Financement des partis politiques ou l’argent qui divise…

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Financement Parti Politique - Chèque recu par VERITE

Sur les 57 organisations politiques habilitées à recevoir le financement public, 46 ont déjà retiré leurs chèques au ministère de l’Economie et des Finances. Depuis le début du processus de distribution des chèques, certaines structures politiques sont divisées, d'autres ont perdu leur dirigeant.

A la base, ce financement devrait servir au renforcement et à l’institutionnalisation des partis politiques comme le veut la loi de janvier 2014. C’est l’effet inverse dans certains cas.

Après la plateforme politique VERITE, divisée en raison du financement de l’Etat, cette semaine c’était le grand déballage sur la place publique entre les deux principaux dirigeants de la plateforme politique Pitit Dessalines. Alors que dès le départ, Jean-Charles Moïse, secrétaire général, avait clairement rejeté toute idée d’accepter les quelque 4.2 millions de gourdes, le Dr Frantz Perpignan, secrétaire général adjoint, confirme être obligé de prendre l’argent pour éponger certaines dettes de l’organisation. Depuis, les deux hommes sont à couteaux tirés.

Eric Jean Baptiste et Charles-Henri Baker avaient déjà démissionné de leurs partis politiques respectifs MAS et RESPÈ pour exprimer leur opposition à ce financement.

Selon le Comité de suivi pour le financement et l’institutionnalisation des partis politiques (COSFIPP), sur les 57 partis politiques qui peuvent prétendre à une assistance financière pour leur fonctionnement, 46 ont déjà retiré, au 12 mars 2018, leurs chèques de subvention pour les mois d’octobre, de novembre et de décembre 2017, pour un montant d’environ cent vingt-sept millions quarante-quatre mille six cent trente-neuf (127 044 639) gourdes.

11 partis n’ont pas encore retiré leurs chèques ; le montant de ces chèques s’élève à 15 millions de gourdes. Sept partis, à savoir le RDNP, KONTRA PEP LA, Fanmi Lavalas, RPH, PONT, LIDE et Konfyans ont refusé ou sont tout le moins réticents de prendre leurs chèques, selon le COSFIPP qui était chargé de trouver une entente entre les partis politiques sur le mode de financement.

Par ailleurs, deux partis politiques, Patrayil et Veye Yo, refusent d’accepter leurs chèques, estimant que le montant qui leur est alloué est trop faible. Le COSFIPP souligne que les représentants du MAS et du MOPOD sont quant à eux introuvables. De ce fait, les 15 millions restants retourneront au Trésor public dans le budget pour le financement des partis politiques. « Pour l'instant, seulement les 46 partis qui ont pu retirer leurs chèques continueront à recevoir le financement public », précise le COSFIPP.

Selon la loi sur le financement et l’institutionnalisation des partis politiques, 1% du budget national est consacré aux partis politiques suivant leurs scores aux plus récentes élections. Chaque parti a droit à un montant tous les mois. A ce niveau, Mathias Pierre, le coordonnateur du COSFIPP, a fait savoir au Nouvelliste que pour les mois de janvier et février, les partis recevront des chèques du Trésor public au lieu de chèques de direction de la BRH puisqu’il dispose maintenant des documents des partis ainsi que leurs NIF.

« …les recommandations du rapport sont acceptées officiellement par le gouvernement. Il reste l'arrêté portant création du Centre pour le renforcement et l'institutionnalisation des partis politiques (CRIP) et l'Institut de formation politique à mettre en place », a-t-il dit.

« Dorénavant, sur une base mensuelle, l’État haïtien interviendra pour contribuer au financement de tous les partis politiques répondant aux exigences de la loi », avait annoncé le ministre de l’Economie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, en janvier dernier lors du premier versement. Mais c’était avant le déficit budgétaire de plus de neuf milliards de gourdes.

Concernant le premier versement du financement, le parti au pouvoir, le PHTK, a reçu la part du lion puisqu’il détient le plus grand nombre d’élus au Parlement et dans les collectivités territoriales. Le parti de Jovenel Moïse a donc retiré un chèque de plus de 19.8 millions de gourdes au ministère des Finances.

De son côté, VERITE, la deuxième plus importante organisation politique du pays, a reçu plus de 13.4 millions de gourdes ; Kid plus de 10.4 millions de gourdes ; OPL plus de 10 millions de gourdes ; AAA plus de 9.2 millions de gourdes ; Bouclier environ 8.8 millions ; INITE plus de 8.6 millions de gourdes ; Pitit Dessalines plus de 4.2 millions de gourdes ; LAPEH plus de 4.2 millions de gourdes… Fanmi Lavalas devrait avoir plus de 6 millions de gourdes, mais les responsables du parti refusent le financement.

Robenson Geffrard source

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