Economie:L'effet de l’ouragan Matthew persiste dans la région du Sud

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Les prix ont un impact certain sur le niveau de vie de la population. Si les prix augmentent, alors que le revenu d'un individu reste fixe, il ne pourra plus se procurer la même quantité de biens et services qu'il avait l'habitude de consommer auparavant. Il est possible qu’il n’ait plus accès à certains produits et services, si ses revenus n’augmentent pas beaucoup plus que les prix. D'où la nécessité de suivre l'évolution des prix, dans une économie. Cet article compare le niveau des prix par région, pour l'année 2017, montrant que ceux du Sud augmentent davantage que les autres, notamment après le passage de l’ouragan Matthew.

Etant donné le nombre élevé de biens et de services vendus dans l'économie, l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) est obligé de calculer, comme c’est le cas pour d’autres économies, un indice des prix à la consommation (IPC). Ce dernier prend en compte les prix de quelques produits et services sélectionnés à cet effet. Pour obtenir les prix, l'IHSI réalise des enquêtes au niveau de certains marchés du pays. Les données obtenues lui permettent de calculer un indice (l’IPC) pour Haïti, mais aussi un indice par région.

Les régions définies par l'IHSI sont: l'aire métropolitaine; le reste du département de l'ouest; le Nord; le Sud; la région transversale. L'aire métropolitaine comprend cinq communes: Port-au-Prince; Delmas; Pétion-Ville; Carrefour; Croix-des-Bouquets. Le reste de l'Ouest prend en compte les autres communes de ce département et le Sud-Est. Le Nord comprend les départements du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest. Le Sud comprend trois départements: Sud; Grande-Anse; Nippes. Quant à la région transversale, elle comprend les départements du Centre et de l'Artibonite.

En comparant l'IPC moyen des régions, pour l'année 2017, ceux du Nord et du Sud sont les plus élevés (voir la figure 1). Le plus faible niveau des prix se retrouve dans l'aire métropolitaine. L’IPC moyen dans le reste de l'Ouest et celui de la région transversale, bien qu’ils soient plus élevés que celui de l'aire métropolitaine, n'atteignent pas ceux des régions Nord et Sud.

L’évolution de l’IPC au cours des quatre dernières années (figure 2) montre que ce n'est pas en 2017 seulement que les régions du Sud et du Nord avaient les indices de prix à la consommation les plus élevés. Il s’agit d’une première observation. La deuxième, c’est que l’IPC de la région Sud, en plus d’être le plus élevé, tend à croitre davantage depuis le passage de l’ouragan Matthew. Le niveau des prix au niveau de la région du Sud s’écarte de plus en plus de ceux des autres régions.

Il est possible de mieux appréhender la différence entre le comportement de l’IPC de la région Sud et celui des autres. Je calcule la différence entre l’IPC de chacune des autres régions et celui de l’aire métropolitaine qui est le plus faible. La figure 3 présente l’évolution de cet écart. L’IPC de la région Sud, suivant la figure 3, s’écarte de plus en plus de celui de l’aire métropolitaine, et ceci non pas à cause de la baisse du dernier. Comparativement à l’IPC des autres régions, celui du Sud est donc en train de croitre d’une manière singulière, notamment après le passage de l’ouragan Matthew.

A moins que les ménages aient substitué les produits et services pris en compte dans le calcul de l’IPC par d’autres moins coûteux, les chiffres révèlent qu’il est possible que le niveau de vie de la population de la région du Sud soit en train de se détériorer.

Dr. Raulin Cadet source le nouvelliste