L’intention de Jovenel Moïse de faire appel à des experts de l’OEA dans le dossier PetroCaribe soulève l’ire de ses opposants

Publié
1 mois ago
Dernière mise à jour
1 mois ago
4067 views
Time to
read
3’

OEA

La déclaration faite par le président Jovenel Moïse qui, dans un texte d’opinion, a dévoilé son intention de faire appel à des experts de l’Organisation des États américains en vue de mener une énième enquête dans le dossier PetroCaribe est une attaque contre la République, contre les valeurs républicaines et contre la fonction de président », a estimé Stéphane Michel, membre de Nou Pap Dòmi.

Le président de la République, à travers sa majorité au Sénat,  avait usé de tout son pouvoir pour que le dossier soit transféré à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA). Il avait promis de se plier aux résultats de cette troisième enquête.  «   Parce que le nom de Jovenel est cité dans le rapport, le président a jugé bon de faire appel à des experts de  l’OEA qui n’ont pas bonne presse en Haïti et qui avaient contribué à l’avènement de Jovenel Moïse au pouvoir  », critique Stéphane Michel.   

Le président de la République  n’est pas  en train  de protéger seulement Jovenel Moïse mais tous ses acolytes qui avaient participé à la dilapidation du fonds PetroCaribe, déclare  Stéphane Michel. Garant de la bonne marche des institutions, le président, qu’il a qualifié de « plus grand traitre à la nation », s’est constitué en obstacle à une institution constitutionnelle. Un acte que les parlementaires, s’ils faisaient leur travail,  devraient considérer comme « crime de haute trahison », selon lui.

Le Collectif 4 Décembre dit prendre acte de la déclaration du président Jovenel Moïse dans laquelle il sollicite de l’Organisation des États américains (OEA) l’envoi dans notre pays d’une commission d’audit qui devrait travailler sur le dossier PetroCaribe, rejetant par ainsi le rapport de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. « Nous dénonçons son attitude et rejetons cette scandaleuse initiative du chef de l’État qui, de fait, déshonore, vilipende, dégrade et trahit les institutions », écrit le Collectif dans une note.

Cet appel à l’OEA, une fois de plus, estime le Collectif 4 Décembre, démontre que le président de notre pays SEM Jovenel Moïse n’est pas à la dimension des défis et ne fait qu'engouffrer le pays davantage dans la crise.  Les responsables de cet organisme affirment qu’ils s’opposent catégoriquement à cette démarche et demandent à toutes les organisations de la société civile et à toutes les forces vives de la nation de faire front commun face à cette initiative. 

Le Secteur démocratique et populaire rejette toute possibilité pour que l’OEA intervienne aux fins d’enquête dans le dossier PetroCaribe. « La Cour des comptes a déjà réalisé ce travail d’enquête », avance André Michel citant l’article 200 de la Constitution stipulant : « La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif est une juridiction financière, administrative, indépendante et autonome. Elle est chargée du contrôle administratif et juridictionnel des recettes et des dépenses de l’État, de la vérification de la comptabilité des entreprises de l’État ainsi que de celles des collectivités territoriales ». L’article 200 est clair, insiste l’homme de loi.

« La Cour des comptes a déjà réalisé deux enquêtes sur le dossier PetroCaribe », rappelle André Michel, soulignant que la Cour a confirmé le nom de Jovenel Moïse dans la dilapidation du fonds PetroCaribe. « Au nom de la morale républicaine, et si Jovenel Moïse avait une haute idée de l’État, il aurait dû tout simplement démissionner pour se mettre déjà à la disposition de la justice », croit le porte-parole du Secteur démocratique et populaire.   

André Michel estime que « c’est grave qu’un chef d’Etat puisse cracher sur les institutions du pays ».  Il dit s’opposer à toute volonté du chef de l’État d’avilir l’État et de combattre une institution républicaine comme la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif. «  Le peuple haïtien a déjà rejeté cette démarche de Jovenel Moïse et lui demande de se courber devant l’enquête de la Cour des comptes et de se présenter devant la justice avec ses avocats », affirme André Michel.

Le choix de Jovenel Moïse de faire paraitre son texte d’opinion dans un journal étranger ne vise qu’à diaboliser l’opposition et sensibiliser davantage la communauté internationale à sa cause, analyse Danio Siriack, porte-parole de l’OPL.  Il qualifie cette démarche de « malhonnête ». Il rappelle que le président avait déclaré que la Cour des comptes est la seule institution habilitée à faire jaillir la lumière sur le dossier PetroCaribe. «  Aujourd’hui, puisqu’il est épinglé dans le rapport de la Cour des comptes, il cherche une échappatoire », fait remarquer Danio Siriack.  Il pense que la démarche du président Jovenel Moïse doit servir de l’huile à la mobilisation populaire pour exiger le depart de Jovenel Moïse. «  Jovenel Moïse est intolérable », martèle-t-il.

« Dans cet environnement hyperpartisan, avec différentes factions, l’honnêteté et la justice sont des objectifs si distants. C’est pourquoi je travaille avec l’OEA pour mettre en place une commission composée d’experts financiers internationaux pour aborder notre incapacité à délivrer un audit juste, objectif. Cela aidera les juges à poursuivre n’importe quelle personne responsable de crime et de vol aux dépens du peuple haïtien », a écrit le président Jovenel Moïse dans son « op-ed ». Il a souligné que la mise en place de cette commission est la seule façon qui permettra au système politique de se remettre à gouverner.

Danio Darius source Le Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 3 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 4 mois ago