La République d’Haïti et sa diplomatie (1ère partie) : L’ex-candidat à la présidence Jean Clarens RENOIS parle de « zombie diplomatique »

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Le politologue Fernando ESTIMÉ, a reçu l’ex-candidat à la présidence d’Haïti Jean Clarens RENOIS et des jeunes cadres du pays sur le plateau de sans frontières de la Radio Télévision Caraïbes (RTVC) dans le cadre d’une série d’émissions qu’il compte réaliser exclusivement sur la diplomatie haïtienne avec notamment des haut commis de l’État travaillant dans le domaine. Dans cette grande première, il était question pour Mr. ESTIMÉ de jeter un regard sur le passé pour tenter de comprendre le présent et pour enfin faire une projection sur l’avenir de la diplomatie haïtienne.

Ainsi, avec les participants, et sans la prétention d’être exhaustif dans son itinéraire, il a passé en revue les temps forts de la diplomatie haïtienne, avec quelques grands hommes qui ont pu marquer l’histoire de cette diplomatie, en hissant haut le bicolore Haïtien de par leur savoir-faire, leur savoir-être dont Toussaint LOUVERTURE, le général Nemours, Roussan Camille, Émile SAINTLOT, Jean Price MARS, Demesvar DELORME, Anténor FIRMIN et consorts.

Au cours de son périple, le professeur Fernando ESTIMÉ ayant été galvanisé par l’habileté tactique et stratégique de Toussaint LOUVERTURE, déclare que « Toussaint LOUVERTURE est le plus brillant des diplomates qu’a connu Haïti même s’il n’a pas été haïtien toute sa vie ». Mr. ESTIMÉ en a profité également de citer Wendel Philipps, historien américain, et le feu Lesly SaintRock François Manigat, pour montrer jusqu’où cet homme a pu inscrire son nom dans l’histoire de l’humanité.

Vers un regard sur l’état actuel de la diplomatie haïtienne

Le Coordonnateur général du Centre d’Études Diplomatiques et Internationales (CEDI) en l’occurrence Mr. Jean Clarens RENOIS a rappelé lui aussi qu’il y a eu une image de la diplomatie haïtienne qui a fait l’honneur d’Haïti dans le temps surtout dans les années 60 et même avant les Duvalier. Selon Mr. RENOIS le champ diplomatique cesse d’être l’apanage du président de la République pour ouvrir à d’autres secteurs d’influence dont le parlement. Et, le constat est que la diplomatie haïtienne a connu depuis un certain temps un certain « glissement vers le bas ». Pourquoi ce glissement ? D’abord, parce que « la diplomatie haïtienne s’est trouvée surpeuplée dans ses représentations à l’étranger et qu’il n’y a pas de budget adéquat pouvant alimenter convenablement les missions d’Haïti et même les pays d’accueil s’en sont plaint auprès des  autorités haïtiennes » a-t-il martelé le Coordonnateur général. Vu qu’on a une somme de personnes faisant partie de l’appareil diplomatique sur la base de cooptation politique et non sur la base des formations qu’ils  son appareil diplomatique qui s’occupe exclusivement des dossiers d’Haïti qui représente son premier partenaire commercial. À ce titre, les Dominicains voient la nécessité de nous surveiller de très près. Le politologue ESTIMÉ s’enchaine avec les missions d’Haïti à Paris représentée par Madame l’Ambassadrice Vanessa Matignon et à Londres dirigée par l’Ambassadeur Edmond
BOCCHIT comme étant des missions importantes pour Haïti.

