Jean Baden Dubois prône un changement de cap économique

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Jean Baden Dubois

La balance commerciale demeure négative. 5,6 milliards d’importations pour les biens et services. Les seules importations de biens atteignent les 4,5 millions de dollars pour l’année 2018. Par contre, les exportations de biens et services n’atteignent que 1,6 milliard de dollars américains. Dans les grandes composantes de la croissance du PIB, le commerce occupe une part de 28%, avec une augmentation. Le secteur des Bâtiments et travaux publics (BTP) a enregistré une augmentation de 2,1% pour se chiffrer à 10 % du total, selon des chiffres fournis par le gouverneur de la BRH, Jean baden Dubois qui dénonce le rôle assigné à la production locale des biens et services.

La balance commerciale demeure négative. 5,6 milliards d’importations pour les biens et services. Les seules importations de biens atteignent les 4,5 millions de dollars pour l’année 2018. En revanche, les exportations de biens et services n’atteignent que 1,6 milliard de dollars américains. Dans les grandes composantes de la croissance du PIB, le commerce occupe une part de 28%, avec une augmentation. Le secteur des Bâtiments et travaux publics (BTP) a enregistré une augmentation de 2,1% pour se chiffrer à 10 % du total, selon des chiffres fournis par le gouverneur de la BRH, Jean baden Dubois qui dénonce le rôle assigné à la production locale des biens et services.

La politique économique telle que nous la pratiquons en Haïti jusqu’ici mérite un coup d’arrêt selon le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH). Jean Baden Dubois déclare haut et fort qu’ « il est temps de changer de cap. Et selon lui, c’est fondamental, on ne saurait résoudre des problèmes structurels avec des outils conjoncturels. Cela ne marche pas, ne marchera jamais, a avancé le patron de la banque centrale haïtienne. En réalité, l’inflation a atteint 14,6 % (base 2004) ou 13,2 % (base 2008). Parallèlement, l’économie n’a cru que 1,5 %. Une croissance dérisoire par rapport au taux de croissance de la population.

Les appréciations du gouverneur de la BRH l’ont porté à affirmer que cette croissance du PIB est négative en tenant compte de l’accroissement de la population du pays. En réalité, dit-il, la croissance de l’économie a été boostée par le secteur agricole, de l’ordre de 20 %, soit une augmentation de 1% comparée à 2017. L’autre grande composante de la croissance totale est le commerce, 28%, avec une augmentation aussi de 1%. Le secteur des Bâtiments et travaux publics (BTP) a enregistré une augmentation de 2,1% pour se chiffrer à 10 % du total, selon des chiffres fournis par le gouverneur de la BRH.

Jean Baden Dubois qui répondait, le mercredi 2 janvier 2018, aux questions de l’économiste Kesner Pharel, à la 24e édition de l’interview Lesly Delatour, sur les ondes de Radio Métropole, est certes persuadé qu’il faut tenir compte du conjoncturel. Mais, il demeure convaincu qu’un changement de Cap est la condition sine qua non pour faire sortir le pays du marasme. « Il faut enfin prendre la décision de se concentrer sur la production pour attirer des investissements, faire entrer des flux de dollars dans l’économie », a prôné le gouverneur de la banque centrale qui a pointé du doigt les mauvais choix de politique économique des dirigeants de l’administration publique haïtienne au cours des trois dernières décennies.

« En considérant les 30 dernières années, nous avons désarticulé l’économie de manière structurelle. Depuis mon premier discours d’installation à la tête de la BRH, je l’avais bien dit », a déclaré le patron de la banque des banques. « Nous nous sommes mis dans cette situation systématiquement déséquilibrée. Les différentes administrations et gouvernements qui se sont succédé dans le pays ont fait des choix qui ont donné ces résultats néfastes. »

Et l’un des choix les plus nocifs des dirigeants locaux selon le gouverneur Jean Baden Dubois concerne la libéralisation à outrance du marché au détriment de la production locale. « Depuis le choix de libéraliser le marché sans prendre la précaution de protéger les producteurs locaux, nous avons aussi choisi de financer la consommation des Haïtiens à partir de l’importation. Et j’insiste, nous l’avons fait de manière systématique. » Pour couronner le tout, rappelle-t-il, nous avons connu plusieurs chocs socio-économiques. « Pa gen sekrè nan fè kola », a repris Jean Baden Dubois comme pour expliquer en langue haïtienne que la formule pour résoudre la crise est déjà connue.

