La République d’Haïti, une puissance symbolique

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Giscard BOUCHOTTE

Le politologue Fernando ESTIME a reçu l’ingénieur culturel et commissaire d’exposition, Giscard BOUCHOTTE et douze participants sur le plateau de Sans Frontières dans l’idée d’apporter un plus a la diplomatie haïtienne, autour d’un outil essentiel dans la conception de la politique étrangère d’un État qui ne dispose pas d’un complexe militaro-industriel fort, mais ayant des atouts culturels pouvant l’aider à obtenir une place non négligeable dans le jeu international. S’agissant de la diplomatie culturelle qui se place dans la droite lignée du concept savant utilisé dans la littérature des relations internationales : Le soft power par opposition au hard power, thème sur lequel l’ambassadeur Marcel DURET avait déjà intervenu dans le cadre de cette saison spéciale sur la diplomatie haïtienne.

Dans le cadre de son intervention, l’ingénieur culturel Giscard BOUCHOTTE a émis des réserves par rapport à l’intervention de l’ambassadeur DURET, et a pu montrer avec brio la provenance de nos handicaps sur le plan culturel, lesquels handicaps nous empêchent à percer le marché international avec succès. En s’appuyant sur le concept soft power qui a été développé par le professeur américain Joseph Nye, Monsieur BOUCHOTTE part de l’idée qu’un pays ne peut pas avoir une diplomatie culturelle forte, s’il ne se dispose pas avant tout d’une politique culturelle forte. Car la diplomatie culturelle qui se traduirait dans une large mesure, au terme d’une diplomatie d’influence (soft power) dont ses  véritables fondements se trouvent au niveau des créations artistiques d’un pays, de ses recherches scientifiques au niveau des universités, de ses patrimoines matériels et immatériels est en faite, le prolongement d’une politique culturelle interne forte, par sa mise en agenda sur le plan externe. 

L’ingénieur culturel Giscard BOCHOTTE n’a pas caché ses mots pour dénoncer la mauvaise gestion des autorités haïtiennes en ce qui a trait aux questions culturelles dans le pays. Il a rappelé que l’ENARTS qui est une entité de l’UEH et la seule école du pays, offrant une formation supérieure en art, se trouve actuellement au pied du mur. Sous socle, il déplore une sorte de l’inapropritaiton de tous ce qui forment les atouts du pays dont la valorisation de nos universités surtout dans la question de la recherche, de nos écrivains et cinéastes qui pourraient changer la donne en termes d’humiliations pour les ressortissants haïtiens à l’étranger à travers des textes et des films. Dans cette lignée, M. BOUCHOTTE croit qu'un haïtien à l’étranger se sentirait moins blessé de l’image du pays à l’étranger, puisque l’humiliation est devenue un principe dans les rapports interétatiques dirait-on Bertrand BADIE (le temps des humiliés).

En pointant du doigt sur ciné triomphe, l’ingénieur BOUCHOTTE a relaté que nous avons une culture de pensée sans contenu. Selon lui, faudrait-il bien qu'on apprenne à procéder autrement, afin qu’on puisse établir des missions préalablement avec des visions claires  au-delà de tout ce qu'on veut mettre à l'œuvre. Il comprend que c’est anormal d'injecter une somme intéressante dans la construction d'un édifice qui ne sert pratiquement à rien puisque de prime à bord, les autorités qui ont déclenché le processus n'avaient rien en tête sur ce que ce bâtiment pourrait apporter comme valeur ajoutée. 

Interrogé par le politologue Fernando ESTIMÉ et les participants sur de nombreuses questions touchant aux mesures incitatives pouvant aider le pays à mieux se projeter  en ce qui a trait à sa culture à travers les jeunes talents du pays, M. BOUCHOTTE se montre optimiste et pense qu'il nous faut d'abord, l’inscription de la mise en agenda d'un document élaboré par le MAE ou n’importe quel groupe de personne ayant une expertise dans le domaine, lequel document dictera les voies et moyens. Puis, créer un label pour mieux asseoir les politiques qui ont été insérés dans le document, pour ensuite agir en réseautage à travers des émissaires capable de placer ce que M. ESTIMÉ appelle des diamants convertibles qui sont : nos chanteurs, chanteuses, écrivains, cinéastes etc., dans des réseaux d'influence. 

Regretté de ce qu'il appelle un échec après son expérience à Biennale de Venise en 2011 avec Pavillon d’Haïti, structure qu’il a lui-même créé en vue de participer à cette manifestation culturelle de grand calibre qui se fait tous les deux ans en Italie(Venise), M. BOUCHOTTE croit que réaliser des actions éparses au nom du pays auront certes de retombées positives pour l'image du pays, probablement l’économie du pays en bénéficiera aussi,  mais ces actions seront éphémères, il n'y aura donc pas de continuer. Sur ce, il a profité de faire un appel du pied pour lui mettre au service de la République dans ce qu'il sait le mieux en vue d'apporter une valeur ajoutée à la culture haïtienne, car selon lui, Haïti est une puissance symbolique, il faut seulement mettre en place des politiques pouvant coordonner les actions éparses des gens qui s'adonnent aux questions culturelles : Recherches scientifiques, créations artistiques, cinéma, musique etc., et les mettre en valeur. Cet appel du pied a été repris par M. Fernando ESTIMÉ qui, pour sa part, croit que les haïtiens qui s’investissent dans le secteur culturel font déjà leurs preuves et méritent d’être encadrés. Cet encadrement dit-on Fernando ESTIMÉ, aura à la fois des retombées positives pour la personne en question mais aussi pour le pays.

Author
Étudiant en philosophie et science politique à l'IERAH/ISERSS Jeune député de Jacmel au parlement jeunesse d'Haïti

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