Le numéro 3 du Département d’État américain en Haïti tente d’amorcer le dialogue inter-haïtien

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Le sous-secrétaire d'État américain aux Affaires politiques, David Hale, est arrivé en Haïti vendredi avec pour mission de lancer le dialogue entre les acteurs politiques et de la société civile en Haïti. Cette visite est un signe de plus de l’appui du gouvernement américain au président Jovenel Moïse en difficulté depuis le lancement des mouvements de protestation de l’opposition politique qui exige sa démission.

« J’ai eu l'honneur d'accueillir le sous-secrétaire d'État aux Affaires politiques, M. David Hale. Nous avons eu des échanges sur la situation du pays. J’apprécie la disponibilité du gouvernement américain pour faciliter la recherche d'une solution interhaïtienne à la crise sociopolitique », lit-on sur le compte Twitter du président de la République à l’issue de sa rencontre, vendredi, avec l’officiel américain.

Dans un communiqué, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince indique que le sous-secrétaire David Hale est en Haïti pour discuter avec les dirigeants du secteur politique, du secteur privé et de la société civile afin d’aboutir au dialogue et à la croissance économique. David Hale, toujours selon le communiqué, « a exhorté le gouvernement haïtien à élaborer une stratégie à long terme pour renforcer les institutions, améliorer la bonne gouvernance et lutter contre la corruption ».

« Les Haïtiens souffrent depuis trop longtemps de l'instabilité politique, de la mauvaise gestion économique et de la corruption. La stabilité politique attirera la croissance économique et les investissements étrangers. Nous félicitons la Police nationale d’Haïti (PNH) pour son professionnalisme, et nous continuerons de lui apporter notre soutien afin qu’elle puisse remplir sa mission », a poursuivi le communiqué de l’ambassade américaine.

« Le gouvernement des États-Unis encourage les efforts déployés pour engager un dialogue inclusif et sérieux et attend avec impatience la tenue d'élections parlementaires et locales honnêtes et transparentes au mois d'octobre qui aideront à canaliser les changements à travers les urnes et non par la violence », a conclu le communiqué.

Selon des photos publiées par l’ambassade américaine, David Hale a rencontré aussi le Premier ministre Jean-Henry Céant.

Après sa rencontre avec les autorités haïtiennes, David Hale s’est entretenu aussi vendredi avec le sénateur Évalière Beauplan qui a été désigné à cet effet par le secteur dit démocratique et populaire pour discuter avec le sous-secrétaire d'État aux Affaires politiques, a confié au Nouvelliste Me André Michel.

« La visite en Haïti du sous-secrétaire d’État américain aux Affaires politiques ne va pas vraiment faire bouger les choses dans la bonne direction. Les Américains n’ont pas encore une bonne compréhension de la crise politique haïtienne », a affirmé le porte-parole du secteur dit démocratique et populaire.

Selon Me André Michel, « David Hale viendra encourager le dialogue alors que Jovenel Moïse, président de la République, est le principal obstacle à la réussite du dialogue politique. Comment le dialogue est-il possible avec un chef d’État qui a traité de trafiquants de drogue les leaders de l’opposition? Comment le dialogue est-il possible avec un président de la République épinglé par la Cour des comptes dans la dilapidation des 4.2 milliards de dollars américains du fonds PetroCaribe à un moment où la réalisation du procès PetroCaribe représente l’une des principales revendications de la population haïtienne ? Comment le dialogue est-il possible avec un chef d’État qui a nommé par arrêté présidentiel un comité de facilitation du dialogue sans avoir eu la décence de consulter les principales forces de l’opposition alors que le choix des membres de cette structure aurait dû être le fruit d’un accord préalable », a-t-il lancé en soulignant que le sénateur Beauplan a avancé tous ces points  lors de sa rencontre avec David Hale.                       

« Pour nous autres du secteur démocratique et populaire, la solution à la crise politique actuelle passe d’abord et avant tout par la démission de Jovenel Moïse, condition sine qua non à la réalisation du procès PetroCaribe et à l’organisation de la conférence nationale haïtienne souveraine pour jeter les bases de l’émergence d’un nouveau projet de société dans l’intérêt de toutes les couches sociales de la nation haïtienne. Nous demandons à la population de continuer à se mobiliser dans toute la république pour le changement de ses conditions matérielles d’existence », a appelé André Michel.

Outre le secteur dit démocratique et populaire, d’autres organisations politiques comme Fanmi Lavalas, Pitit Dessalines, Fusion, OPL exigent la démission du président de la République qui a créé vendredi dernier un Comité de facilitation du dialogue interhatien.

Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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