Le scandale Oxfam et les ONG en Haïti

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Aviol Fleurant

Alors que la République d’Haïti est sur le devant de la scène dans la région Caraïbe avec le président Jovenel MOÏSE qui assure la présidence de la CARICOM jusqu’en juin de cette année, un air sombre s’abat en même temps sur le pays avec le scandale lancinant révélé par le journal britannique the times en février dernier, selon lequel des hauts dignitaires d’Oxfam-britannique auraient profité de la vulnérabilité de certaines jeunes femmes pour la plupart des mineures pour les faire se prostituer en échange de nourriture (food for sex), ou d’argent en 2011 après le séisme du 12 janvier 2010.

Ce qui ne cesse d’indigner nos concitoyens y compris une frange de la communauté internationale des États. Tenant compte de l’ampleur de la situation à l’echelle l’internationale particulièrement en Grande-Bretagne, l’émission Sans Frontières de la Radiotélévision Caraïbe présentée par le professeur Fernando ESTIMÉ, réalise une édition spéciale avec la participation du Ministre de Planification et de la Coopération Externe (MPCE), Me. Aviol FLEURANT et certains jeunes étudiants et jeunes cadre du pays, pour jeter un regard nouveau sur cet acte combien ignoble pour le registre de certaines instances internationales qui se disent vouloir protéger, aider les plus faibles, voire éradiquer la pauvreté dans le monde. Selon le politologue Fernando ESTIMÉ, ce présent scandale « ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, eu égard à l’existence de cette même pratique en soubassement au niveau d’autres ONG internationales travaillant sur le territoire haïtien. Et, cette affaire au niveau des ONG, « c’est comme une lettre à la poste en Haïti» poursuit Mr. ESTIMÉ.

Dans le cadre de cette édition spéciale, on a vite compris que l’approche parfois militante de certains membres de la société qui consiste à dire que le gouvernement haïtien n’a aucun contrôle du territoire national semblerait être justifée aujourd’hui. Car, cette action malsaine et incongrue survenue sur le territoire haïtien qu’il y a de cela sept ans et qui suscite bon nombre de remous tant au niveau de la presse britannique que du côté des bailleurs de fonds, qui d’ailleurs ont coupé une très bonne partie de leur contribution à l’organisation ainsi que des personnalités phares qui l’ont dénoncé ou remis leur démission au niveau de l’organisation, peut-être pour se dédouaner de toutes responsabilités à la face du monde, ne fait que l’objet d’une nouvelle pour le gouvernement haïtien. Ce dernier l’a appris de la même source et au même titre que tous le gens qu’il a la charge d’en prendre soin et de protéger. N’en parlons même pas pour les étrangers. Ce dossier montre une bonne fois pour toute, l’incapacité des autorités haïtiennes à pouvoir assurer la gestion du territoire, la sécurité des nationaux. S’agissant du détournement de mineurs, d’acte d’abus sexuel qui sont des actes « Odieux » comme le président Jovenel MOÏSE l’a si bien rappelé dans un tweet, et s’il était question d’un acte pouvant couter la vie de nos citoyens, que se passerait-il ? S’interroge Mr. ESTIMÉ. Néanmoins, le gouvernement semble vouloir jouer la bonne carte en condamnant avec les plus grandes vigueurs cet acte qui touche à la dignité humaine surtout avec la fameuse décision du MPCE de suspendre pendant deux mois les activités de l’organisation sur toute l’étendue du territoire nationale, et ouvrir une enquête sur le dossier afin que justice soit rendue aux éventuels victimes.

En effet, le Ministre Aviol FLEURANT dans son intervention à l’émission Sans Frontières déclare que « l’aide dont reçoit l’État haïtien de l’extérieur n’a pratiquement pas d’impact positif sur la situation économique et sociale du pays ». Et, le Ministre en se référant au niveau de développement que connait le Rwanda aujourd’hui, pense « qu’il ne s’agit pas d’une question de temps, il nous faut créer uniquement un nouveau paradigme de développement pour dire voilà là où nous voulons aller ». « Il nous faut un nouveau pacte de développement économique et social » poursuit-Me. Aviol FLEURANT. En écho à la gestion du fond de l’aide au développement qui a l’habitude d’être assurée par des instances étrangères, « il y a désormais un arrêté présidentiel instituant la BNC comme le chef unique » a martelé le Ministre. « Le pays est en marche pour le développement » croit le Ministre Aviol FLEURANT car « le président de la République est claire en disant que chaque centime collecté au nom du peuple haïtien doit être dépensé au nom du peuple haïtien suivant un paramètre de gestion axé sur les résultats et surtout de reddition de compte suivant la déclaration de Paris de 2005 sur l’efficacité de l’aide au développement » a martelé le Ministre Aviol FLEURANT.

