La septième édition de la semaine de l’audit consacrée à la lutte anti-corruption

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En optant pour le thème « la corruption, le blanchiment des avoirs et le financement du terrorisme : en quoi les auditeurs et contrôleurs internes sont-ils concernés ? », l’Institut des auditeurs internes (IIA-Haïti) consacre la septième édition de la semaine de l’audit à l’actualité de la corruption et de la bonne gouvernance omniprésente ces dernières semaines dans l’opinion publique. Cet évènement annuel très prisé réunit au Karibe Convention Center, du 12 au 16 novembre 2018, les professionnels de l’audit interne, du contrôle interne, du management, de la finance, du contrôle et tous ceux qui se sentent concernés directement ou indirectement par le sujet.

Le menu de cette septième semaine de l’audit a notamment offert aux participants les deux séminaires suivant : le premier, du 13 au 14 novembre, s’articulant autour du thème « Comment produire des rapports d’audit à valeur ajoutée : l’art de transformer les recommandations en actions », animé par l’expert Belge Tommaso Capurso, ex-président de l’UFAI ; et le second, du 15 au16 novembre, par Olivier Beauregard, un expert canadien également président de IIA Montréal, qui a présenté les outils utilisés par l’audit interne pour supporter la gouvernance moderne et lutter contre la corruption.

Le président du conseil d’administration de l'IIA-Haïti, Romuald Jean-Baptiste, dans son discours lors du cocktail inaugural lundi soir, a qualifié la présence des participants de « signe concret de [leur] engagement pour l’audit interne, la reddition des comptes, la bonne gouvernance d’une part et contre la corruption, le blanchiment des avoirs, le financement du terrorisme d’autre part ». « À un moment où la corruption, la bonne gouvernance sont d'actualité brûlante dans notre pays en quête d’une stabilité économique, politique et sociale », a-t-il souligné.

De l’avis du président de l’IIA-Haïti, aucun pays de la planète n’échappe aux effets dévastateurs de la corruption, du blanchiment des avoirs, du financement du terrorisme constituant des fléaux mondiaux. Toutefois, « dans un pays comme la nôtre où les ressources sont très limitées, les institutions supérieures de contrôles son très faibles et l’impunité règne, il est plus qu’évident que la tendance à la corruption soit élevée ». Il assimile la précarité dans laquelle le pays est plongé au renforcement de la corruption qu’il définit comme le fait d’abuser des fonctions publiques ou privées pour son bénéfice personnel.

« Il y a une relation entre un faible niveau de développement et un degré élevé de la corruption. Une relation étroite est aussi établie entre la corruption et le blanchiment des avoirs », a souligné Romuald Jean-Baptiste avant de préciser que la corruption, quoique toujours présente en Haïti, semble avoir pris de l’ampleur depuis les années 1990. En effet, de 2002 à aujourdh'ui, Haïti est passé de 89e rang à 157e mondial dans l’Indice de perception de la corruption et figure parmi les 10 pays les plus corrompus de la planète.

De 2001 à aujourd'hui, moins de 4% du nombre restreint de dossiers traités par les institutions de contrôle (ULCC ou UCREF) ont eu de « suites » sans aucun procès véritable. Les chiffres officiels du gouvernement accusent un manque à gagner du fisc de 400 millions de dollars américains à cause de la corruption et la contrebande à la frontière haïtiano-dominicaine. Aujourd’hui encore, des doutes subsistent quant à l’aboutissement du dossier PetroCaribe. Un tableau sombre que celui décrit par le président de l’IIA-Haïti.

Pour le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois, il ne fait aucun doute que la corruption et son corollaire, à savoir le blanchiment des avoirs, ont un impact négatif sur l’économie et le tissu social du pays. Il se veut rassurant en avançant que la lutte contre la corruption et le blanchiment des avoirs se retrouve au centre des efforts de stabilisation, de modernisation et d’expansion du système financier du pays. « Aussi, aucun effort n’est ménagé par la BRH afin qu’Haïti adopte et applique au mieux toutes les dispositions de prévention, de détection et d’investigation en matière de blanchiment d’argent », a fait savoir le gouverneur Dubois, énumérant quelques-unes des mesures adoptées par la BRH dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent.

Il s’agit de l’obligation qui est faite depuis 2008 à toutes les institutions financières sous la supervision de la Banque centrale d’obtenir de sa clientèle une déclaration de provenance de fonds à partir d’un seuil de 400 mille gourdes et aussi de la mise en place depuis 1995 d’une fonction d’audit interne indépendante au sein de la BRH ayant pour mission la prévention, la détection et l’investigation des cas de fraudes.

Comparant les auditeurs et contrôleurs à de véritables chiens de garde des bonnes pratiques de gestion, de reddition des comptes et de la bonne gouvernance, Romuald Jean-Baptiste estime qu’ils ont un rôle fondamental à jouer dans la détection des erreurs, prévention des fraudes et la corruption. « Ils sont incontournables dans un pays où les ressources sont extrêmement rares pour des besoins illimités », a rappelé le président de l’IIA-Haïti avant d’interpeler les décideurs politiques, financiers, économiques et sociaux sur la nécessité d’apporter leur contribution pour la bonne gouvernance, la reddition des comptes et la lutte contre la corruption.

Faisant feu de tout bois, le président Jean-Baptiste a également sollicité l’appui du secteur privé des affaires dans la lutte contre la corruption en vue de doter le pays d’un cadre légal pour que l’audit interne puisse jouer pleinement son rôle d’avant-gardiste ou de chien de garde des bonnes pratiques de gestion. « Si nous devons tourner vers le marché obligataire et/ou le marché boursier, si nous devons renforcer nos dispositifs de contrôle interne, la banque centrale devrait réfléchir sur une nouvelle formulation de la circulaire sur le contrôle Interne en y introduisant les normes et pratiques de l’audit interne et qu’elles soient en lignes droites avec le CRIPP (Cadre de référence international pour la pratique professionnelle de l’audit et les normes internationales de IIA GLOBAL) », a-t-il poursuivi en s’adressant au gouverneur de la BRH.

Source Le Nouvelliste - Ecrit par Patrick STPRE

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