Inflation : Kesner Pharel met en cause les déficits budgétaires et l’opération « pays lock »

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Kesner Pharel

L’augmentation du taux d’inflation à 17%, un niveau jamais atteint au cours des dix dernières années en Haïti, est la conséquence d’une pression qui existait déjà sur le marché, selon l’économiste Kesner Pharel. Il rappelle que, d’octobre 2017 à décembre 2018, le pays avait fait face à une situation de déficit budgétaire de deux milliards de gourdes en moyenne par mois.

 Ce qui a poussé les autorités haïtiennes à injecter près de 30 milliards de gourdes dans l’économie haïtienne alors que, parallèlement, il n’y avait pas suffisamment de dollars pour assurer l’équilibre. D'où une situation d’inflation monétaire caractérisée par une augmentation du taux de change qui avait atteint la barre de 80 gourdes pour un dollar américain, précise Kesner Pharel mardi sur Magik 9.

Les chiffres publiés par l’IHSI avaient fait état d’une augmentation de 15,5% du taux d’inflation en janvier 2019. Les événements qui ont marqué le pays au cours du mois de février ne sont pas sans conséquence sur l’aggravation du taux d’inflation qui a atteint en février 17%. « Les 17% sont la conséquence du lock down que nous avons subi pendant deux semaines », a-t-il déclaré.  Selon ses explications, la production locale, les biens alimentaires en particulier, ne parvenaient pas dans les principaux centres de consommation, notamment la région métropolitaine. Parce qu’il était difficile de transporter les produits alimentaires vers les centres de consommation, même après le lock down, on a constaté une poussée inflationniste, a-t-il poursuivi.   

La dernière fois que le pays avait connu un niveau d’inflation aussi élevé, c’était en 2008 après les émeutes de la faim. « À chaque fois qu’il y a ces  chocs, ces situations d’instabilité politique, que ce soit en 2004 ou en 2010, on s’est toujours retrouvé face à cette disruption dans l’économie », analyse Kesner Pharel. Évoquant la loi de l’offre et de la demande, l’économiste a fait savoir qu’il n’y a rien de plus normal. « Lorsque l’offre est affectée, la demande ne disparaît pas pour autant; au contraire, elle tant à augmenter, ce qui aura normalement une répercussion sur les prix », a-t-il indiqué.  

Depuis les événements de février, on a constaté une stabilisation au niveau du taux de change. Doit-on s’attendre en conséquence à une diminution du taux d’inflation pour le mois de mars et pour le reste de l’exercice ? Kesner Pharel veut plutôt être réaliste. « Ça va dépendre des mesures que va adopter le gouvernement en vue de réduire ses dépenses pour que moins de pression soit exercée sur la banque centrale », a déclaré Kesner Pharel. Il mise gros aussi sur le décaissement avant la fin de l’exercice fiscal des 45,3 millions de dollars annoncés par le FMI dans le cadre du prêt concessionnel de 229 millions dollars en faveur d’Haïti.

Lors d’un briefing à Washington, la semaine dernière, Gerry Rice, le directeur de la communication au FMI, avait annoncé que l’institution attend la formation d'un nouveau gouvernement et la ratification du budget de l'exercice en cours pour mettre en oeuvre le programme de prêt concessionnel de 229 millions de dollars à 0% sur une période de trois ans octroyé à Haïti.

« Les trente prochains jours seront cruciaux pour le gouvernement », selon Kesner Pharel, précisant que c’est à partir du 24 avril prochain que le board du FMI va décider ou pas du décaissement de ces fonds.  Il a aussi fait remarquer que le décaissement de cette première tranche des 229 millions de dollars sera un test pour le gouvernement qui devra faire preuve de sa capacité de bonne gouvernance pour pouvoir mériter le reste du montant et probablement d’autres prêts beaucoup plus substantiels.      

Danio Darius source Le Nouvelliste

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