Des entrepreneurs français en mission de prospection en Haïti

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Des entrepreneurs français en mission de prospection en Haïti

Les potentialités d’Haïti attirent des entrepreneurs français. A cet effet, une visite de prospection a été organisée et des discussions ont été tenues afin d’évaluer le marché. L’objectif est d’étudier des possibilités d'établir des partenariats avec des entreprises de la place.

Une vingtaine d’entreprises françaises et des territoires français des Amériques sont en visite en Haïti dans le but de s’informer des opportunités d’affaires dans le pays. Cette mission de cinq jours qui a débuté le 21 juin est organisée par “Business France”, l’agence publique française chargée de promouvoir le secteur privé à l’étranger en partenariat avec le ministère de l’Outre-mer et l’ambassade de France à Port-au-Prince. Diverses rencontres ont été, à cet effet, tenues avec des entrepreneurs haïtiens et français installés en Haïti dans l’optique de mieux comprendre le marché haïtien et d’être imprégnés des recommandations pour une approche optimale du marché.

Tout a commencé par une journée d’échanges au Karibe Convention Center où la délégation a rencontré les principaux acteurs de l’économie du pays. Représentants du gouvernement, parlementaires, bailleurs de fonds et chefs d’entreprises ont tous répondu présent à ces assises. Au menu, des présentations des opportunités d’affaires, les mécansimes de financement et les contraintes qui empêchent les investissements directs étrangers dans le pays. Ces rencontres, selon le directeur du département Info marchés de Business France, Philippe Marrec, se tiennent dans le but de permettre aux entreprises présentes d’explorer les orientations de leur développement international.

Ces entreprises présentes évoluent dans les secteurs de la construction, de l’eau et de l’assainissement, des énergies renouvelables, des services d’ingénierie, des TIC et gestion des déchets. Elles développent un intérêt tout particulier pour le marché haïtien et plusieurs autres pays de la région. La nouvelle dynamique que connait le pays depuis l’élection du nouveau président est l’un des facteurs intéressants de cette décision. Mais il ne s’agit que d’une visite de prospection. Ainsi, de l’avis de l’ambassadrice française en Haïti Elizabeth Beton-Délègue, le pays doit continuer à progresser en ce sens afin d’attirer ces investisseurs à investir réellement dans le pays. « Il faut qu’il y ait des signaux clairs pour convaincre les investisseurs que leurs capitaux seront, au moins, protégés », a-t-elle fait savoir.

Toutes les conditions de production seront analysées afin de déterminer si le marché haïtien est prêt à les recevoir. La première étape est franchie. La présence de cette délégation montre, en quelque sorte, que les entrepreneurs français ont les yeux rivés sur Haïti. Du moins, selon le président de la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie, Grégory Brandt, pour le moment. Il affirme que, par cette mission, les organiseurs s'inscrivent en faux contre les perceptions en Europe faisant croire que le marché haïtien est accaparé par les Américains. « C’est archifaux », a-t-il précisé.

Aucune entreprise américaine de taille n’est présente en Haïti. La relation qui existe entre les deux pays, poursuit-il, est une relation commerciale. Les entreprises françaises sont, ajoute-t-il, plus présentes dans le milieu haïtien que celles du grand voisin américain. Haïti, laisse-t-il entendre, a le potentiel intéressant pour attirer d’autres investisseurs de la France. Ces opportunités, fait-il savoir, se situent à tous les niveaux notamment au niveau, du secteur agricole.

Dans ce cas, le pays a un grand coup à faire dans ce domaine afin de créer de la richesse dans le milieu rural haïtien et réduire le déficit de la balance commerciale du pays. La place est grande ouverte aux entreprises françaises. À ce niveau, le potentiel d’Haïti est sous-exploité. En témoigne son déficit de 400 000 tonnes de riz et de 200 000 tonnes de sucre annuellement. En plus de l’agriculture à proprement parler, l’élevage constitue un marché pour le moins vierge. M. Brandt avance que le pays importe environ 400 millions d’œufs et plus de 90 000 tonnes de lait par an.

Tout compte fait, le président de la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie a mis à nu les potentialités du pays et les investisseurs qui se montrent intéressés. Le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Aviol Fleurant, en a fait de même. Les branches d’activités rentables pour lesquelles il existe une demande solvable sont, de l’avis du ministre, légion. Ainsi, il revient aux autorités gouvernementales de montrer la voie. Rien de sorcier n’a été réclamé. Un climat politique stable, une frontière sous contrôle et des mesures protégeant les investissements privés sont, entre autres, les recommandations. Haïti et la République dominicaine sont les seuls pays de la région se partageant une île. De ce fait, croit, Gregory Brandt, on ne peut pas investir d’un côté ou de l’autre sans évaluer la dynamique qui existe sur la frontière.

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