Dans la foulée, le professeur ESTIMÉ condamne lui aussi avec la plus grande fermeté cette pratique, surtout par rapport au contexte du tremblement de terre où l’État haïtien était inexistant, c’était une situation de délabrement totale qui régnait en Haïti, a-t-il rappelé. Utiliser les faiblesses des gens dans le mauvais sens, après avoir collecté de sommes importantes et des nourritures sur leurs sorts pendant une telle période, n’est-il pas donc un acte de mauvaise foi et de méchanceté ? S’interroge Mr. ESTIMÉ. Malgré les rencontres qui ont déjà réalisé entre le gouvernement haïtien et des représentants d’Oxfam qui ont également présenté des excuses au gouvernement et au monde entier, le dossier reste pendant, avec l’espoir que la justice haïtienne s’érige cette fois en donneuse de leçon à ces expatriés, à « ces énergumènes, ces abrutis » comme les qualifie le professeur Fernando ESTIMÉ, qui prennent souvent le malin plaisir d’utiliser la couverture de certaines ONG pour régler à la fois leur compte et satisfaire leur ébats. M. ESTIMÉ a également cité madame Helen EVANS, directrice de la prévention interne à Oxfam de 2012 à 2015 qui parle de l’existence d’une « culture d’abus sexuels au sein de certains bureaux que ce soit sur les mineures bénévoles ».

Au cours de l’émission des jeunes haïtiens, pour la plupart des étudiants, venus d’un bout à l’autre du pays, intervenants sur le plateau de Sans Frontières pour donner leur point de vue sur le dossier, ils ont été de se solidariser aux éventuels victimes et manifester dans une large mesure leur mécontentement à propos de ce dossier. Leurs inquiétudes par ailleurs, leur poussent à la fois à poser des questions pertinentes et à faire des propositions on ne peut plus significatives telles que : Renforcer le code pénal haïtien ; doter Haïti d’une perspective scientifique de telle sorte que dans le cadre de contrôle du territoire ; des coordinations entre l’État et les instances internationales intervenues sur le territoire haïtien pour qu’il y ait un traitement d’égale à égale surtout en terme académique ; utiliser à bon escient les quelques 11 millions haïtiens pour une société plus juste , afin de freiner la répétition d’une telle action incommensurable. En effet, l’extrapolation du débat ne se faisait pas attendre pour laisser le cadre d’Oxfam en vue d’intégrer vivement la sphère de l’État haïtien à travers des témoignages basant sur des phénomènes à peu près du même augure qui se développent au niveau des administrations publique et privée haïtiennes. Dans cet ordre d’idées, beaucoup des participantes disent avoir été touchées par ce phénomène avec des commis de l’État ou responsables des ressources humaines qui veulent à tout prix négocier leur sexe en guise de leur qualification et compétence. A cet effet, les participants soutiennent l’idée selon laquelle le droit de cuissage devient désormais monnaie courante en Haïti pour une jeune qui voudrait se retirer sur le solde de ses parents ou d’un proche. Ce faisant, ils soutiennent l’idée qu’il s’agit d’un problème très profond sur lequel le gouvernement haïtien doit se pencher très sérieusement.

Dans l’idée d’hisser nos efforts à la hauteur de nos exigences M. Fernando ESTIMÉ a rappelé que les problèmes relatifs à la présence, au fonctionnement et au contrôle des ONG en Haïti se situent dans un cadre globale car l’État haïtien aujourd’hui encore est en train d’être brillé par son absence sur une majeure partie du territoire nationale. Et, dans une perspective d’élan patriotique, M. ESTIMÉ a conclu pour dire que « nous sommes dans l’obligation de construire un meilleur pays pour tous les citoyens, nous devons mieux à la patrie bienveillante et méritante. Nous devons construire une République d’Haïti digne de ce nom ». L’on se demande donc, comment procéder pour parvenir à cette Haïti tant attendue? Une question qui reste pendante.

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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