Les commissions permanentes formées sur fond de crise à la Chambre basse

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Finalement, la Chambre des députés parvient à former, ce mardi 23 janvier 2018, ses différentes commissions pour cette nouvelle année législative. Après trois heures de débats entre les députés, le président de la Chambre Gary Bodeau a résolu de garder l’accord conclu entre les quatre groupes politiques sur le partage des commissions au détriment des indépendants qui pourtant ont passé toute la séance à réclamer leur part du gâteau.

Treize commissions permanentes pour l’Alliance parlementaire pour Haïti (APH), trois pour le bloc VERITE-OPL et alliés, deux pour le groupe parlementaire pour la stabilité(GPS) et deux pour le groupe de parlementaires à l’écoute du peuple (GPEP). Les vingt commissions permanentes sont, après une semaine de négociations, finalement partagées entre les quatre blocs politiques inscrits à la Chambre basse.

Les termes de référence des négociation ayant conduit à ce partage entre les blocs politiques pourraient bien suivre leur cours tranquillement s’il n’y avait pas dans la salle le député de Port Salut Sinal Bertrand pour couper la lecture du député de la Chapelle Hermano Exinor avec son fameux « Tonnè boule m prezidan, sa pap pase konsa »! Très agité, il gravit la tribune pour se faire attendre. Etonnement dans la salle. Qu’est-ce qui peut encore donner du fil à retordre à la très controversée formation des commissions ? Sinal Bertrand n’a pas eu le temps d’expliquer le motif de son agitation. N’ayant pas sollicité la parole, le président Gary Bodeau l’invite à regagner son siège.

La parole au député de Cabaret Joseph Manès Louis qui, sans ambages, emboîte le pas à Sinal Bertrand. Son interrogation est claire : « En partageant ainsi les vingt commissions entre les blocs politiques : qu’est ce-qu’on fait des députés non-inscrits » ? En réalité, ces « non-inscrits » sont des députés qui se veulent indépendants des blocs politiques. Si l’on tient compte du nombre de députés faisant partie des différents blocs, on peut avancer qu’ils sont cinq à la Chambre basse.

Pour défendre cette minorité oubliée du festin des blocs politiques, les députés de l’opposition s’appuient sur l’article 44 du règlement intérieur de la Chambre basse pour faire des points de droit.

C’est la principale pomme de discorde de la séance du jour à côté de la façon qu'on procède pour partager les commissions. Selon Sinal Bertrand, l’APH aurait raflé toutes les commissions les plus importantes, c’est-à-dire des commissions qui ont rapport avec des ministères régaliens comme les Finances et la Justice. Se basant sur le règlement intérieur de la Chambre des députés, il propose que les onze commissions les plus importantes soient mises sur la table et que l’APH, qui représente 60 % de l’assemblée, puisse choisir 60% de ces onze commissions et laisser le reste aux groupes minoritaires. Ce même exercice, selon le député, pourrait être repris pour le partage des neuf autres commissions jugées moins importantes.

Dans cette guerre d’intérêts, le président de la Chambre Gary Bodeau a résolu de passer au vote. Peine perdue, la minorité qui, pour une fois, se veut une minorité active, rétorque et souligne qu’ils ont fait « un point de droit » et qu’un point de droit ne peut être soldé que par une décision du président. Le vote n’est pas admis en pareille situation.

Suspense ! La salle se précipite auprès du bureau. Gary Bodeau est pris entre les feux de ses collègues animés par des intérêts de groupes.

Finalement, il a décidé : « Le bureau ne peut rester prisonnier d’aucun groupe, nous décidons de garder l’accord qui a été conclu entre les groupes ».

Furieuse, la députée de Jérémie Gladice Saint-Jean Lundy se lève et renverse son bureau. Sinal Bertrand enchaîne en propulsant le lutrin du haut de la tribune.

Au milieu de cette pagaille où les députés comme Sinal Bertrand et Esaïe Prophète sont à deux doigts d'en venir aux mains, mieux vaut être prévoyant. Gary Bodeau annonce : « Il n’y a pas de sérénité dans la salle, la séance est mise en continuation. »

Dans son bureau où il a reçu la presse après la séance, Gary Bodeau parle de l’heure des grands débats qui s’ouvrent à la Chambre basse. Il admet avoir adopté l’accord signé entre les blocs politiques tout en laissant entendre qu’il y a encore de l’espoir pour les « non-inscrits » qui, semble-t-il, vont jouer les chacals après le repas des lions.

Samuel Céliné source Le Nouvelliste

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