Jovenel Moïse n’entend pas démissionner, il propose un gouvernement d’union nationale

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Jovenel Moise

Le président Jovenel Moïse, en butte à une contestation populaire de grande envergure, a accordé une interview à deux journalistes de radio-télé Métropole. Au cours de cette entrevue, enregistrée samedi dernier et diffusée ce lundi, le locataire du Palais national a dit avoir écouté les appels à la démission formulés par divers secteurs de la vie nationale.

Toutefois, il a encore écarté toute forme de démission en s’accrochant à des réformes qu’il dit vouloir initier. « On ne peut attendre des résultats différents en répétant les mêmes formules. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cette crise que le pays connaît actuellement nous donne la possibilité de faire les choses autrement. Nous ne devons pas résoudre les crises dans la stratégie « ôte-toi que je m’y mette ». Le dialogue est le seul moyen pouvant permettre de placer le pays sur la voie de la stabilité. Le dialogue nous permettra de trouver un accord politique. Et de cet accord, on aura un gouvernement d’union nationale. Ce gouvernement aura une feuille de route qui nous permettra d'entrer dans une dernière transition », a-t-il soutenu. 

Plus loin, Jovenel Moïse propose « de convertir cette crise en opportunité ». « On ne peut pas faire la politique de l’autruche dans cette conjoncture. On peut convertir cette crise en opportunité. Cela dépend de la bonne foi des acteurs. Le gouvernement d’union nationale que nous évoquons ne peut pas se faire sans un accord politique. Ce gouvernement aura pour mission une révision constitutionnelle, des réformes dans le secteur du crédit, etc. On est en train de travailler sur des propositions d’accord. Il y a plusieurs propositions de sortie de crise formulées par l’opposition. Nous devons discuter au sujet de toutes ces propositions et dire ce que nous voulons pour le futur du pays », estime le président de la République.

À une question directe lui demandant s’il est prêt à mettre son mandat sur la table des négociations, Jovenel Moïse répond ainsi : « Cette question revient à chaque fois. Êtes-vous sûr que je peux être un président qui s’accroche à un mandat présidentiel ? Je suis venu faire des réformes dans le pays. Quand un président s’attaque à des intérêts, peut-on dire qu’il s’accroche à un mandat ? Je m’accroche à des réformes. Je veux un autre pays dans les 25 prochaines années », avance-t-il. 

Le chef de l'État, qui s’est dit « ami du peuple », a été interrogé sur la détérioration des conditions de vie de la population, de la paralysie des activités scolaires, entre autres. « Comme président, j’assume la misère du peuple, ses privations et frustrations : j’assume aussi le fait que les réformes doivent débuter aujourd’hui. Et c’est ce que je suis en train de faire », répond-il.

Jovenel Moïse, pour une énième fois, est resté évasif sur une question directe concernant la réouverture des classes. « L’école représente le futur de la nation. Même en temps de guerre, on laisse la possibilité aux enfants d’aller à l’école. Mais on est en train de subir une guérilla urbaine en Haïti. L’État au plus haut niveau prend des dispositions pour contrecarrer cette guérilla urbaine. Dans la rue il y a ceux qui manifestent contre les problèmes réels. Nous entendons leur cri. Mais je veux souligner que la prolifération des groupes armés dans le pays est insoutenable. Au niveau de la police, on est en train de travailler pour contenir ces groupes armés. Ce, afin que la sérénité revenienne dans le pays pour permettre aux écoles de rouvrir leurs portes », a-t-il fait savoir. Le président a néanmoins précisé qu’il y a beaucoup de départements où les écoles fonctionnent. « Même dans le département de l’Ouest, il y a des communes où les élèves vont à l’école », fait-il remarquer.

Accusé d’avoir ordonné d'annuler les franchises douanières de l’église catholique après une marché organisée par des responsables de l’église mardi dernier, Jovenel a tout rejeté en bloc. « J’ai fait mes études primaires dans une école catholique. Je suis un homme d’église. J’ai des relations cordiales avec des haut placés de l’église catholique. Côté institutionnel, Haïti est lié à l’Etat du Vatican. C’est le premier état qui a reconnu notre indépendance en 1860. Nous avons une reconnaissance historique envers le Vatican. Je n’ai pas demandé d’annuler les franchises de l’église catholique. Celle-ci a un statut particulier. Elle n’est pas concernée par la résolution prise en conseil des ministres », a-t-il précisé.

Jean Daniel Sénat source le nouvelliste

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