Insécurité : partis politiques et organisations de la société civile réagissent

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La recrudescence de l’insécurité et la multiplication des cas d’enlèvement continuent de susciter des réactions. Des partis politiques et des organisations de la société civile, via des notes de presse, dénoncent ce climat et exigent des autorités qu’elles assument leurs responsabilités. Le Mouvement de la Troisième Voie (MTVAyiti) s’est dit vivement préoccupé face à cette dégradation alarmante et accélérée de l’environnement sécuritaire. « La peur et le deuil doivent cesser d’être le pain quotidien des familles haïtiennes », estime le parti dirigé par Réginald Boulos.

Le MTVAyiti dit constater que les instances nationales de sécurité sont inadéquatement équipées en ressources et effectifs pour combattre efficacement et résoudre cette terreur protéiforme. « Cependant, une allocation plus efficiente et des ressources humaines et financières disponibles et une gestion plus citoyenne, plus intègre, plus rationnelle du budget des services de renseignements de l’État permettraient à des institutions comme la PNH de mieux répondre aux besoins pressants et aux demandes  urgentes de sécurité du peuple haïtien », soutient le parti dans la note. 

« Nous jugeons qu’il est à la fois intolérable et inacceptable que le peuple en son entier se retrouve ainsi abandonné à lui-même, dans sa misère féroce et l’insécurité aveugle, livré aux bandits et aux malfrats sans foi ni loi, pendant que d’actuels et d’anciens officiels de l’État s’accaparent près d’un quart (¼) de l’effectif de la PNH pour leur sécurité personnelle et celle de concubines. La République des minorités parasitaires et des clans de privilégiés ne saurait engendrer autre chose que la grande insécurité et la grande misère pour tous », assène le MTV, qui se porte « solidaire de toute initiative citoyenne visant à dénoncer l’insécurité et amener les autorités à se conformer aux obligations qui sont les leurs ». 

« L’heure est aux actions concrètes pouvant permettre de contrer cette déferlante criminelle qui kidnappe par cohortes et tue indiscriminément. Que ceux qui sont en position d’autorité et de commandement assument leurs responsabilités de dirigeants rémunérés par la République pour servir la nation! Sinon, qu’ils démissionnent ! », conclut la note du MTVAyiti. 

Pour sa part, la Plateforme des syndicats d’enseignants haïtiens a déploré les conséquences de l’insécurité sur la communauté éducative. Dans cette note de presse, cette structure a également appelé à la mobilisation. « La Plateforme des Syndicats d’Enseignants Haïtiens dénonce énergiquement et avec un sentiment de colère et de révolte le climat délétère dans lequel les enseignantes et enseignants, les chefs d’établissement, les élèves, les étudiants, les parents et les autres opérateurs du système éducatif haïtien s’efforcent d’assurer désespérément un minimum de droit à l’éducation aux enfants et aux jeunes d’Haïti déjà victimes de toutes sortes d’injustice et de violation de leurs droits de la part de ceux et celles qui devraient se porter garants de la protection de ces droits à tous les enfants du pays. [...] Les assassinats, les enlèvements, les tentatives d’enlèvement et les menaces dont sont victimes les différents acteurs de l’éducation et les simples citoyens, sans recours à aucun secours, constituent une preuve irréfutable de la détermination de nos dirigeants à réduire le peuple haïtien à une situation de parias », dénoncent les enseignants. 

La Plateforme des syndicats d’enseignants haïtiens a établi une liste des acteurs de l’éducation victimes de l’insécurité qu’elle considère planifiée. « La tentative de kidnapping contre les deux filles (6 et 8 ans) du maire de la Croix-des-Bouquets, Rony Colin, à proximité de leur école en date du 21 janvier 2020 ; l’assassinat de l’élève de 13 ans, Siara Salomon, ainsi que son père en sortant de l’école en date du 24 janvier 2020 toujours dans la commune de la Croix-des-Bouquets ; l’assassinat de Serena G. Lindor, 5 ans, à Martissant alors que son père venait de la chercher de l’école ; l’impossibilité de fonctionnement du Centre de Formation des Enseignants du Fondamental (CFEF) à cause de la transformation de la zone de Martissant en un véritable théâtre de banditisme ; la fermeture des écoles de La Saline, du Bicentenaire, de Martissant, de Petite-Rivière de l’Artibonite, de Savien, etc. ; des dizaines de milliers de parents, d’élèves, d’enseignantes et d’enseignants et d’autres opérateurs de l’éducation frôlent quotidiennement la mort sur les routes du pays où la population côtoie constamment des bandits armés et est souvent prise en otage lors des scènes de tirs d’armes automatiques ; plusieurs cas de kidnappings perpétrés contre des parents dans les parages de certaines écoles du pays sont enregistrés », détaille la plateforme.

« La Plateforme lance un appel à la solidarité des organisations progressistes à l’échelle nationale et internationale en faveur de la population haïtienne. Elle invite aussi les parents, les étudiantes et étudiants, les chefs d’établissements scolaires, les dirigeantes et dirigeants d’universités, les élèves et toute la population à la mobilisation générale contre cette forme d’oppression systématiquement planifiée pour nous détruire. Aucun membre de la population ne devrait se croiser les bras pour attendre en silence son tour d’être broyé par cette machine infernale. Personne ne devrait rester dans l’indifférence face à ce danger imminent qui plane sur la tête de chaque être humain qui vit dans l’espace haïtien », conclut la note de la Plateforme des syndicats d’enseignants haïtiens.

Revèy sitwayen, une organisation de la société civile, a elle aussi poussé un « cri d’alarme contre l’insécurité et l’impunité qui règnent en maîtres dans le pays ». « Depuis plusieurs mois nous constatons que les citoyens, livrés à eux-mêmes, font face à l’insécurité grandissante. Nul n’est épargné : hommes, femmes, enfants de tout âge en sont victimes. Les cas de kidnapping contre rançon sont devenus chose courante. Déjà pour les quelques jours du mois de janvier 2020, nombreuses sont les familles touchées par ce phénomène. A cela il faut ajouter les assassinats (crimes et délits contre les personnes), les fusillades, les vols, les agressions... Cette situation est intolérable, d’autant que la majorité de la population ne dispose d’aucune réponse face à cela. Nous constatons également le laxisme, l’inaction et l’indifférence des autorités étatiques qui pourtant ont la responsabilité de garantir la sécurité du pays », peut-on lire dans la note de Revèy Sitwayen. 

L’organisation Revèy Sitwayen appelle la population à se réveiller. « Nous sommes à bout, si nous nous laissons faire, nous allons tous mourir. Vivre avec cet état de stress permanent mine notre santé. Cessons d’être cette majorité silencieuse. Afin que chaque citoyen/ne puisse vaquer librement à ses occupations, demandons vigoureusement aux autorités concernées de prendre les mesures pour mettre fin à cette anarchie. Exigeons le rétablissement de l'autorité de l'Etat, que des mesures concrètes soient adoptées. Citoyens/Citoyennes, réveillez-vous !. Nous devons nous mobiliser pour sortir le pays de l'abîme. Exigeons la fin de l’impunité, que les coupables des actes criminels soient poursuivis et punis conformément à la loi, que les policiers, garants de la protection des vies et des biens, soient équipés pour effectuer leur travail. Cela rassurera la population et ramènera la paix en Haïti ».

Jean Daniel Senat source nouvellliste

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