La Conférence des évêques appellent les acteurs à faire de « coûteuses concessions »

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Le pays s’installe depuis trois mois dans une crise politique aux conséquences désastreuses notamment pour les couches les plus vulnérables. Le président de la République et les acteurs politiques de l’opposition campent sur leur position. Pour l’heure, il n’y a aucun canal de dialogue entre eux. La Conférence des évêques de l’Eglise catholique les appelle à faire de « couteuses concessions » pour le bien commun…

« En ces moments où la barque nationale est en péril, il est urgent d’en arriver à une solution historique. Elle doit être effectuée au prix de coûteuses concessions de part et d’autre pour le plus grand bien de ce peuple et de ce pays que nous aimons tous », ont écrit les évêques dans une prise de position ce week-end. « … nous sommes à un tournant historique de notre évolution comme peuple et nation pour changer notre régime et notre système. Vous, les tenants du pouvoir actuel, face à votre fonction et votre mandat, pour parvenir à cette solution salutaire, quelles concessions comptez-vous faire ? Nous tenons à vous rappeler, à la suite de Saint Augustin, que ‘’cela ne suffit pas d’acquérir un mandat, il faut le mériter’’ », a exhorté la CEH.

Aux membres de l’opposition politique, les évêques catholiques les enjoignent eux-aussi à faire des concessions. «  Et vous, membres de l’opposition, pour mériter d’être comptés comme acteurs de cette grande solution historique, quelles concessions allez-vous faire dans votre approche et votre stratégie ? L’histoire vous le revaudra. ‘’La politique, dit Léon Gambetta, est l’art du possible’’. Rien n’est trop coûteux pour un vrai patriote, lorsqu’il s’agit d’une décision d’envergure pour le bien supérieur de la patrie », ont affirmé les évêques.

En outre, la Conférence des évêques a dit compatir « à la douleur et aux souffrances des victimes de toutes sortes des derniers événements, particulièrement les familles endeuillées, les personnes hospitalisées, les gens qui ont perdu leurs biens ou sont contraints d’abandonner leur demeure. Nous vous exprimons notre admiration pour votre foi, votre courage, votre résilience et votre détermination invincibles dans votre lutte patriotique et votre combat citoyen en vue d’un changement véritable au sein de la société haïtienne. »

Les évêques souhaitent que ce changement permet de libérer le pays des maux comme

le chômage, la misère, l’insécurité, l’exclusion, l’impunité, la délinquance morale, la manipulation,

la corruption, la répression et la violence.

« Nous savons que ce n’est pas la volonté de Dieu. Le système voulu par Dieu et que nous désirons est celui qui tient compte du Bien Commun, du bien-être de tous les citoyens en leur offrant d’égales opportunités pour qu’ils se réalisent comme personne humaine faite de dignité. Ce système est aussi attentif aux souffrances des plus vulnérables et des petits en promouvant leur développement intégral, et met en place des mécanismes qui favorisent une répartition juste des richesses », ont écrit les prélats de l’Eglise catholique.

Selon eux, « il est inadmissible que quelques-uns se vautrent dans une opulence arrogante et scandaleuse et que l’immense majorité croupisse dans une misère honteuse et révoltante. »

A ceux qui gagnent régulièrement les rues pour exprimer leurs frustrations et leur désespoir, la Conférence des évêques leur fait savoir que leurs cris, leur clameur et leur colère « traduisent une aspiration à un changement en profondeur qui n’est pas simplement ponctuel et conjoncturel, mais structurel et systémique. Les revendications que vous voulez faire passer sont justes et légitimes. Nous sommes à vos côtés pour que se produise l’avènement de ce jour nouveau pour notre chère Haïti. »

Cependant, les évêques dénoncent les actes de violence enregistrés dans les mouvements de protestation. «…les moyens par lesquels vous traduisez vos revendications, s’ils ne respectent pas la vie qui est sacrée et les biens d’autrui qui sont un droit inaliénable, sont inacceptables et

ne vont jamais contribuer à l’émergence de la nouvelle Haïti que nous désirons. Nous vous exhortons fermement à y renoncer », ont-ils avancé.

Enfin, dans ce message à l’occasion de la Noel, la Conférence des évêques haïtiens exhorte  les membres des trois pouvoirs de l’Etat à s’adonner à « une autoévaluation sans complaisance de leur mode de gouvernance afin de se réorienter. Nous faisons également un appel pressant aux

opposants du régime en place. Qu’ils se conduisent en stratèges conséquents et avisés sachant discerner les approches et les mesures qui conviennent en vue d’une solution profitable à tous », concluent les évêques.

Robenson Geffrard source LE NOUVELLISTE

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