La BNC aide ses clients à préparer leur retraite

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La Banque nationale de crédit (BNC) offre à ses clients et au grand public deux produits de préparation à la retraite. L’une pour les particuliers et l’autre pour les entreprises. Le Plan d’épargne-retraite particulier (PERP) est un contrat entre la BNC et un de ses clients qui permet à ce dernier de disposer d’un fonds de pension significatif au moment de partir à la retraite. Il offre à son détenteur la possibilité d’effectuer des versements sur son compte tout au long de sa vie active. Il s’agit donc d’un dépôt sur le long terme. La BNC peut investir cet argent dans des projets rentables afin de garantir un rendement attrayant aux clients quand ces derniers seront à la retraite.

Deux types de PERP sont offerts aux clients : le fixe et le libre ou variable. Le premier, à cotisations fixes, accorde un montant prédéterminé à l’avance, en gourdes ou en dollars, au moment de la retraite. Le second est à cotisations variables et le montant de la prime n’est pas déterminé à l’avance. Le rendement est déterminé en fonction de l’option retenue par le client et selon les paramètres du marché. Les conditions d’éligibilité sont simples : être âgé de 18 ans ou plus et disposer de pièces d’identification valides. La somme investie dans le PERP est déductible d’impôt.

Comme nous l’avons expliqué dans la chronique de la semaine dernière, pour s’assurer d’un niveau de vie analogue à celui observé durant la période de travail, le travailleur doit viser un revenu de retraite équivalent à 70 % de son revenu de travail. Le PERP peut constituer une composante de ce revenu de retraite. Selon la BNC, ce produit offre un rendement supérieur à celui des autres comptes d’épargne, en plus de faciliter l’accès du détenteur à certains prêts. D’où son importance pour la clientèle.

D’un autre côté, à travers le PERP, la BNC bénéficie d’un portefeuille de dépôt à long terme lui permettant d’investir dans des projets durables rentables. Ce sont donc des produits financiers gagnant-gagnant pour la BNC et sa clientèle.

Pour sa part, l’État haïtien offre des incitatifs fiscaux aux détenteurs de PERP, puisque le montant investi est déductible d’impôt. Son détenteur bénéficie donc d’une réduction d’impôt durant sa période de travail. Il s’apparente au Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) au Canada. Le client paiera l’impôt sur le montant investi dans le REER au moment de partir à la retraite quand le revenu et le taux d’imposition seront, en général, plus faibles.

Les entreprises aussi ont leur rôle à jouer dans la préparation à la retraite de leurs travailleurs. Pour leur faciliter la tâche, la BNC offre un Plan d’épargne-retraite entreprise (PERE). Il s’agit d’un dispositif d’épargne salariale mis en place par une entreprise au profit de son personnel. L’entreprise contribue ainsi à la préparation à la retraite de ses employés au moment de partir à la retraite ou lors de leur départ de l’entreprise.

La BNC considère quatre types de PERE : pour les entreprises à masse salariale inférieure ou supérieure à 5 millions de gourdes et pour celles ayant une masse salariale inférieure ou supérieure à 100 000 dollars américains. Toute entreprise, légalement enregistrée, disposant d’un compte à la BNC, peut ouvrir un compte PERE. Il s’agit d’une bonne politique de fidélisation des employés.

Le PERE est proche du REER collectif au Canada. Au pays de Justin Trudeau, la cotisation au REER est prélevée directement sur le salaire de l’employé qui choisit le type de produits dans lequel il souhaite investir afin d’avoir le contrôle de son portefeuille de placement. Évidemment, le fait par une entreprise d’adhérer à un REER collectif n’empêche pas à son employé d’investir dans un REER personnel. La seule contrainte, c’est qu’il existe au Canada une limite annuelle de cotisation totale de l’ordre de 18 % du revenu de l’année précédente.

Si l’employé quitte l’entreprise avant sa retraite, il conserve le montant accumulé qu’il peut transférer dans un REER personnel ou dans un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) si la personne a déjà atteint l’âge de la retraite.

Au Canada, les adhérents à un REER collectif bénéficient d’un crédit d’impôt instantané, les déductions fiscales étant réalisées à la source. Il revient à l’employeur de s’assurer que ses employés disposent d’informations suffisantes pour faire leur choix de placements. L’employeur n’est pas obligé de cotiser pour ses employés, mais beaucoup d’entreprises le font en décidant du pourcentage de cotisation, de concert avec les employés. Assez souvent, l’entreprise contribue pour un montant égal à celui versé par l’employé.

La BNC a fait un premier pas en offrant un produit de préparation à la retraite en Haïti. Les autres banques commerciales devraient emboîter le pas pour donner une plus grande ampleur au processus de préparation à la retraite. Mais l’État haïtien doit aussi penser à une politique publique de préparation à la retraite cohérente qui permet aux travailleurs de maintenir un niveau de vie confortable au moment de partir à la retraite.

Aujourd’hui, des anciens hauts fonctionnaires publics et des cadres supérieurs du secteur privé font face à la pauvreté à la retraite. Cela témoigne d’une grande faiblesse dans le système de planification de la retraite en Haïti. D’une part, les revenus de retraités sont généralement faibles. De l’autre, les besoins à la période de retraite sont criants et ne sont pas nécessairement financés ou subventionnés par l’État haïtien.

Les travailleurs âgés rechignent donc à aller à la retraite pour ne pas sombrer brusquement dans la pauvreté. Il suffit de penser au système de santé. On a connu des figures emblématiques de la classe moyenne qui n’arrivent pas à payer les coûts d’un traitement. Le coût des assurances est tellement élevé qu’ils n’arrivent pas à se les procurer.

Le tremblement de terre de 2010 et les autres catastrophes naturelles ont étalé au grand jour la grande vulnérabilité de la classe moyenne en Haïti. Les maisons bâties à partir de prêts bancaires se sont effondrées en quelques minutes sans pour autant annuler l’hypothèque. Or, l’immeuble constitue très souvent le principal actif des retraités. Il permet de se passer d’un loyer annuel exorbitant. Le retraité qui arrive à se loger convenablement en Haïti écarte déjà un lourd fardeau. Il n’a qu’à faire face au risque de maladie grave.

Ces risques poussent également les travailleurs, des secteurs privé et public, à travailler jusqu’à un âge très avancé. On ne peut non plus les pousser manu militari à la retraite tant que le pays n’arrive pas à concevoir une politique viable en la matière. Sinon, la retraite prendra l’allure d’une autoroute vers la pauvreté. Sauf si les travailleurs peuvent compter sur leurs progénitures.

Pour beaucoup de personnes âgées, les enfants demeurent les principales garanties de retraite. Bien entendu, sous l’hypothèse que les moyens financiers des enfants le leur permettent. Comme il est dit chez nous : « Pitit se byen malere. Bourik travay pou do l poze.» Mais les enfants n’y arrivent pas toujours.

Source Le Nouvelliste

Author
Détenteur d’un doctorat en sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM) en rédigeant une thèse sur l’épargne et la littératie financière des ménages au Canada, Thomas Lalime est spécialisé en microéconomie, économie du développement, évaluation de projets et en micro-économétrie. Il a...

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