Les bandits ne sont pas des agents de développement, rappelle le journaliste Roberson Alphonse.

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Roberson Alphonse à Invité du Midi avec Davidson St Fort - 26 Avril 2019

Les médias et journalistes doivent cesser d'offrir des espaces aux malfrats qui sèment  le trouble et le deuil dans le pays. Le journaliste Roberson Alphonse ne laisse aucune équivoque.

Alors que des bandits ne cessent de terroriser la population, des journalistes et des médias leur accordent allègrement des heures d'antenne pour étaler leurs barbaries, et justifier leur forfaits. C'est une pratique inhumaine, dont bénéficient ces hommes sans scrupule, selon le journaliste de carrière.

“ Comment un journaliste peut-il interviewer un bandit, un assassin qui s'assume?. L'horreur c'est de dire qu'ils font du social. A un certain moment de la durée, il faut que cela s'arrête. Comment peut-on ériger en agent de développement un évadé de prison qui viole, qui vole, qui tue?, s'interroge le rédacteur du journal Le Nouvelliste, sur un ton agacé.

Roberson Alphonse était l'invité du Midi, vendredi 26 avril sur la Télévision Caraïbes, chaine 22. Dans un échange avec son homologue de la RTVC, Davidson Saint-Fort, il intervenait sur la responsabilité des médias et des journalistes haïtiens dans la crise actuelle.

Entre éthique et humanisme, le chroniqueur à Magik9 et journaliste d'enquête dénonce certains hommes de média qui soutiennent les bandits dans leurs basses besognes, en leur tendant le micro pour continuer à terroriser la population et vanter un héroïsme faux et malsain. Sous prétexte d'être des agents de développement, ces hommes lourdement armés sont dans une constante campagne de réhabilitation.

Le 4 avril dernier, alors qu'il était traqué par la Police nationale d'Haiti dans son retranchement à Marchand Dessalines, le chef de gang de village de Dieu, Arnel Joseph, après avoir pris la poudre d'escampette, a fait des déclarations frisant la moquerie et la menace à l'encontre de l'institution, sur les ondes de plusieurs stations de radio de la capitale.

Le 25 avril, ces mêmes médias et journalistes, à l'affut du buzz selon certains, ont offert leurs espaces à un autre bourreau, Ti Je, qui exposait les motifs du massacre de Carrefour-feuilles que lui et ses sbires ont perpétré la veille. 8 personnes ont péri dans cette tuerie, à l'impasse Eddy, selon un rapport de la Fondation Ayiti Je Klere. Sony Jean, ou Ti Je ainsi connu, a revendiqué cet acte odieux publiquement et continue de courir les rues. Parallèlement, les victimes et leurs proches sont réduites au silence. Ils ont pourtant des noms [ndlr], une histoire, et une peine à conter.

Author

Journaliste ( radio et presse écrite) depuis 2008. A étudié la sociologie à la Faculté des Sciences Humaines de l’UEH. 

Rédacteur en chef du programme Enfòmasyon Nou Dwe Konnen, ENDK / Internews Europe en 2012, rédacteur à Ticket Magazine / Le Nouvelliste jusqu’en 2018. Assistant à l’édition et...

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