Un échec en bloc à la Chambre basse

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Inscription des blocs politiques La séance mise en continuation jeudi dernier a été reprise le mardi 29 janvier 2019 à la Chambre des députés. À l’ordre du jour, au premier plan: l’inscription des blocs politiques suivie de la formation de la commission des comptes, de la désignation des représentants de la Chambre basse à la commission bicamérale de décharge et la formation des différentes commissions permanentes. Comme c'était le cas jeudi dernier, cette séance s’est terminée au point un, malgré les longues heures de discussions et de tergiversations.

Au tout début, le bureau nourissait l’espoir de réunir 67 députés à l'ouverture de la séance. Comme la dernière séance de travail de la Chambre a été mise en continuation jeudi dernier, le président Gary Bodeau n’a eu aucun mal à demander que les nouveaux blocs politiques continuent à se manifester en se faisant inscrire au bureau.

Sans hésitation, le député de Gressier, Antonio Véricain, gravit la tribune pour inscrire le deuxième bloc, après l’EPAN qui s’était fait inscrire depuis jeudi dernier. Ce bloc s’appelle APH. Son dévouement à présenter la charte de ce bloc, marquée principalement par l’interdiction à un membre de voter contre ce qui a été discuté au sein du groupe malgré les éclairages que peuvent apporter les débats, n’attire guère l’attention de la salle. Mais quand il faut citer la liste des députés qui adhèrent à ce groupe en perte d’altitude, les esprits s’échauffent et on entend des « Oh !».

Ces exclamations ont leur sens, car sur les 59 députés cités par Antonio Véricain comme faisant partie de l’Alliance parlementaires pour Haïti, (APH), un bon nombre se sont déjà fait inscrire comme membres de l’EPAN. Parmi les « oh » fusent de la salle, on parvient à identifier certains de ces députés dont le nom figure sur les deux listes. On peut retenir : Galvy Charles, Ostin Pierre Louis, Gandhi Dorfeuille, Tanis Tertius, Woms Périlus et Fritz Chéry entre autres.

Devant ce scandale, le président de la Chambre des députés, Gary Bodeau soutient qu’il ne peut pas donner acte à l’inscription de ce bloc en soulignant : «  Aucun collègue ne peut être membre de plusieurs blocs. » Surpris de l’agitation de la salle, Gary Bodeau décide de céder la parole aux députés qui, apparemment, veulent à tout prix cracher leur colère.

Le premier à se manifester est Clauvy Robas. Il brandit les articles 57 et 58 du règlement intérieur de la Chambre pour prouver que les parlementaires qui se sont fait inscrire dans deux blocs politiques violent ledit règlement.

Parce que le député Antonio Véricain a écrit son nom dans la liste, Woms Périlus gravit la tribune pour lui demander de prouver qu’il a apposé sa signature sur la liste de l’APH. Nenni. Tertius enchaîne en demandant de « cesser de piétiner sa personnalité et sa fierté christophienne ». Raymonde Rivale est tombée des nues de voir « ainsi piétiner son caractère » qu’elle a pris tant de temps à construire. Pour sa part, Ostin Pierre-Louis sollicite un médecin pour vérifier sa « tension artérielle » avant de scander : « Je rejette d’un revers de main la question de signature sur la liste de l’APH. »

La tension monte dans la salle et des députés comme Printemps Bélizaire et Pierre Jude Destiné étaient à deux doigts d'en venir aux mains, n’était la vigilance de certains députés.

Aucun membre de l’APH ne pipe mot jusqu’alors et des interventions plutôt moralistes entrent en scène avec le député Caleb Desrameaux qui a fait le premier pas en invitant ses collègues à cesser de remplacer « l’honneur par l’audace ». Yvon Geste parle d’un « spectacle affreux » pas trop loin de la compréhension de Joseph Manès Louis qui y voit « un spectacle de mauvais goût ».

La pagaille est devenue totale et le député Lumérant croit avoir une solution en proposant une « épuration » des deux listes, c’est-à-dire mettre de côté  tous les noms qui apparaissent à la fois dans les deux blocs.

Cette proposition ne fait pas l’unanimité et le président Gary Bodeau décide de donner acte à l’inscription de l’APH en invitant les députés mutants à choisir un camp. Par ce geste, il dit entendre casser les débats et reprendre la séance. Mais ses efforts sont vains. Après une heure de discussions stériles, la salle se vide peu à peu. Aucun nouveau bloc ne manifeste et le président conclut : «  Merci, la séance est levée. »

Dans la foulée, certains députés louent la stratégie de l’APH qui, très affaiblie, a choisi de faire sombrer tout le bateau en jetant la confusion totale pour un échec collectif dans l’inscription des blocs politiques.

Samuel Celine source LE Nouvelliste

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