« Il serait impossible d’accepter un salaire minimum de moins de 700 gourdes », dixit Fignolé St-Cyr de la Cath

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Le secrétaire général de la Centrale autonome des travailleurs haïtiens (Cath), Fignolé St-Cyr, estime qu’il serait impossible pour les ouvrières et ouvriers d’accepter un salaire minimum de moins de 700 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 68.00 gourdes ; 1 euro = 85.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui).

La position du syndicaliste fait suite à une note en date du 15 juin 2018 du Conseil supérieur des salaires (Css) annonçant le processus d’élaboration du 5e rapport pour la fixation du salaire minimum, conformément aux prescrits de l’article 4 de la loi du 29 septembre 2009.

« Le Conseil supérieur des salaires se réunit trois mois avant la fin de l’exercice fiscal afin de réviser, s’il y a lieu, le salaire minimum, en fonction des indices macroéconomiques », stipule cet article.

Le Css s’est arrogé le droit, à travers sa note, de demander aux syndicats ouvriers de ne pas se mobiliser, critique la Cath.

’’Le Css demeure convaincu qu’un climat de travail est le seul garant des intérêts des employeurs et de ceux des travailleurs. Dans cet ordre d’idées, il invite les protagonistes au calme et à la sérénité’’, lit-on dans la note du Conseil.

Le Css devrait faire un ajustement salarial lorsque l’inflation augmente, comme la loi l’indique, fait remarquer Fignolé St-Cyr.

Déficit de légitimité

Le Css souffre d’un déficit de légitimité parce que les représentants du secteur ouvrier ne font que défendre les intérêts d’un groupuscule au détriment de ceux de toutes les ouvrières et de tous les ouvrières, souligne l’ancien représentant du secteur ouvrier au sein dudit Conseil.

Il s’en prend aux représentants des syndicats qui négocient, dit-il, en coulisse avec l’État et le secteur patronal pour fixer le salaire minimum.

Cette posture ne fait que fragiliser la lutte ouvrière ainsi que la vie de ces travailleurs, eu égard à l’inflation croissante, met-il en garde.

Le taux d’inflation dépasse les 13 % au cours de l’année 2018.

Malgré les nombreuses manifestations des ouvrières et ouvriers, l’année dernière, ils/elles n’ont obtenu qu’une augmentation de 15 gourdes du salaire minimum, avec seulement des promesses d’accompagnements sociaux, regrette St-Cyr.

À la fin du mois de juillet 2017, le salaire minimum journalier a été fixé 350.00 gourdes au lieu des 800.00 réclamées par les syndicats à l’époque.

Des ouvrières et d’ouvriers de la sous-traitance continuent de défiler dans les rues de la capitale Port-au-Prince pour réclamer, de préférence, une augmentation du salaire minimum à 800 gourdes.

La Centrale autonome des travailleurs haïtiens annonce une grève au niveau du parc industriel de Caracol (Nord-Est), le 21 juin 2018.

Cette grève viserait non seulement à exiger la suspension du prélèvement impôts/revenus sur le salaire des ouvriers et ouvrières, mais aussi un transport convenable pour ces derniers.

Les lundi 11 et mardi 12 juin 2018, des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh) ont dispersé à coups de gaz lacrymogène des manifestations ouvrières initiées devant les locaux de la Société nationale des parcs industriels (Sonapi).

Des brutalités policières subies par les protestataires ont contraint les organisateurs à annuler les deux autres journées de mobilisations prévues les mercredi 13 et jeudi 14 juin 2018.

SOURCE ALTER PRESSE

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