« Jovenel Moïse doit mettre de l’ordre dans sa majorité au Sénat », exhorte Carl Murat Cantave

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Carl Murat Cantave President du Senat et le President de le Republique Jovenel Moise

Près d’un mois depuis la nomination de Fritz William Michel comme Premier ministre. Environ cinq mois depuis que le pays est sans gouvernement légitime ni budget avec une équipe démissionnaire qui liquide les affaires courantes. Le président du Sénat, qui souligne que le grand Corps doit attendre la fin du processus à la Chambre des députés avant de statuer sur la formation du gouvernement, a appelé le chef de l’État à mettre de l’ordre dans sa majorité s’il veut voir son Premier ministre passer l’étape au Sénat de la République.

Visiblement, il n’y a aucune urgence pour les parlementaires de doter le pays d’un gouvernement et d’un budget.  La Chambre des députés traîne ce dossier depuis bientôt un mois. « La Chambre des députés étant déjà engagé dans le dossier du Premier ministre, le Sénat ne peut pas les désengager », a indiqué vendredi au journal le président du Sénat. Une façon pour Carl Murat Cantave de faire savoir que tant que l’assemblée des députés ne se prononce pas sur le dossier de Fritz William Michel, le Sénat ne peut pas l’inviter à faire l’exposé de sa politique générale.

Toutefois, le sénateur Cantave a annoncé que la commission spéciale devant analyser les pièces du Premier ministre nommé et ceux des membres du gouvernement sera formée mardi prochain. Le président du grand Corps estime que 48 heures après la formation de la commission, le Sénat sera en mesure de recevoir le Premier ministre nommé pour l’énoncé de sa politique générale.

En revanche, il estime que le chef de l’État devrait mettre de l’ordre dans sa majorité au Sénat s’il veut voir Fritz William Michel franchir l’étape du grand corps. Selon lui, Jovenel Moïse devrait rencontrer, discuter et négocier  avec les 12 membres du GSEP, les 5 membres du GPRD et quelques alliés. « Il y a des frustrations parmi beaucoup de groupes de sénateurs, c’est au président d’intervenir pour résoudre ce problème », a avancé Carl Murat Cantave joint au téléphone vendredi par Le Nouvelliste.

Par ailleurs, le président du Sénat a reconnu qu’il n’a aucun contrôle sur le groupe des quatre sénateurs qui, à trois reprises, avait fait avorter la séance de présentation de la politique générale de Jean-Michel Lapin. « S’il n’y a pas des points de droit comme ils l’avaient souligné pour huit ministres du gouvernement de Céant reconduits dans celui de Lapin, je ne vois pas pourquoi ils interviendraient… », a préconisé le sénateur Cantave.

Le sénateur Évalière Beauplan, membre du groupe des quatre sénateurs de l’opposition, estime qu’il est encore trop tôt pour dire quel comportement ils vont adopter face à Fritz William Michel et son gouvernement. Toutefois, pour le parlementaire qui s’est entretenu vendredi avec Le Nouvelliste, l’opposition au Sénat se dressera contre toute action qui n’est pas en faveur de la population. « Après le rapport de la Cour des comptes, Jovenel Moïse n’était même pas habilité à choisir un Premier ministre. Comment va-t-on avoir le procès PetroCaribe quand c’est lui qui a fait choix du ministre de la Justice ? Ce gouvernement, à mon avis, est très mal venu…», a tancé le parlementaire.

Après avoir mis en continuation pendant deux fois la séance sur la mise en accusation du chef de l’État pour « violation de la Constitution », la Chambre des députés va tenter autre chose : une seule séance pour réaliser à la fois la mise en accusation du président de la République et la présentation de la politique générale du Premier ministre Michel.

« Nous autres députés accusateurs, on attend la poursuite de la séance sur la mise en accusation du président, a affirmé le député Abel Descolines. Nous avons espéré qu’avant la fin de cette semaine, le bureau reprendrait la séance, mais le président de la Chambre n’avait pas jugé opportun de le faire.  Il a annoncé une conférence des présidents pour ce lundi afin de débattre de la continuité de la séance, mais aussi de l’éventualité de concilier à la fois mise en accusation et la question  du gouvernement », a rapporté au Nouvelliste le parlementaire.

Abel Descolines a avoué qu’il n’a pas bien compris ce que le bureau de la Chambre des députés entend par «concilier la séance sur la mise en accusation et le dossier de la présentation de politique générale du Premier ministre Fritz William Michel.» Toutefois, il a fait savoir que l’opposition à la Chambre basse reste ouverte au dialogue. Il dit en revanche attendre du bureau les pièces réclamées pour le bloc de l’opposition pour avancer avec le dossier de mise en accusation du président de la République.

Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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