Jean Baden Dubois a estimé qu’en voulant financer la consommation locale à partir de l’importation plutôt qu’à partir de la production on s’est foutu dans le pétrin. « Aucune administration, aucun gouvernement n’a pu créer suffisamment d’emplois pour contenir le chômage. Après chaque quinquennat du président de la république, la population augmente d’un million de personnes », a-t-il précisé. Il faut nourrir ces personnes, les éduquer. Donc mettre en place des infrastructures. Après, 10, 15, 20, 30 ans, chaque administration se retrouve face à une situation de plus en plus complexe. Et le pays, regrette-t-il, ne peut plus continuer à reproduire le même schéma maintes fois dénoncé.

Le patron de la banque des banques s’est également fait pédagogue pour expliquer que la BRH agit sur l’offre de monnaie pour atteindre ses objectifs et bien remplir sa mission qui consiste à :

- défendre la valeur interne et externe de la monnaie nationale;

- assurer l’efficacité, le développement et l’intégrité du système de paiements;

- assurer la stabilité du système financier;

- agir comme banquier, caissier et agent fiscal de l’État.

En général, le ministre de l’Economie et des Finances s’occupe de la politique fiscale et la BRH de la politique monétaire du pays. Mais, tout le monde ne comprend pas forcément l’essence de la politique monétaire. Elle est l’opération entreprise par l’autorité monétaire (dans le cas d’Haïti, c’est la BRH) pour agir sur l’offre de monnaie dans l’économie. La BRH agit sur l’offre de la gourde de façon à atteindre une stabilité au niveau des taux d’intérêt, des taux de change et la stabilité des prix (l’inflation).

Les chiffres de la balance commerciale sont structurellement négatifs, soit 5,6 milliards d’importations pour les biens et services. Les seules importation de biens atteignent les 4,5 millions de dollars pour l’année 2018. Par contre, les exportations de biens et services n’atteignent que 1,6 milliard de dollars américains.

Accorde-t-on une priorité à l’agriculture qui a tant contribué à la croissance ?

Répondant à cette question, Jean Baden Dubois estime que « le gouvernement en mettant l’accent sur l’agriculture est sur la bonne voie. C’est ce qui devrait être fait depuis 20 ans ». Mais, aux yeux du patron de la BRH, avec moins de ressources, plus de citoyens à nourrir et des exportations exacerbées, la situation est corsée.

À propos de l’épineuse question du taux de change, de la dégringolade de la gourde, M. Dubois explique qu’Haïti est une économie de marché, on ne peut pas décider du jour au lendemain de manière autoritaire de fixer le taux de change gourdes/dollars américains. Ce choix date de 1990. Jean Baden Dubois ne cesse de répéter qu’on ne peut pas résoudre des problèmes trop longtemps structurels avec des solutions conjoncturelles. C’est la raison d’existence, précise-t-il, de l’agenda monétaire pro-croissance de la BRH. 5,6 milliards de dollars d’importation ont servi en 2018 à créer des emplois dans d’autres pays, à faire croître l’économie d’autres pays. « Il faut consentir de consommer localement. Et, cela passe par la production. Il faut bien commencer quelque part. Il faut cesser avec les maquillages. Nous avons utilisé les outils à notre disposition pour tenter de stabiliser le taux de change », a martelé Dubois.

Une étude non encore publiée par la BRH citée par le gouverneur montre qu’il existe une corrélation entre l’appréciation du dollar par rapport à la gourde et les troubles socio-politiques. Cela indépendamment de chocs internes existants comme la perte des 120 % du PIB après le séisme de 2010 ou les dégâts causés par l’ouragan Matthew en octobre 2016. D’autre part, les événements des 5,6 et 7 juillet 2018. Le décrochage de la gourde face au dollar correspond systématiquement aux chocs causés par les événements socio-politiques.

La politique monétaire est extrêmement efficace en situation de stabilité politique, selon Jean Baden Dubois qui conclut sa démarche en expliquant qu’en situation d’instabilité, il est difficile de maintenir des taux de change stables. En considérant, bien entendu, que tous les autres paramètres sont égaux par ailleurs.

Dieudonné Joachim Source Le Nouvelliste

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