit-elle, ajoutant que les enseignants ont mis de côté les problèmes de nomination, de salaire pour embrasser avec force la question de reconstruction du lycée tout en exprimant leur peur d'utiliser l'auditorium fissuré le 12 janvier 2010 et n'ayant jamais été évalué depuis.

À l'École nationale République du Libéria, qui accueille des élèves de sexe masculin de la 1re à la 6e année, la situation reste la même. Les planches et les bois formant les hangars sont troués, voire pourris, laissant entrevoir la cour depuis l’intérieur des salles de classe et la direction. Nativida Julien, directrice de l'établissement, dit avoir fait usage de balai et de vadrouille pour mettre à sec les salles de classe et la direction, après la pluie. Ce qui, selon elle, constitue un supplice. Elle explique que l'école qu'elle dirige contient 12 salles dont six sont logées, à cause de l'insuffisance d'espace, à l'École nationale Colbert Lochard. Cette dernière, pour sa part, est exposée aux mêmes problèmes.

Située à l'avenue Lamartinière (Bois-Verna), à quelques pas du Lycée Marie-Jeanne, l’École nationale Colbert Lochard, une école mixte accueillant des élèves de la 1re à la 6e année, n'est pas exempte des multiples problèmes auxquels sont exposés les établissements scolaires précités. Sur la cour de cette école il y a une ancienne maison à deux étages délaissée dont l'état de délabrement très avancé représente un danger pour les élèves, les enseignants et autres usagers. Dans cette vieille maison, on peut constater des tas d'ordures, des restants de chaise, des bancs, des fers entre autres, pouvant être à l'origine de nombreuses maladies. Les poteaux sont sur le point de plier, tandis que les portes et les fenêtres restent ouvertes. Ce qui pourrait faire des morts et des blessés en cas d'effondrement.

La directrice de ladite école, Myrtha Bélizaire, a fait savoir que les six salles abritant les élèves venus de l'École nationale République du Liberia ont réduit effectivement le nombre des inscrits habituels de cette école. Optant pour la reconstruction de l'école, elle affirme que les responsables du MENFP n'ont pas encore promis de faire diligence pour reconstruire ladite école.

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 10 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 10 mois ago