Jean-Henry Céant, une page tournée

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Destitué par la Chambre des députés, Jean-Henry Céant a dû attendre la nomination de Michel Lapin comme Premier ministre par intérim pour annoncer sa démission. Pourtant 24heures auparavant, il avait saisi la justice pour contester le vote de la Chambre basse. Sa plainte tient-elle encore ?

Quelle que soit la réponse, l’histoire retiendra que l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant à quitté la Primature dos à dos avec le président Jovenel Moïse. L’histoire retiendra aussi que la séance d’interpellation annoncée au Sénat après celle de la Chambre des députés n’aura jamais eu lieu.

Que retiendra l’histoire du bilan du successeur de Jack Guy Lafontant ? Pas grand-chose, répondront les mauvaises langues. On se souviendra de deux ou trois visites du notaire à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif dans le cadre du dossier PetroCaribe, de son dialogue raté et de la visite de certaines institutions publiques, dont des ministères et la prison civile de l’Arcahaie. Il y avait aussi des promesses, celles d’organiser le procès PetroCaribe et de faire baisser le prix du riz importé sur le marché local. Les députés n’ont donné aucune chance au notaire pour concrétiser ses promesses.

Jean-Henry Céant, ancien compétiteur du président Jovenel Moïse à la dernière présidentielle, était arrivé à la Primature à la surprise générale. Il est parti dans l’indifférence totale le jour marquant le 6e mois de sa prise de fonction. Vu l’empressement avec lequel la séance d’interpellation de l’ancien Premier ministre a été organisée à la Chambre basse ; vu le nombre imposant de députés qui ont approuvé la motion de censure ; vu la rapidité avec laquelle la Chambre des députés et le pouvoir exécutif ont entériné la destitution de Jean-Henry Céant, on peut déduire que le successeur de Jack Guy Lafontant embarrassait le pouvoir.

Si Jean-Henry ne laisse pas un bilan impressionnant derrière lui, il a cependant marqué son passage à la Primature. Il est le seul Premier ministre à être interpellé en même temps par les deux chambres. Une innovation de nos démocrates. Jean-Henry Céant restera dans l’histoire comme un Premier ministre qui se considérait encore en fonction alors qu’il a été destitué par les députés.

Si le bilan de Jean-Henry Céant est maigre, ce n’est pas pourtant l’envie de faire qui lui manquait. Il affirmait sa volonté de faire la lumière sur le dossier PetroCaribe, de demander des audits sur des organismes autonomes de l’État, dont l’ONA, l’APN, l’OFATMA …, de combattre la contrebande et le gaspillage des ressources publiques dans l’achat, la location de véhicules. Pour Céant, ce sont ces projets qui l'ont fait passer pour la bête noire des alliés du président.

Jean-Henry Céant avait pris fonction dans un contexte difficile marqué par des protestations contre la dilapidation du fonds PetroCaribe, la rareté des produits pétroliers sur le marché, un regain d'activités des gangs armés dans divers quartiers de la capitale et des villes de province et la flambée des prix des produits de première nécessité… On ne sait pas ce que le Premier ministre destitué a réussi à changer. Est-il exagéré de dire qu’il a laissé un pays dans l’incertitude ?

Jean Phares Jerome source le nouvelliste

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