Jovenel Moïse, deux ans au pouvoir, plus de 14 commissions créées…

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Le President Jovenel Moise

Une commission par problème. C’est la stratégie que semble appliquer le président de la République depuis qu’il est arrivé au pouvoir le 7 février 2017. À cette date, Jovenel Moïse a déjà créé pas moins de 14 commissions pour autant de problèmes non résolus. Son premier ministre Jean-Henry Céant a aussi son petit lot de commissions et de tentatives d'en créer.

« Nèg komisyon an !»  Ce nom remplacerait parfaitement bien celui de « Nèg bannann nan ». Rien que pour le début de cette année, le président de la République a déjà créé deux commissions présidentielles. La dernière en date, c’est la réactivation de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR). À travers cette structure, Jovenel Moïse dit entendre instaurer la paix et la stabilité qui, selon lui, constituent des facteurs importants pour la cohésion sociale et la croissance économique. Il a confié cette tâche à neuf personnalités : Edwin Florexil, Innocent Joseph, Roodiny Jean-Baptiste, Abler Roudy Lalane, Jean Chenet Lucien, Greatz Marie Lydie Sironel Charles, Jean Rebel Dorcéna, Jude Jean Pierre et Frantz Toyo.

Mais avant, le chef de l’Etat, toujours cette année, avait créé le Comité de facilitation du dialogue national interhaïtien. Une structure composée de 7 membres, dont deux ont fait défection, qui doit favoriser le dialogue entre tous les acteurs politiques et permettre de trouver une solution à la crise qui secoue le pays depuis des mois.

Moins d’un an avant, soit en 2018, Jovenel Moïse avait déjà formé les États généraux sectoriels de la nation. Réduire les conflits politiques, assurer la participation de toutes les couches de la population aux processus décisionnels, permettre un dialogue entre toutes les couches de la société… pour arriver au final à l’adoption d’un « Pacte pour la stabilité et le progrès économique et social du pays », telle a été la mission des États généraux sectoriels.

Alors que, depuis décembre 2018, le secrétariat technique des États généraux sectoriels avait soumis son rapport de synthèse au président de la République, ce dernier n’a daigné répondre à cette structure qui a coûté plus de 47 millions de gourdes au Trésor public. 

Toujours en 2018, à la suite de l’attaque armée des soldats dominicains ayant fait six blessés  dans les rangs des Haïtiens à la frontière de Belladère, une commission formée de plusieurs ministres avait été constituée pour faire la lumière sur ce dossier.

Cet incident s’était produit quand les autorités de la douane dominicaine ont voulu faire payer des droits de douane à des transporteurs dominicains en direction de Belladère. Des chauffeurs haïtiens s'y seraient opposés. Résultat : échange de tirs entre des civils haïtiens et des soldats dominicains qui ont fait six victimes dans les rangs haïtiens. Le président Jovenel Moïse avait dénoncé une violation du territoire haïtien par les Dominicains. L’ambassadeur dominicain accrédité à Port-au-Prince avait été convoqué par le chancelier haïtien. Depuis, rien n’a été fait.

Une autre commission interministérielle avait été formée en février 2018 à la suite de l’incendie du marché en fer. Des enveloppes contenant 20 000 gourdes et des kits alimentaires ont été distribuées aux victimes et le chef de l’État avait promis aux commerçants que la commission allait donner suite à leurs revendications.

Par ailleurs, en 2017, alors qu’il avait à peine six mois au pouvoir, Jovenel Moïse avait déjà créé huit commissions.

À cette époque, c’était d’abord le décès en série dans les prisons du pays qui avait interpellé le président de la République et ouvert du coup la série de création des commissions présidentielles. Élucider les causes d’une soudaine surmortalité dans les prisons et y proposer des solutions, tel a été le mandat de la commission d’enquête présidentielle sur la condition carcérale formée par Jovenel Moïse en février 2017. Cette structure de neuf membres, qui a déjà soumis son rapport au chef de l’État, était composée de Clamé-Ocnam Daméus, président ; Mona Jean, vice-président ; Kettely Julien, Barthélémy Jean-Noël, Jean Lario Pierre, Micosky Pompilus, Francène Moreau, Renan Hédouville et Jacob Sinvil, membres.

Ensuite, c’est pour la reconstruction du Palais national que le président de la République a créé une commission.

Au Palais national, le mercredi 19 avril 2017, en présence des représentants des trois pouvoirs de l’État, de deux anciens chefs d’État (Boniface Alexandre et Prosper Avril) et d’un ex-Premier ministre (Michèle D. Pierre-Louis), des banquiers, des maires de l’aire métropolitaine et des personnalités de la société civile, le chef de l’État mettait officiellement au travail cette commission composée de Clément Bélizaire (coordonnateur), Patrick Durandisse, Patrick Delatour, Daniel Élie, Sabine Malbranche, Georges Michel et Yvan Pinchinat (membres).

Toujours dans le même registre de création de commissions présidentielles, le président de la République a nommé et installé, le mercredi 7 juin 2017, au Palais national, la Commission nationale de modernisation des transports en commun, composée de 17 membres, en application du protocole d’accord signé le 13 mai dernier entre le gouvernement et les syndicats des transports en commun sur l’augmentation des prix des produits pétroliers.

Pour résoudre le problème des grèves dans les hôpitaux du pays, c’est encore une commission que le chef de l’État avait créée. Le lundi 24 juillet 2017, le président de la République, Jovenel Moïse, a installé au Palais national la commission nationale de réforme du système de santé et des services hospitaliers. Cette commission était composée de 11 membres, dont des représentants des secteurs associatif, privé et public, des syndicats, des commissions Santé du Sénat et de la Chambre des députés.

Après six semaines de grève des syndicats de l’OAVCT, qui exigeaient la révocation du directeur général de cette entreprise publique, le président Moïse avait installé, le 29 juillet 2017, une commission technique de restructuration de l’Office d’assurance véhicules contre tiers.

Un mois après, le locataire du palais national a créé et installé la commission Innovation et Insertion socioprofessionnelle des jeunes.

Jovenel Moïse a aussi créé un Conseil national de coordination des médias d’État et de service public avec pour mission de revaloriser et de refaire l’image de ces médias qui sont le journal L’Union, la Radio et la Télévision nationale d’Haïti, financés par le Trésor public.

Il y avait aussi la commission de restructuration et de renforcement du Centre national des équipements (CNE).

Le président Moïse avait même formé deux commissions pour calmer les partisans du PHTK, son parti au pouvoir. Les militants de Tèt kale exigeaient leur intégration au sein de l’administration publique.

On n’a pas pris en compte, ici, la création de la Caravane du changement. Une structure présidentielle paraministérielle à travers laquelle Jovenel Moïse entendait concrétiser la plupart de ses promesses de campagne, notamment la relance de la production agricole. Cependant, pour plus d’un, l’urgence économique déclarée cette année par le président de la République et la décision de subventionner l'achat de riz étranger consacrent l’échec de la Caravane du changement.

Robenson Geffrard source Le Nouvelliste

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