Les décisions de politique monétaire au 4e trimestre de l’exercice 2017-2018

Publié
1 année ago
Dernière mise à jour
1 année ago
2951 views
Time to
read
2’

« Dans l’objectif d’alimenter l’offre de devises et de réduire les pressions sur le marché des changes, la banque centrale est intervenue à hauteur de 59,6 millions de dollars américains.

De même la modification du mode de constitution des réserves obligatoires sur les passifs en dollar, soit 92,5 % en monnaie étrangère et 7,5 en gourdes contre 95 % et 5 % respectivement, devrait permettre d’absorber de la liquidité en gourdes », précise la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans sa note trimestrielle de politique monétaire publiée le 4 octobre 2018. L'institution chargée de la politique monétaire du pays a par ailleurs offert la possibilité de dégager environ 27 millions de dollars pour renforcer l’offre de devises sur le marché des changes. La BRH a toutefois gardé inchangés les coefficients de réserves obligatoires à 44 % sur les passifs en gourdes et à 49,5 % sur les passifs en devises.

 

Au niveau des statistiques monétaires, ajoute la publication de la BRH, la hausse des recours du gouvernement au financement de la banque centrale au cours du dernier trimestre de l’exercice 2017-2018, s’est traduite par une accélération du rythme de progression des agrégats monétaires. En effet, entre juin et septembre 2018 une croissance de7,23 % de la base monétaire au sens strict a été observée. Cette expansion reflète surtout celle de la monnaie en circulation dont la progression s'élève à 7,77 % contre -1,38* % au trimestre précédent.

« Parallèlement une décélération de 7,8 points de pourcentage du rythme de croissance des réserves en gourdes des banques commerciales à la BRH a été observée, vu la remontée des souscriptions aux bons BRH. Quant à la base monétaire au sens large, elle a cru à un rythme moindre (2,50 %), en raison de la baisse des dépôts en dollars des banques commerciales à la BRH », constate la note de politique monétaire.

En ce qui concerne les emplois du système bancaire, l’actif des banques a baissé de 0,5 % en variation mensuelle, à 320 milliards de gourdes, suite à l’évolution des autres placements (excluant les bons BRH et du Trésor) et des disponibilités du système qui ont tour à tour chuté de 3,6 % et 1,7 %, à 52,9 et 131,2 milliards de gourdes. Cette baisse des disponibilités est surtout reflétée au niveau des avoirs à la BRH et des avoirs à l’étranger détenus par les banques du système bancaire. Le portefeuille des prêts nets a, de son côté, connu un ralentissement dans son rythme de progression en variation mensuelle de 1,6 % contre 2,3 % un mois auparavant. Ce qui reflète l’effet des troubles socioéconomiques ayant marqué le mois de juillet.

En ce qui a trait aux ressources du système bancaire, la note de politique monétaire souligne qu’elles ont été marquées par la quasi-stagnation des dépôts à 258 milliards de gourdes de juin à juillet 2018; l’évolution la plus significative ayant été observée dans les dépôts à vue qui ont reculé de 1,3%, à 114,8 milliards de gourdes. De leur côté, les obligations à vue ont reculé de 16,1 % en rythme mensuel, pour s’établir à 12,2 milliards de gourdes. Cette évolution reflétant le comportement de ces titres placés dans les banques locales (-47,3 %) et étrangères (-36,8 %).

Le régulateur du système bancaire constate qu’au cours du mois de juillet 2018, un renforcement de la dollarisation du système bancaire, au regard des principaux ratios utilisés pour mesurer ce phénomène. « Ainsi, le ratio du portefeuille de prêts nets en devises converties en pourcentage des prêts totaux a crû de 46 points de base en variation mensuelle, pour se chiffrer à 45, 96. Les dépôts en devises converties en pourcentage des dépôts totaux ont progressé, passant de 60,5 % en juin 2018 à 60,65 % un mois plus tard, entraînés par l’évolution de toutes les catégories de dépôts libellés en devise, à l’exception des dépôts à vue».

La BRH prévoit que l’inflation va poursuivre son évolution à la hausse au cours du premier trimestre de l’exercice 2018-2019. Ainsi, en glissement annuel, le taux d’inflation devrait se porter à 14,4 % et 14,8 respectivement en septembre et octobre 2018. En novembre, après un léger ralentissement, il se chiffrerait à 14,6 %. De plus, la banque des banques estime que le taux de croissance pour l’exercice 2017-2018 pourrait se situer dans un intervalle compris entre 1% et 1,5 %.

Cette projection de croissance est imputable à la performance relativement faible du secteur agricole et à la dégradation du climat des affaires imputable aux troubles sociopolitiques. Toutefois, la pression sur le marché des changes devrait diminuer dans la mesure où l’entrée en fonction du nouveau gouvernement pourrait réduire les incertitudes.

Dieudonne Joachim Source Le Nouvelliste

Animateur (s)

Portrait de Anne Merline Eugene
La Mafia existe
1 année 9 mois ago
Portrait de Jacques Adler Jean Pierre
Agenda Culturel RTVC - 20 Avril 2017
2 années 9 mois ago