La réouverture de l’HUEH boycotée par les médecins-résidents

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La réouverture de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti, annoncée par les autorités sanitaires, accuse un retard de trois jours. Comme pour vaincre un signe indien, le directeur général de (HUEH), le Dr Maurice Fils-Mainvil, décide d’ouvrir la clinique externe sous escorte policière, ce jeudi 7 juillet malgré le manque considérable d’intrants et la grève des médecins-résidents qui est loin de toucher à sa fin.

Trois jours après la date retenue pour la réouverture de l’HUEH, tout est au point mort. Il n’y a pas d’affluence. Aucun patient, aucun médecin de service n'est remarqué. À l’étage, à la résidence des médecins se trouvaient quelques résidents. La salle de médecine externe et de consultation générale est occupée uniquement par des membres du personnel administratif et une infirmière. À en croire le personnel affecté à ce service, il y a une tentative de reprise des activités, mais les médecins résidents l’ont interrompu. « Le Dr Morisset était venu et il y avait près de 15 malades. Après 6 consultations, les résidents sont venus, ont fait du bruit et l’ont forcé à quitter son boxe de consultation », a déclaré Anus D’Haïti, l’archiviste de la clinique externe et consultation générale. 

Un fait que reconnaît Duvergé Archange Convington, résident II, affirmant par contre qu’ils ont demandé gentiment au Dr Morisset, qu’ils présentent comme leur professeur, de partir. L’hôpital, d’après ses affirmations, « ne peut pas fonctionner sans nous les résidents, car c’est nous qui sommes en permanence au chevet des malades en l’absence des médecins de service et cela a toujours été ainsi ». Il met en garde les responsables qu’il n’y aura pas de réouverture sans les médecins-résidents qui conditionnent l’arrêt de la grève à la satisfaction de leurs revendications.

Dans un ultime sursaut s’apparentant à un démarrage forcé, le Dr Maurice Fils-Mainvil veut relancer les activités de la clinique externe et consultation générale au profit des malades. Bien que les intrants promis par le chef de l’État, Jocerlerme Privert, ne soient pas encore disponibles dans les dépôts de l’hôpital, il compte avec les moyens du bord et sous la menace de boycott par les médecins-résidents prodiguer un minimum de soins aux souffrants. « J’ai déjà planifié le roulement des médecins de service. J’ai aussi rassemblé quelques matériels dont je disposais, alors on peut commencer demain », a-t-il confié au journal. 

La relance du plus grand centre hospitalier du pays est un défi de taille pour les autorités sanitaires, car les causes occasionnelles de la crise persistent. Néanmoins, certaines dispositions ont été prise pour rendre effective la réouverture partielle du jeudi 7 juillet. Le directeur Mainvil a fait savoir que des agents des forces de l’ordre seront présents sur les deux sites de l’hôpital pour sécuriser les biens de l’institution et les médecins de service qui seront de garde. « Je viens de rencontrer le commissaire Marc Justin de la Direction départementale de l’Ouest, qui m’a promis son accompagnement, a-t-il confié. Le SMCRS va travailler toute la nuit, pour nous assurer que tout est propre. »  

Entre-temps, les résidents sont intransigeants et ne comptent pas lâcher d’une semelle le gouvernement. Ils tiennent toujours à l'augmentation des frais de l’ordre de 25 à 30 000 gourdes, avoir des intrants et des matériels pour soigner les malades, ainsi qu’un minimum d’assainissement dans leur dortoir et sur les deux sites de l’hôpital. « Nous sommes prêts à travailler, d’abord il faut que les conditions changent », a indiqué Mackendy Jacques, un interne, soulignant au passage que l’État n’a pas augmenté d’un pouce les frais de compensation pour les résidents et internes depuis 26 ans.

Petites avancées considérables

Les 217 employés contractuels, comme annoncé lors de la rencontre du 1er juillet par le président Privert, ont tous reçu leurs chèques. En plus des six mois d’arriérés de salaire, le gouvernent leur a payé le mois de juillet qui commence à peine. Bien qu’ils ne fussent pas en grève, ils réaffirment leur volonté à travailler si l’hôpital reprend son cours normal.

Ricardo Lambert source le nouvelliste

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