Gary Bodeau prône la formation d’un gouvernement de cohabitation comme solution à la crise politique

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Gary Bodeau

Le président de la Chambre des députés Gary Bodeau prône la formation d’un gouvernement de cohabitation comme solution à la crise politique. Sa proposition est-elle déconnectée de la réalité ? Non, objecte-t-il. « Le pays n’est pas géré dans les différents secteurs de la vie nationale, soutient Bodeau. Cependant, au-delà des ambitions politiques, des intérêts de groupes, des intérêts individuels, il faut prioriser les intérêts nationaux. Les luttes pour le pouvoir vont toujours exister, mais il faut le faire dans un cadre institutionnel à travers les élections. Rien n’empêche aux acteurs de rejoindre la table du dialogue. (…) Je continue de croire que Jovenel Moïse fait partie de la solution. Même si cela implique que l’on pourrait écourter son mandat et convoquer des élections générales en 2020 ou en 2021. Mais il faut savoir que c’est quelqu’un qui a été aux élections. Il a un mandat. Par conséquent, ce n’est pas à moi ou à un citoyen quelconque de lui demander de présenter sa démission. »

Plus loin, Bodeau estime que «  ce serait trop facile de contraindre un président à la démission avec des notes de presse ». Nous sommes dans un processus constitutionnel et institutionnel. Les acteurs politiques doivent s’entendre. Nous vivons une crise cumulée, issue d’un ensemble de mauvais choix et d’occasions manquées sur les 30 dernières années. Il y a des mauvais perdants en Haïti qui n’acceptent pas de perdre les élections. C’est un pays de malades. Depuis le jour de l’élection de Jovenel Moïse, il y avait certains qui réclamaient son départ. Leur discours n’a pa changé. Cependant, il est renforcé par des revendications populaires. On est d’accord aussi qu’une partie de la population est en conflit direct avec le président », analyse-t-il.

Gary Bodeau dénonce certains secteurs qui exigent le départ du président mais qui ne lui ont accordé aucune chance ou qui ont une part de responsabilité dans la crise actuelle. « Je comprends très bien la jeunesse de ce pays qui manifeste et qui exige que la lumière soit faite sur l’utilisation du fonds PetroCaribe. Mais il y a certains secteurs qui sont en train de quitter le navire et de se repositionner du côté des revendications de la jeunesse. J’ai toujours eu beaucoup de différends avec le président. Il n’a pas su prendre des décisions. Il s’est mis du côté du secteur privé pour effectuer des opérations dont les conséquences impactent négativement la croissance économique », dénonce-t-il.  

Par ailleurs, le président de la Chambre des députés réitère sa proposition d’un gouvernement de cohabitation comme solution à la crise actuelle. L’élu de Delmas se montre favorable à la formation d’un gouvernement avec un Premier ministre issu de la société civile ou de l’opposition politique. « Je ne sais pas encore qui de l’opposition veut cohabiter avec le président. Toutefois, je suis au courant que les consultations se poursuivent. J’ai appelé le président à cet effet. Je prône une cohabitation politique. Il peut y avoir un Premier ministre issu de l’opposition. Je pense que la cohabitation dans ce contexte permettra aux gens d’opinions différentes de travailler ensemble. Ce gouvernement d’exception permettra de ramener la paix et le calme. Dans ce contexte, certaines réformes, pour ne pas être assimilées à de la persécution politique, doivent être portées par la concertation de toutes les forces politiques », a fait savoir Bodeau.

Le président de la Chambre basse dit être contre le maintien de Jean-Michel Lapin au poste de Premier ministre.  Selon lui, garder Lapin comme PM sera suicidaire pour le président de la République. « À mon avis, vu le constat que j’ai fait au Parlement, il ne passera pas. Il y a des gens dans l’entourage de M. Lapin qui indiquent que ce dernier n’entend pas démissionner. Jovenel Moïse ne peut pas publier un nouvel arrêté sans un nouveau PM. Le président doit chercher un nouveau chef du gouvernement dans la société civile afin qu’il puisse dialoguer et former un gouvernement de cohabitation », estime-t-il.

Gary Bodeau croit que Jean-Michel Lapin est victime d’une société mangeur d’hommes, d’une élite rétrograde et de certains politiciens traditionnels. « C’est quelqu’un qui a gravi tous les échelons dans l’administration publique. Même au nom de la liberté d’expression il aurait dû avoir une chance pour présenter sa politique générale.  On ignore s’il avait un projet pour le pays ou s’il n’a été qu’une carte du président de la République. Il aurait dû avoir la chance de se présenter. Mais dans le contexte actuel, il y a des débats au Parlement sur la nécessité d’ériger un nouveau gouvernement avec un nouveau Premier ministre. Aujourd’hui, il est un élément de la crise. Il doit présenter sa démission ou se rendre au Parlement où il risque d’obtenir un vote de non-confiance », analyse Gary Bodeau.

Jean Daniel Sénat source Le Nouvelliste

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