Gaël Painson dénonce le problème d’équipements et le manque de formation de nos sapeurs-pompiers

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Gael Painson

L’incendie qui a ravagé les locaux de la radio et télé Kiskeya vendredi soir a été d’une rare violence. Le spécialiste en matière d’incendie Gaël Painson, qui était sur place au moment de l’événement, n’a pas caché son étonnement. Il affirme avoir tout essayé aux côtés des responsables de la radio pour circonscrire le feu et limiter les dégâts. Au dire de M. Painson, c’était sans succès à cause de l’intensité des flammes et la rapidité avec laquelle se propageait le feu. « En 37 ans de carrière, c’est la première fois que j’ai vu un incendie se propager avec autant de rapidité et les flammes avec autant d’intensité », a témoigné celui qui participait à une activité culturelle au local de ladite station quand le feu a éclaté.

Les incendies sont généralement aussi violents quand ils éclatent dans des magasins ou dans des usines où l’on peut trouver des produits hautement inflammables mais jamais dans les résidences, a-t-il indiqué. Il croit qu’il revient aux agents de la DCPJ de mener une enquête sérieuse afin d’identifier un produit quelconque qui alimentait le feu parti de la maison voisine de radio télé Kiskeya et préciser la nature de ce produit.

Gaël Painson critique le fait que les sapeurs-pompiers aient mis plus de deux heures avant de faire leur apparition. « En quinze minutes, les sapeurs-pompiers auraient eu le temps d’éteindre le feu et éviter les dégâts », selon lui. Arrivés près de deux heures après l’éclatement du feu, les sapeurs-pompiers de la ville ont fait savoir qu’ils s’étaient rendus à une autre adresse. Gaël Painson n’en revenait pas. « Comment cela est-il possible ? », se demande-t-il. Le service des pompiers devrait avoir une carte à jour de la ville, déplore-t-il. Il a noté une confusion dans la communication entre les sapeurs-pompiers de la capitale et ceux de Delmas. « Les sapeurs-pompiers du centre-ville ont dit aux pompiers de Delmas qu’ils étaient déjà sur place mais quand les sapeurs-pompiers de Delmas sont arrivés ils ne les ont pas trouvés », signale-t-il. Mais Gaël Painson a surtout dénoncé le manque de formation et d’équipements appropriés aux sapeurs-pompiers. « Les combinaisons qu’ils portent sont trop grandes pour la plupart d’entre eux. Ils ne connaissent pas les techniques en matière de maîtrise du feu. C’est malheureux », regrette Gaël Painson.

Malgré la présence des sapeurs-pompiers du centre-ville, de Carrefour, de Delmas, de Pétion-Ville et de l’aéroport international Toussaint Louverture, rien n'a été fait pour circonscrire le feu. Gaël Painson évoque un problème de coordination. « Les deux camions qui sont arrivés en premier étaient à sec tandis que le camion du service de pompier de l’aéroport et de la PNH qui étaient remplis d’eau ne pouvaient pas passer », raconte Gaël Painson dont l’offre de collaboration a été refusée.

Monsieur Painson plaide en faveur de l’application du plan d’incendie rédigé en 1987 et mis à jour en 2012, à l’initiative de l’armée américaine. « J’ai moi-même remis ce plan à l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique, Reginald Delva. Jusqu'à présent aucun suivi n’a été fait », déplore-t-il. «Les autorités américaines s’étaient engagées à construire un espace pouvant abriter deux camions pompiers complètement équipés, un bureau pour la Protection civile et un dépôt de stockage de matériel à utiliser lors des catastrophes naturelles. L’État devait seulement acheter les camions et recruter le personnel », raconte Gaël Painson, qui souhaite aussi que les sapeurs-pompiers suivent régulièrement des séances de formation.

Danio Darius Source Le Nouvelliste

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