Gary Bodeau dévoile ses cartes

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Le président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, montre ses cartes, prévient le Premier ministre nommé des conséquences possibles de ses choix dans le montage du cabinet ministériel avant de présenter sa déclaration de politique générale à la Chambre basse. « Si quelqu'un dit au Premier ministre Jean Henry Céant de prendre les CV des ministres d’une série de secteurs qui ont des intérêts, le Premier ministre nommé a déjà échoué.

Si quelqu’un dit à Jean Henry Céant de faire un gouvernement d’union nationale avec tous les partis politiques représentés au Parlement ainsi qu'avec des hommes et des femmes compétents, crédibles et honnêtes de la société civile, à ce moment, Jean Henry Céant deviendra Premier ministre. Aujourd’hui, au moment où l’on se parle, il y a deux cas possibles au Parlement. Soit il tombe, soit il passe », a indiqué Gary Bodeau, qui a évoqué le poids politique infime du Premier ministre nommé à la Chambre des députés et la légalité des coalitions politiques dans une démocratie représentative.

« M. Jean Henry Céant a un parti qui compte trois députés. Il y a 25 partis au Parlement. Nous ne sommes pas membre de Renmen Ayiti. Moi, je suis de Bouclier, un parti politique qui a mené campagne avec le pouvoir, cela peut arriver que Bouclier veuille participer au gouvernement. Cela peut arriver que Fanmi Lavalas qui a 8 députés et des sénateurs, veuille participer au gouvernement. La coalition politique est légale », a insisté Gary Bodeau, qui a rabroué des « commerçants » intéressés au pouvoir qui intimident des parlementaires. « Il y a des menaces sur le Parlement. Ces menaces viennent de secteurs qui veulent envahir l’Etat, de gens qui ont besoin de contrats. Ce ne sont pas des élus du Parlement qui ont des contrats de 100 millions de dollars américains. Nous ne sommes pas ceux, au bord de mer, qui ont les contrats pour commander les produits pétroliers pour 300 à 400 millions de dollars américains. Donc, il est temps de dire à ces messieurs et dames que ça suffit », a poursuivi le président de la Chambre des députés, qui ne fait pas de mystère par rapport à ses envies. « Nous ne nous laisserons pas intimider. Il serait plus beau que ce soit Gary Bodeau qui place un ministre au gouvernement, plus beau que ce soit un député ou un sénateur qui le fasse. De quoi aurais-je peur ? », a-t-il demandé. « Je suis le président de la chambre des députés. Je ne suis pas sur la table de négociation. Je suis dans une position de neutralité. Si un homme du secteur privé veut contrôller la douane ou l’aéroport, moi je dis pourquoi un enfant du peuple ne peut pas avoir les mêmes revendications ?»,a poursuivi le président Gary Bodeau, qui souligne n’avoir jamais eu sa langue dans sa poche.

«Je suis issu d’un parti politique qui a son coordonnateur national. Le parti est déjà instruit d'aller chercher le pouvoir pour nous. Il y a d’autres partis instruits dans le même sens. Donc, il faut que Jean Henry Céant discute avec les partis politiques représentés au Parlement », a-t-il dit, soulignant que « Gary Bodeau a besoin de pouvoir pour construire des routes à Delmas, pour travailler au profit du peuple haïtien ». « Je ne vous laisserais pas le pouvoir», a-t-il insisté, décochant une nouvelle flèche. Le Premier ministre nommé doit, a poursuivi Gary Bodeau, entreprendre des discussions politiques. «Cela peut arriver que la discussion politique porte sur des projets et pas sur le pouvoir. Cela peut arriver que la discussion politique se fasse sur l’organisation des élections et pas sur le pouvoir. Mais il faut des discussions claires », a renchéri Gary Bodeau, qui insiste sur la nécessité que les cv des personnalités composant le prochain cabinet ministériel soient disponibles quarante-huit heures avant la séance sur la déclaration de politique générale. « Nous sommes pressés et nous voudrions en ce sens que cet épisode se termine cette semaine pour tourner la page et réfléchir sur d’autres dossiers de préoccupation nationale. Cette fois, nous aurons à recevoir les cv de tous les ministres quarante huit heures avant d’organiser la séance sur la déclaration de politique générale. Nous ne voulons pas avoir de surprise par rapport à des ministres dont la désignation ne respecte pas les normes constitutionnelles. Donc, j’espère que le Premier ministre nommé fera diligence pour acheminer toutes les pièces des membres de son cabinet ministériel à la Chambre des députés », a appelé le président Gary Bodeau.

La Chambre des députés attendra son tour…

« En ce qui concerne les discussions pour la formation du gouvernement, nous savons très bien que les ministres doivent avoir les qualités requises par la Constitution et par la loi. Me Céant n’a aucune prétention. La conjoncture qui a permis à Me Céant de devenir Premier ministre nommé ne lui donne pas le droit de former un gouvernement sans les partis politiques. Il ne pense en aucun cas former le gouvernement sans consulter les différents partis politiques, même ceux qui ne sont pas représentés au Parlement. Le président de la République avait instruit le Premier ministre de monter un gouvernement inclusif », a insisté un membre de l’entourage du Premier ministre nommé.

L'étape du Sénat moins risquée

Si le journal a tenté sans succès d'entrer en contact avec le président du Sénat, Joseph Lambert, un sénateur a confirmé que le président de la Chambre haute a écrit au Premier ministre nommé après avoir reçu la lettre de la présidence. Interrogé sur les tendances au Sénat, ce sénateur a indiqué qu’il « n’y a pas de position extrême contre Céant, comme c’est le cas à la Chambre basse ». « Au Sénat, il y a des tendances très modérées par rapport à Me Céant », a poursuivi ledit sénateur.

Source Le Nouvelliste

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