Le sénateur Jacques Sauveur Jean désapprouve le PHTK

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Le sénateur du Nord-Est, Jacques Sauveur Jean, ne digère pas encore la décision de la majorité d’organiser une séance à l’insu de la minorité pour clore définitivement le débat sur le rapport PetroCaribe. Le chanteur devenu politique l’a fait savoir ce mardi, lors de sa participation à la matinale de Magik9. Il avoue avoir été surpris comme tout le monde d’apprendre la tenue de la séance à l’issue de laquelle une résolution a été adoptée pour transférer le dossier à la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSC/CA).

Cette séance, selon lui, n’est ni plus ni moins qu’une réunion du groupe majoritaire. « Cette décision est contraire aux prescrits de la Constitution et des règlements intérieurs du Sénat. Les parlementaires de la majorité n’ont pas ce droit. On ne peut pas ajouter une séance à l’intérieur d’une autre », s’insurge-t-il. Le sénateur admet, par ailleurs, que la présence de 3 sénateurs de tendance lavalas dans la commission donne une couleur politique au rapport de cette commission dirigée par Evalière Beauplan. Toutefois, nuance-t-il, les préoccupations doivent être débattues au Sénat. « Il ne faut pas renvoyer la balle à la CSC/CA qui a ses limites et ses prérogatives », estime-t-il, plaidant pour que la justice fasse son travail en arrêtant les présumés coupables de corruption. « Nous n’aurons jamais un pays développé sans une vraie bataille contre la corruption », a-t-il déclaré.

Dans la foulée, le sénateur attribue ce qui s’est passé au leadership de Joseph Lambert, fraîchement élu à la tête du bureau. « Cela prouve que le Sénat est conduit par un animal politique. Cette appellation présente une contradiction dans les termes. La politique requiert beaucoup de doigté alors que l’animal agit par instinct », assène-t-il, comme pour souligner que Joseph Lambert a agi par instinct. « J’ai été choqué quand il s’était autoproclamé animal politique. C’est maintenant que je comprends ce qu’il voulait dire. Car on peut vraiment rencontrer un animal politique dans la vie. Il y a des actions qui ne peuvent se réaliser que par instinct », balance-t-il.

Quoique membre fondateur du Parti haïtien tèt kale (PHTK), Jacques Sauveur Jean n’est pourtant pas tendre envers cette formation politique. Selon lui, les idées du parti tranchent généralement avec les siennes. « J’ai toujours eu un malaise à l’intérieur de ce parti. On s’arrange pour que j’arrive toujours une heure après le début des réunions. Cependant, je reste moi-même, avec mes idées », fait-il savoir, déplorant le mauvais traitement qui lui a été réservé durant campagne électorale. Dans la foulée, le parlementaire croit que rien n’a changé, qu’il est toujours traité en parent pauvre. À titre d’exemple, il évoque l’organisation du carnaval national de cette année. « J’ai fait une méringue pour dénoncer la corruption, mais on ne m’a pas retenu sur le parcours. En revanche, on a accordé des chars à plusieurs membres d’une même famille. Gracia Delva a lui aussi reçu un char », fait-il remarquer.

Plus loin, Jacques Sauveur Jean a fait remarquer que sa disgrâce provient du plus haut sommet du régime. « Ils ne m’aiment pas. Ils ne m’ont pas permis de leur référer un ministre ou un directeur général. Ils ont mis fin aux fonctions de ma fille comme attachée culturelle au consulat de New York. Ils ont badigeonné le bureau de ma femme de matières fécales à la délégation départementale du Nord-Est », déplore-t-il, soulignant que c’est son franc-parler qui dérange. Pour autant, Jacques Sauveur Jean n’envisage pas de rejoindre les rangs de l’opposition. « Je conserve ma position qui est de défendre la cause haïtienne », fait-il savoir.

Jean Daniel Sénat source le nouvelliste

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