Lucmane Délille: Protégés par des autorités, les bandits terrorisent la population des quartiers sensibles

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Lucmane Délille

Après avoir annoncé des represailles à Port-au-Prince, les bandits ont passé à l’acte dimanche où des quartiers proches de Martissant et de Bicentenaire étaient devenus de véritables déserts sous la fureur de malfrats. Cette situation non inédite à la capitale a suscité moult réactions de diverses personnalités publiques. L’ex-commissaire du gouvernement, Me Lucmane Délille pointe du doigt des élus qui fonctionnent de connivence avec les bandits.

« Des élus sont de connivence avec les bandits dans les quartiers populaires. Ce sont eux qui leur ont fourni armes et munitions pour contrôler ces quartiers vulnérables en période électorale. Ces bandits qui prennent la population en otage sont protégés par des autorités», dénonce Me Lucmane Délille qui parlait en connaissance de cause sur les ondes de radio Caraïbes lundi matin.

Selon l’ex-chef du Parquet de Port-au-Prince, en période électorale, certains élus ont utilisé les bandits pour pouvoir accéder plus facilement au pouvoir. Ce qui explique, dit-il, que les bandits, à visage découvert, fonctionnent en toute quiétude et impunité dans ces quartiers sensibles transformés en zones de non droit.

« Les bandits sont tolérés par des autorités . Souvent, une autorité fait pression sur les responsables de la Justice pour libérer un bandit arrêté par la police. C’est une anomalie grave dans un État de droit », regrette l’homme de loi, qualifiant d’action terroriste ce qui se développe au village de Dieu (Bicentenaire) notamment.

Lucmane Délille appelle les autorités constituées au réveil. Selon lui, se sont des bandits qui ont été arrêtés et mis derrière les barreaux par la Justice, au cours de sa gestion du Parquet qui sèment aujourd’hui le deuil et la terreur au sein de cette population. Il s’interroge même sur la filière de leur libération.

« Tenant compte de la configuration compliquée de ces bidonvilles, la police à elle seule ne peut rien faire pour mettre ces bandits hors d’état de nuire », laisse entendre M. Délille, avant de plaider pour un service de renseignement efficace pouvant faciliter l’arrestation des malfaiteurs sans faire des dommages collatéraux au sein de la population.

Intervenant aussi sur la même station, un sénateur de la République qui a eu sa sœur et son beau-frère tués par des bandits, déplore le fait que le périmètre sud de la capitale (Bicentenaire/Martissant) devienne un véritable repaire de bandits armés recherchés pourtant par la police.

« Tous les bandits recherchés prennent refuge au Bicentenaire, à Grand-Ravine, à Ti-bwa (Martissant) et terrorisent jour et nuit les populations qui ne savent déjà à quel saint s’adresser », s’indigne le membre de la Chambre haute qui se montre très acide par rapport à ce qui se passe dans le pays sur le plan sécuritaire.

Pour sa part, l’ancien Délégué du département de l’Ouest sous la présidence de Michel Joseph Martelly, Gonzague Day assimile ce climat d’insécurité qui draine un vent d’inquiétude dans les quartiers populaires à des manœuvres purement politiques.

Pour corroborer les allégations de Me Lucmane Délille disant que les bandits fonctionnent en accointances avec des autorités en fonction, Gonzague Day témoigne avoir eu un élu qui l’avait appelé un jour pour faire libérer un bandit impliqué dans l’incendie d’un marché public à Port-au-Prince.

Par ailleurs, le Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) ayant à sa tête le Premier ministre Jack Guy Lafontant, est invité le mercredi 11 avril au Parlement aux fins de fournir des explications sur des questions liées à la sécurité dans le pays, avons-nous appris.

Alix Laroche source hpn

     

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