Le gouvernement a décrété l’urgence économique et le gel des franchises douanières et fiscales

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Conseil des Ministres du 5 Fevrier 2019

A Jacmel, aux Cayes, à Port-au-Prince… des entreprises ferment leurs portes pour dénoncer la décote de la gourde par rapport au dollar. Sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la cherté de la vie et la hausse continue des prix des produits de première nécessité. Pour aborder ces problèmes et communiquer avec la population, le chef de l’Etat a organisé un Conseil des ministres diffusé en direct sur la Télévision nationale au cours duquel deux résolutions ont été adoptées.

En vue de venir en aide aux personnes en situation de vulnérabilité dans le pays, l’urgence économique a été déclarée sur tout le territoire dans la première résolution adoptée, le mardi 5 février 2019, en Conseil des ministres au Palais national.

Selon cette résolution, « l’urgence économique concerne toutes les mesures exigées par les circonstances qui seront prises en vue de ; 1) aider à réduire le coût des biens de première nécessité. 2) augmenter l’accès au crédit en faveur de petites et moyennes entreprises ; 3) prendre une option préférentielle pour le financement de l’agriculture et du secteur agricole ; 4) relancer l’activité économique ; 5) renforcer les programmes sociaux.

Dans une deuxième résolution adoptée mardi soir en Conseil des ministres, il est dit que « sauf sous autorisation expresse du Premier ministre, sont suspendues jusqu’au 30 septembre 2019 les franchises fiscales et douanières à l’exception de celles sollicités par les missions diplomatiques et consulaires, les industries nationales et les industries de sous-traitance, les institutions et organisations à caractère humanitaire éligibles s’adonnant à l’importation des provisions alimentaires, des biens matériels et équipements destinés aux secteurs éducation, santé et agriculture. »

Un Conseil des ministres pendant lequel Jovenel Moïse a demandé au Premier ministre et cabinet ministériel d’expliquer en direct à la télévision ce qu’ils font pour améliorer les conditions de vie de la population. Au lieu de communiquer ce qu’ils vont faire concrètement pour améliorer la situation économique du pays, la plupart des ministres se sont livrés à un exercice de bilan de leurs réalisations.

Le Premier ministre Jean-Henry Céant, au cours de ce Conseil des ministres, a fait savoir qu’il s'était réuni avec certains importateurs et producteurs. « Huit produits destinés à la consommation ont été choisis pour être directement subventionnés », a déclaré le chef du gouvernement sans toutefois donner des détails sur ces huit produits de première nécessité.

Dans leurs différentes interventions, les autres ministres n’ont pas pu, eux non plus, donner des précisions sur les huit produits de première nécessité qui seront subventionnés par le gouvernement.

« Ce Conseil des ministres vise à apporter des solutions à des problèmes notamment à la cherté de la vie », a recadré le président de la République qui a exigé le respect de l’arrêté du 7 avril 2017 sur le train de vie de l’Etat.

Selon cet arrêté, tous les représentants et les grands commis de l’État en mission officielle, à la charge du trésor public, ne voyageront qu’en classe économique. Tous les barèmes des allocations journalières (per diem) de l’Administration de l’État pour les voyages à l’extérieur seront publiés chaque année ainsi que la méthode de calcul utilisée pour déterminer ces barèmes, toujours selon le document.

« L’octroi de quotas de carburant et de cartes de téléphone aux fonctionnaires ou directeurs de l’Administration publique sera strictement réglementé pour l’exercice fiscal 2016-2017. Un quota maximum de 30 gallons de carburant par mois est accordé aux cadres de l’Administration publique », a exigé l’arrêté.  

« Les salles de conférence et locaux de l’Administration seront utilisés par préférence pour les conférences, séminaires ou autres activités organisées par une entité publique à partir du financement du trésor public. Les différents services et organismes de l’État veilleront à limiter au strict minimum le nombre de cérémonies et de réceptions et à agir avec sobriété », selon l’arrêté sur le train de vie de l’Etat.

Il y a eu aussi au cours de ce Conseil des ministres l’adoption de 11 mesures visant à assainir les finances publiques. Il s’agit de : 1.) Interdiction d’achat de nouveaux véhicules par l’Etat jusqu’au 30 sept 2019 ; 2.) Interdiction de tous les contrats de location de véhicules pour le compte des agents publics sans autorisation du Premier ministre ;

3.) Interdiction formelle aux ministres, secrétaires d’Etat et aux directeurs généraux de voyager sans l’autorisation expresse du Premier ministre ou du ministre de tutelle. Le cas échéant, aucune délégation ne sera composée de plus de cinq membres ; 4.) Reconsidération du niveau et des modalités de versement de per diem pour les voyages à l’étranger ; 5.) Compression des achats de biens et de services pour le compte de l’Etat ; 6.) Interdiction de circulation pour les véhicules immatriculés « Service de l’Etat » les week-end et jours fériés ; les jours de travail au-delà de 7 heures PM conformément à l’arrêté sur le train de vie de l’Etat ; 7.) Réduction et harmonisation des salaires des directeurs généraux des organismes autonomes ; 8.) Réduction de 30% du quota du carburant alloués aux agents de l’Etat ; 9.) Suspension des achats des cartes téléphoniques et recours exclusif aux plans prépayés au bénéfice des agents publics ; 10.) Interdiction de toute forme de subvention, à moins d’une autorisation formelle du Premier ministre ; 11.)Obligation des ministres, des secrétaires d’Etat et directeurs généraux de finaliser leur déclaration de leur patrimoine et leur déclaration définitive d’impôts.

Ce conseil des ministres intervient à environ 48 heures de l’annonce de manifestation de rue lancée par l’opposition politique et soutenue par des petroChallengers pour le 7 février à travers le pays pour exiger, chacun en ce qui le concerne, des comptes sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, faire baisser le coût de la vie et le départ du président de la République. 

Robenson Geffrard Source Le Nouvelliste

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