L’effet d’éviction, un fléau « éconophage » à éradiquer du système financier haïtien

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Gourde

Depuis 2014, le produit intérieur brut (PIB) affiche une tendance à la baisse contrairement à la croissance de la population. Cependant, les dépenses courantes de l’Etat restent au même niveau d’année en année et en trop grande proportion par rapport aux dépenses d’investissement.

Ce tableau alarmant de la situation financière du pays dénote un grand malaise au niveau du système financier haïtien. Cela résulte principalement  d’une mauvaise répartition des richesses, d’une gestion inadéquate du patrimoine national et le plus souvent des allocations inappropriées et inopportunes des ressources.

En analysant les différents budgets des années antérieures, on constate une trop grande disparité entre les dépenses de fonctionnement et celles affectées aux investissements. Lorsque cet état de fait se produit, il en découle un phénomène économique dénommé « effet d’éviction » qui conduit à une dégradation en spirale de l’économie.

L’effet d’éviction est défini comme un phénomène qui est déterminé par le poids des activités du secteur public qui évincent celles du secteur privé. Cela est le résultat de l'insuffisance des ressources domestiques pour couvrir les dépenses publiques.

L’une des conséquences de l’effet d’éviction est l’augmentation du taux d’intérêt vu le manque de capitaux disponibles sur le marché financier.

La demande sera alors supérieure par rapport à l’offre. Les éventuels investisseurs sont moins enclins à recourir aux crédits lorsque le taux d’intérêt augmente.

Le rôle principal des responsables qui interviennent dans les finances publiques consiste à favoriser la croissance économique. La politique financière est présentée dans les lois de finances. Durant les cinq dernières années, les recettes totales du pays ont augmenté de 56%, entre temps, les dépenses courantes ont augmenté de 87% tandis que les dépenses d’investissement ont été réduites de 52% pour la même période.

Dans l’intervalle, le déficit public a augmenté de 45%. Parallèlement, les dépenses liées aux salaires et traitements ont augmenté de 71% et ce poste de dépenses garde toujours sa tendance haussière d’année en année depuis 2010. Et l’on sait que dans les dépenses totales, la masse salariale absorbe une grande part des fonds disponibles.

John Etzer Legros
Expert Comptable,CPAH
Master II en gestion financière

Source HPN

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