Le Président Jovenel Moïse reste fidèle à Taïwan, la Republique Dominicaine choisit la grande chine.

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Le Prof. Fernando Estime face à son public - Sans Frontières

Alors que la République Dominicaine vient de donner une parfaite démonstration de sa Realpolitik en établissant des relations diplomatiques avec la Grande Chine, ce qui lui a valu d’ailleurs un prêt de 3.1 milliards de dollars de la part de la Chine, la République d’Haïti a décidé pendant cette même période, non seulement de maintenir ses relations avec la République de Chine (Taïwan), mais aussi de renforcer cette coopération à travers une relative redéfinition de certains aspects en obtenant un prêt de 150 millions de dollars, dans un contexte tout aussi troublé pour les dirigeants Taïwanais qui ne cessent de voir se basculer dans le giron de la grande Chine, la plupart de ses alliés.

Ayant produit de nombreuses réactions au niveau national par rapport à la posture du Président de la République, son Excellence M. Jovenel Moïse après sa visite officielle sur l’île de Formose qui semble vouloir jouer la fidélité, Sur le plateau de Sans Frontières de la Radio Télévision Caraïbes, une dizaine de participants, avec Fernando ESTIMÉ, l’expert des relations internationales, pour clôturer la deuxième saison de cette émission, nous ont fait un décryptage de ce sujet d’actualité pour lequel le président Jovenel Moïse exprime sans détour un très grand satisfecit. 
Un rappel sur l’histoire des deux pays : La République de Chine (Taïwan) et la République Populaire de Chine, a été fait par Fernando ESTIMÉ pour ôter les gangues de contradictions qui peuvent obstruer la compréhension de ce sujet puisque les deux pays étaient unifiés à une époque donnée. Avec sa civilisation multimillénaire, selon les dernières prévisions, la Chine, deuxième puissance économique du monde occupera probablement la première place dans le classement mondial d’ici trente ans par rapport à son volume de production. Cela ne veut pas dire pour autant que le chinois moyen sera plus riche que l’américain moyen, car en termes de répartition des richesses, les États-Unis avec ses 330 millions d’habitants auront toujours l’avantage par rapport à la Chine qui compte 1.4 milliard d’habitants, a précisé Fernando ESTIMÉ.

Devenue membre permanent du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies en 1971 sous la houlette des américains, lors de la présidence de Nixon pour venir occuper le siège de Taïwan, avec l’espoir de détacher l’URSS et la Chine pour éviter à ce que ces deux mastodontes s’unissaient pour donner du fils à retordre au seul camp occidental (bloc de l’Ouest), l’empire du milieu tout en étant un partenaire commercial important de Taïwan, n’a jamais voulu accepter ce dernier comme un État à part entière, depuis la scission qui s’était survenue après la 2nde Guerre mondiale où Mao Zedong d’un côté, proclama la République Populaire de Chine, communiste et, d’un autre côté, le Général Tchan Kaï-Chek qui se rendit sur l’île de Formose pour créer la République de Chine (Taïwan) le 1er octobre 1949. Depuis, l’empire du milieu considérait Taïwan et le considère encore comme une province rebelle de la grande Chine (la République Chine Populaire), a fait remarquer M. ESTIMÉ.

Brillé par son absence dans toutes les organisations internationales à travers le monde, Taïwan avait été reconnu par 74 pays dans le monde à un certain moment, mais aujourd’hui il ne lui reste que dix-huit (18) pays dans ses girons dont un (1) allié sur le continent africain : Le Swaziland. Parmi ces dix-huit (18) pays, il y a cinq (5) micros États, a martelé, Fernando ESTIMÉ. Sur la liste des pays qui ont fait défection récemment, on trouve le Panama, la République Dominicaine, le Burkina Faso et le Salvador qui ont basculé dans le camp de la grande Chine. 
Se trouvant dans une difficulté sans précédent pour fidéliser ses alliés, la vingt quatrième (24ème ) économie mondiale bien qu’elle contribue dans une certaine mesure à l’économie haïtienne et surtout sur le plan de l’infrastructure comme la construction des édifices publics, des routes, etc., après plus de soixante ans de coopération, la République de Chine (Taïwan) semblerait n’être plus la meilleure option pour Haïti selon la plupart des participants à l’émission. En regardant avec un intérêt extrême la situation, avec l’espoir que  la Chine Populaire pourrait rapporter mieux à la République d’Haïti, les participants pensent que, le président de la République aurait été motivé par une vision idéaliste des relations internationales en faisant le choix de garder cette coopération.
 

M. ESTIMÉ pour sa part, n’a pas caché ses mots pour questionner en profondeur le choix du président de la République puisque ce dernier est tout de même le chef de la diplomatie, il est chargé d’orienter la politique étrangère et donc est en dernier ressort, mieux placé pour expliquer la motivation de son choix. Qu’est-ce qu’on peut faire avec ces 150 millions de dollars face à cette exigence de développement qui se fait sentir dans le pays ? Sachant que la diplomatie peut être un outil de développement, ne faudrait-il pas redéfinir la politique étrangère du pays à la hauteur de ses exigences ?, a interrogé le spécialiste des relations internationales Fernando ESTIMÉ. 
 

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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