La hausse du dollar à l’origine de la chute de prix de certains loyers

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Immobilier Haiti

La hausse du taux du dollar ces dernières semaines est loin de faire l’affaire de certains propriétaires. Si l’augmentation du taux du billet vert a conduit automatiquement à une hausse des prix des produits ou des services, pour le secteur de l’immobilier, c’est l’effet inverse. En effet, des propriétaires, compte tenu de cette hausse vertigineuse, sont obligés de revoir à la baisse le prix de leurs loyers.

Avec un taux dépassant les 90 gourdes pour 1 dollar, des maisons et appartements qui se louaient à 600, 700, 800 dollars américains … ou plus ne trouvent plus d'acquéreurs. Le prix du loyer qui était déjà élevé en Haïti est devenu tout simplement exagéré.  

Brunel Michel, propriétaire d’une résidence à Laboule 18, a raconte qu’il a dû accepter de diminuer le prix de sa location pour trouver un preneur après plus de 6 mois d’attente. « De 600 dollars comme prix de location habituelle j’ai dû me résigner avec 400 dollars ». Même cas de figure du côté de Jeanine Lhérisson. Son appartement à Delmas 31 ne peut plus s’affermer pour 4000 dollars. « Je me contente de 3000 dollars », indique-t-elle.

Considérant l'énome écart entre les deux monnaies, plusieurs propriétaires ont compris que la meilleure solution est de baisser le prix de leurs immeubles s’ils veulent trouver des locataires. « Les gens sont dans l’impossibilité de payer effectivement », concède Brunel  Michel,  poursuivant que vu le nombre de gourdes qu’il faut pour arriver à 3000 ou 4000  dollars il est nettement évident que  les citoyens ne peuvent pas investir   de tels montants dans leurs loyers.

Depuis septembre 2018, le dollar a franchi la barre des 70 gourdes pour s’afficher 94 gourdes depuis ces derniers jours, soit un pourcentage de 72 % en moins d’un an. Le président Jovenel Moïse a vu, à seulement deux ans de son mandat, le billet de l’Oncle Sam passer de 68 gourdes pour s’approcher des 95 gourdes. Un appartement qui affichait 3000 dollars l’an avant l’arrivée de Jovenel au pouvoir équivalait à 204,000 gourdes. Pour ce même montant, il faut présentement 282 000 gourdes. Un prix qui est fort payé surtout dans un pays où l’économie est au plus mal.

Le prix du loyer est fixé par le propriétaire sans aucune intervention de l’État. Dans ce pays confronté à la crise immobilière, trouver un endroit décent et confortable pour habiter coûte les yeux de la tête. L’arrivée de la Minustah a beaucoup fait grimper les prix.  Le locataire s’est vu depuis cette époque soumettre aux caprices des propriétaires. Toutefois, cette baisse de prix de location n’est pas sans conséquence sur ces bailleurs dont la plupart vivent de leurs rentes et ont des obligations à l’étranger. Beaucoup dépendent de ces loyers pour payer la scolarité de leurs enfants aux USA, au Canada ou  en Europe ainsi que  leurs prêts immobiliers.

Martine Isaac Source Le Nouvelliste

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