Les politiques pinaillent, l’économie s’effondre

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Frantz Duval

Ce mercredi était le troisième jour de la semaine avec des activités presque normales sur la région métropolitaine. Presque normales car il y a encore des manifestations et des barrages ici et là. Et personne ne peut dire qu’il circule librement et sans peur sur toute l’étendue du territoire.

Preuve que cela va mieux après plus de sept semaines de Peyi lòk, le gouvernement haïtien a décidé d’augmenter le salaire minimum ce mercredi. Comme souvent avec cette administration, la nouvelle tombe comme un gros cheveu dans la petite soupe que chaque famille peut s’offrir ces derniers jours.

« On veut du travail. Ne pas perdre notre job. Et ne plus avoir peur chaque matin en pensant à comment va se passer la journée », a réagi un père de famille en apprenant la nouvelle. Il va gagner 40 gourdes de plus par jour grâce à l’ajustement.

Toute augmentation de salaire est toujours une bonne chose, mais comme l’a souligné la journaliste Amélie Baron dans un message posté sur Twitter sur le salaire minimum et la dépréciation de la monnaie nationale en Haïti : en octobre 2018: le salaire minimum pour 8h de travail en usine textile était fixé à 420 gourdes (soit à l'époque $ 6,06 US). En novembre 2019 : le gouvernement fixe ce salaire à 500 gourdes ($ 5,13 US).

En une année, les politiques du gouvernement ont fait perdre 93 centimes en dollars américains aux travailleurs haïtiens. Près de 90 gourdes.

L’augmentation de salaire n’est plus une augmentation, même pas un ajustement, c’est le verdict de la mauvaise gouvernance.

En parlant d’emploi et de salaire, après dix ans de services dans le ciel d’Haïti, la compagnie aérienne Delta arrêtera de desservir la destination Port-au-Prince en janvier prochain, a appris Le Nouvelliste.

Des emplois directs et indirects de bonne qualité partent en fumée.

Plus que cela, après le retrait de l’hôtelier Best Western, le retrait du transporteur aérien Delta est le symptôme du mal-être des multinationales venues en Haïti après la conférence sur l’investissement organisée par René Préval et Bill Clinton avant 2010 ou dans l’euphorie de la reconstruction après le séisme du 12 janvier 2010.

Si on est informé des difficultés des grandes entreprises en Haïti, tous les jours entreprises, entrepreneurs et acteurs du secteur informel abandonnent le monde des affaires en Haïti. Depuis 2015, l’économie locale pique du nez. La crise des derniers mois est mortelle pour les investissements et l’emploi.

Le pays va compter pendant des mois encore les dégâts occasionnés par la crise politique et les victimes de la mauvaise gouvernance de ces dernières années.

Comme si cela ne suffisait pas, les politiques refusent toujours de se parler et l’opposition rate son rendez-vous de ce jeudi où était annoncé un conclave pour sortir avec une position unitaire.

L’économie et les gens s’effondrent. Les politiques pinaillent.

Edito du Nouvelliste

Author

Frantz Duval collabore au Nouvelliste depuis 1985. Il a une grande histoire de fidélité et de passion avec Le Nouvelliste où il a occupé les postes de responsable Création et Interactivité à partir de 2002 et de responsable de la section Economique à partir de 1994. Directeur de publication de Ticket et...

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