Dossier des huit hommes armés arrêtés : deux proches du pouvoir indexés

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Le voile est levé sur l’identité du propriétaire de l’un des deux véhicules sans plaques d’immatriculation à bord desquels huit personnes, dont 7 sept étrangers lourdement armés, ont été arrêtés par la police, dimanche, dans les parages de la banque centrale.

Le véhicule, une Ford Ranger, immatriculé  DM- 01616, # moteur SA2LPJJ77628, vendu  le 28 août 2018, appartient à madame Magalie Habitant, lit-on dans une correspondance responsive de la Behrman Motors au Premier ministre Jean-Henry Céant, datée du 18 février 2019.

Cette Ford Ranger et deux autres de la même marque ont été « payées comptant » pour la somme de 10 millions 437 mille gourdes par Magalie Habitant. Le concessionnaire, plus loin, a indiqué que Mme Habitant a donné des instructions  verbales d’immatriculer le véhicule en question (Ford ranger DM 01616) au nom de M. Jean Fritz Jean-Louis, un ancien ministre et directeur de la loterie de l’État haïtien sous l’administration Tèt Kale première version.

Ces deux personnalités étiquetées Tèt Kale, dans l’œil du cyclone aujourd’hui, étaient vues, en compagnie du chef de l’Etat, sur l’estrade lors du lancement de la parade de Noël à Pétion-Ville fin 2018.

«Si j'étais responsable de cette enquête, j'aurais procédé à l'arrestation de Fritz-Jean-Louis. Il était présent, à bord d'un autre véhicule au moment de l'intervention de la police. Il a par la suite exercé des pressions sur des responsables de la police pour obtenir la libération des huits individus lourdement armés en affirmant que ces derniers s'occupaient d'un dossier d'Etat», a confié Pierre Espérance du RNDDH au journal. «Fritz Jean Louis a quitté le pays selon mes informations», a révélé Pierre Espérance.

Mardi matin, dans la presse, Me Reynold Georges, conseiller du président Jovenel Moïse, a avancé la thèse d’un projet de braquage à la BRH par ces huit individus lourdement armés. «  Suite à notre enquête, nous avons appris que ces individus s’étaient rendus dimanche à la banque centrale et demandaient aux agents de sécurité de leur donner accès au sous-sol où se trouve le coffre-fort et tout l’appareillage informatique sous prétexte qu’ils étaient  venus faire un travail. Réalisant que les voitures abord desquelles ils se trouvaient n’avaient pas de plaques d’immatriculation, les agents de sécurité ont fait appel à la police », a expliqué Me Reynold Georges, qui a braqué les projecteurs sur Fritz Jean-Louis à qui incombe la responsabilité d’expliquer ses relations avec ces huit individus. Il n’est pas le conseiller du chef de l’État. Non, à aucun moment, le président Jovenel Moïse n’est intervenu auprès de la police pour que ces individus soient libérés, a assuré Me Reynold Georges mardi matin. L’avocat  s’est attelé à attaquer ce qu’il appelle un mensonge véhiculé par des opposants au régime de Jovenel Moïse.

Le commissaire du gouvernement, Me Paul Eronce Villard, en conférence de presse en milieu de journée, a indiqué que le ministre de la justice n’était pas au commissariat de Port-au-Prince dimanche où les suspects étaient gardés à vue. Très agacé, le commissaire du gouvernement, qui a mis en avant son intégrité, son impartialité en tant que magistrat, a souligné n’avoir reçu aucun instructions du ministre de la justice, Jean Roody Aly pour libérer les suspects. Ils n’étaient pas « libérables » au regard des éléments du dossier, a expliqué le commissaire du gouvernement, qui pilote l’enquête de flagrance diligentée par la police judiciaire.   

Presqu’en fin d’après-midi, sur son compte Twitter, le porte parole du premier ministre, Pascal Adrien, a révélé que dans une interview avec le journaliste Miguel Marquez de CNN, le premier ministre  Jean henry Céant a fait savoir que les mercenaires n'étaient pas venus pour cambrioler la BRH. " La BRH ne les connaît pas. Les mercenaires voulaient accéder au toit de la BRH afin de pouvoir dominer le bureau du PM ainsi que le parlement", a tweeté Pascal Adrien, qui a appelé la justice à faire son travail

Jorchemy Jean Baptiste, conseiller du Premier ministre Jean Henry Céant, sur les ondes de Vision 2000, après indiqué ne pas vouloir faire de fuite en avant, a dénoncé un complot. « Il ont carrément voulu attenter à la vie du PM », a affirmé Jorchemy Jean Baptiste qui n’a pas identifié le commanditaire. C’est à la justice de le dire, a-t-il expliqué.

Des personnes familières à la Primature ont confié au journal que le bureau du Premier ministre est orienté vers la mer et la Saline. Il n’est pas atteignable depuis la BRH. Le bureau du secrétaire général de la Primature est visible depuis la  BRH, a expliqué l’une de nos sources, qui de demande comment ces individus pourraient se hisser jusque sur le toit de la BRH, l’un des sites les mieux gardés par des hommes en armes pour se planquer un dimanche après-midi en attendant de voir le Premier ministre Jean Henry Céant. « Ce n’est pas sérieux. C’est se moquer des gens », a fulminé notre source.

La dénonciation de complot d’assassinat du Premier ministre Jean Henry Céant intervient après celle du président Jovenel Moïse. Le chef de l’Etat avait indiqué que les services d’un fugitif international, un ex-commissaire de l’USGPN, a été requis pour l’assassiner. L’individu en question, quelques jours après son arrestation, a été remis à la DEA et transféré aux Etats-Unis pour faire face à des accusations de trafic de drogue.

Entre-temps, le Premier ministre Jean Henry Céant et ses collaborateurs, à fond dans la communication pour dénoncer un complot, n’a rien dit ce mardi sur la mesure censée entrée en application cette semaine pour que le prix de la marmite de riz passe de 50 à 35 gourdes.

Source Le Nouvelliste

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