Quelques grands axes de la diplomatie haïtienne

L’ex-candidat à la présidence Jean Clarens RENOIS pense que la diplomatie haïtienne devrait appuyer sur trois grands axes. D’abord, il y a l’Amérique du nord avec les États-Unis qui en sont le premier puis le Canada. Selon lui, « Haïti doit avoir une représentation solide dans ces deux pays ». En deuxième lieu, il y a l’Amérique Latine y compris la République Dominicaine ou Haïti doit développer une diplomatie beaucoup plus « intelligente et agressive ». « Les représentations d’Haïti ne doivent pas se contenter uniquement de donner assistance aux ressortissants haïtiens qui sont nombreux dans ces régions-là, il faut travailler avec les organisations régionales pour conforter la position haïtienne par rapport au nombre d'Haïtiens qui sont là-bas (Amérique Latine) notamment en république dominicaine pour défendre les intérêts de ces Haïtiens-là » poursuit Mr. RENOIS. « Il faut renforcer les coopérations Sud-Sud qui auraient été très utiles pour Haïti » croit l’ex-candidat à la présidence. Selon les propos de Mr. RENOIS, il faudrait se pencher davantage, sur les relations qu’on a avec l’Union Européenne dans le cadre de l’ACP à travers l’accord de Cotonou et c’est « très important pour Haïti car l’Union Européenne apporte un support économique assez considérable en matière d’aide pour le pays ». En dernier ressort, l’ex-candidat à la présidence croit qu’il faudrait aussi consacrer un volet permettant un peu plus de rapprochement vers l’Afrique lorsqu’il est question de fixer quelques grands axes de la diplomatie haïtienne. « On ne peut pas abandonner ou se laisser abandonner par l’Afrique, nos racines sont là » a-t-il martelé.

Quels sont les hommes du président Jovenel MOÏSE ?

Dans tous les pays du monde, il n'est même plus que normale que le chef de l’État, travaillant pour l’État, avec l’argent de l’État soit entouré des gens formés capables d’assurer et de mener à bon port ses objectifs tant sur le plan interne que sur le plan international. Selon Fernando ESTIMÉ, généralement on appelle ces gens-là : les hommes du président. En effet, pour le président Jovenel MOÏSE, il y a d’abord, l’Ambassadeur Stanley LUCAS, conseiller du président Jovenel MOÏSE en politique étrangère. Ensuite, il y a Guichard DORÉ qui est l’un des conseillers spéciaux du président. Il y a aussi Reynald LUBÉRICE, secrétaire général du conseil des ministres et un des conseillers le plus important au Palais National. Entre autres, il y a Mr. Fanfan DORNÉVAL qui est le conseiller le plus influent du président Jovenel MOÏSE.

Les éventuels défis liés au rehaussement de l’image de la diplomatie haïtienne

Selon Jean Clarens RENOIS « une diplomatie sert à vendre l’image d’un pays tout en évitant les investisseurs à venir investir au pays ». Avec près de 49 missions à l’étranger et un bureau commercial en République populaire de Chine, la diplomatie coûte cher au pays. Dans cet ordre d’idées « il doit y avoir un retour sur l’investissement » croit le politologue Fernando ESTIMÉ.

Les jeunes intervenus sur le plateau même s’ils voient d’un mauvais œil l’image du pays à l’extérieur, font la part belle avec cette idée de retour sur l’investissement. D’où leur sollicitation de placer les gens qu’il faut à la place qu’il faut.

Et, selon Mr. RENOIS, la question fondamentale à se poser dès le départ serait quelle école forme quel diplomate ? Car « L’État doit avoir un œil à l’intérieur des écoles pour poser des exigences aussi ». « Il faut exiger une formation rigoureuse dans les écoles qui forment les gens pour la diplomatie haïtienne car on a besoin de gens former au niveau de la diplomatie » croit le coordonnateur. Et, et plus largement, « le recrutement des personnels diplomatiques doit être effectué sur la base de concours et à l’intérieur des écoles » a martelé le Coordonnateur général du CEDI.

« Le président de la République doit définir très clairement sa politique étrangère en fonction des résultats attendus de ses personnels diplomatiques à l’extérieur » poursuit Mr. RENOIS. En se référant avec l’illustre intellectuel haïtien Leslie François Manigat, le professeur Fernando ESTIMÉ pour sa part, pense qu’avec le temps il faut qu’il y ait certes des modifications sans pour autant ne pas toucher à ce qui constitue « les constantes de la diplomatie haïtienne ».

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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