Le sénateur Garcia Delva renonce provisoirement à la vice-questure du Sénat et se met à la disposition de la justice

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Sénateur Gracia Delva

Le sénateur Garcia Delva, dans le collimateur de la police judiciaire pour une affaire d’enlèvement impliquant le chef de gang Arnel Joseph, annonce son indisponibilité à continuer à siéger en tant que vice-questeur du bureau du Sénat de la République. L'intéressé l’a fait savoir ce jeudi dans une correspondance adressée au président du Sénat, Carl Murat Cantave.

« En ma qualité de sénateur de la République et de vice-questeur du Sénat, en vue de protéger l’image de cette prestigieuse institution et de sauvegarder mon honneur, je vous saurais infiniment gré de bien vouloir informer les autres membres du bureau et les honorables sénateurs de l’Assemblée de mon indisponibilité à continuer à siéger comme vice-questeur du bureau en attendant que toute lumière soit faite autour de cette question », peut-on lire dans la lettre.

L’élu de l’Artibonite, proche de Jovenel Moïse, a également annoncé que, dans l’intervalle, il dit décider de bon gré de répondre favorablement à toute invitation d’un juge instructeur au moment venu. « La vérité, Monsieur le président, finira toujours par triompher », martèle-t-il.

Le président du Sénat, Carl Murat Cantave, s’adressant en début d’après-midi aux journalistes accrédités au Parlement, a confirmé avoir reçu la lettre de Garcia Delva. « Effectivement, nous avons reçu une lettre de la part du sénateur Garcia Delva. Il nous demande de l’exonérer de son siège au niveau du bureau du Sénat à partir d’aujourd’hui en attendant que la lumière soit faite sur la question », a-t-il révélé. 

Le sénateur Cantave a fait état d’une séance spéciale ce jeudi au cours de laquelle les Sénateurs sont invités à se prononcer sur les révélations indexant Garcia Delva. « Un des nôtres est présumé impliqué dans un cas d’enlèvement. C’est un dossier d’État. Un dossier qui secoue la conscience nationale et même la conscience internationale. Puisqu’un des nôtres est présumé impliqué, il faut que le corps se réunisse rapidement afin de se prononcer sur la question. Il faut que le Sénat prenne une décision.  C’est dans ce sens que nous avons invité l’ensemble des sénateurs à une séance ce jeudi. En tant que président, je n’ai pas d’opinion personnelle sur la question. Nous sommes en régime d’assemblée et c’est l’horizontalité, ce n'est pas le verticaliste qui prévaut. Nous attendons que l’assemblée se prononce pour que l’on puisse appliquer ce qui a été décidé », a-t-il déclaré.

Carl Murat Cantave par ailleurs a souligné que le Sénat ne peut pas de manière spontanée décider d’enlever l’immunité d’un sénateur. « On peut pas encore se pencher sur la levée de l’immunité du sénateur. Il y a une procédure. Quand un sénateur a un problème avec la justice, l’autorité judiciaire peut d’abord écrire au bureau du Sénat demandant que le concerné soit mis à sa disposition. Une fois que la justice trouve des éléments probants, la justice peut maintenant écrire au bureau demandant qu’on enlève l’immunité du sénateur concerné afin que celui-ci puisse répondre des faits qui lui sont reprochés », explique-t-il, soulignant que dans certains cas l’assemblée peut ne pas attendre une demande de la justice et peut décider de lever l’immunité dudit parlementaire. « Le sénateur Garcia Delva a abrégé la procédure en se mettant personnellement à la disposition de la justice », ajoute-t-il.

Vingt-quatre heures avant la publication de la correspondance de Garcia Delva, le directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon, avait été reçu par la commission Justice et Sécurité du grand Corps. Le numéro un de la police nationale devait faire le point sur les révélations d’Arnel Joseph ainsi que ses liens avec des sénateurs de la République. Si Michel-Ange Gédéon n’avait fait aucune déclaration à l’issue des discussions, ses propos ont été rapportés par le président de la commission Justice et Sécurité, Jean Renel Sénatus. Selon le parlementaire, le DG de la PNH a assuré que les informations révélées dans le journal Le Nouvelliste à propos des liens existant entre un sénateur de l’Artibonite et le chef de gang Arnel Joseph dans des cas de kidnapping à Port-au-Prince et à Léogâne sont authentiques à 98 %. Le Nouvelliste, rappelons-le, citait un rapport de la Police nationale d'Haïti dans son article. 

En revanche, Garcia Delva, dans sa correspondance adressée à Carl Murat Cantave, rejette ces accusations d’un revers de main, les assimilant à une tentative visant à détruire sa personnalité. « Le dernier coup de filet de la Police nationale d’Haïti, ayant conduit à la capture du chef de gang Arnel Joseph, est malheureusement utilisé par des artisans de la politicaillerie pour tenter à tout prix de m’impliquer dans les activités criminelles de ce dernier. Ces groupes qui ne visent, dans leurs pratiques, qu’à détruire la personnalité, la personne et le nom de tous ceux qui cherchent à apporter une pierre dans la construction nationale, méprisent la notion de présomption d’innocence et trouvent tout un appareillage institutionnel les aidant dans leur sale besogne », a-t-il dénoncé.

La correspondance de Garcia Delva vient 24 heures après une autre correspondance émanant cette fois de son collègue Patrice Dumont adressée à Carl Murat Cantave. Évoquant les révélations du Nouvelliste, la déclaration de Pierre Espérance sur Magik9 mercredi matin sur les liens du chanteur devenu politique avec le chef de gang Arnel Joseph, le sénateur Dumont avait demandé au président Cantave d’anticiper l’action judiciaire en invitant Garcia Delva à « arrêter de siéger comme membre du bureau et de s’abstenir de participer aux travaux ».

Jean Daniel Senat source Le Nouvelliste

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