« On dépense plus mais on dépense mal »

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Kesner Pharel

Impossible de noyer le poisson quand la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) se met à faire son travail. Dans son dernier rapport sur la situation financière de l’État et l’efficacité des dépenses publiques pour l’exercice 2017-2018, la CSC/CA met à nu l’incapacité de l’État à atteindre ses prévisions de recettes et l’inefficacité de ses dépenses.

« Nous dépensons plus, mais nous dépensons mal. C’est ce que nous apprend le rapport de la CSCCA sur la situation financière de l’État et l’efficacité des dépenses publiques », a affirmé l’économiste Kesner Pharel lors de la conférence de presse qui s’est tenue récemment dans les locaux du Group Croissance sur la situation économique du pays. « Les dépenses effectuées par l’État ne sont pas efficaces, a ajouté le patron du Group Croissance. Dans ce rapport, la CSC/CA dit avoir constaté un ajustement à la baisse des prévisions budgétaires à deux reprises pendant l’exercice 2017- 2018. Le montant de 39,8 milliards de gourdes programmé à titre d’investissements dans le secteur économique afin d'obtenir un  taux de croissance de 3,9% a été réduit d’abord à 34 milliards de gourdes et ensuite à 9,6 milliards de gourdes. Les montants promis dans le cadre de l’aide publique au développement n’ont pas été encaissés, c’est la raison avancée pour expliquer la réduction du montant programmé pour des  investissements à deux reprises.»  

Le taux de croissance de 3,9%  fixé dans le budget initial devient illusoire avec les réductions de l’enveloppe budgétaire allouée aux investissements. À la fin de l’exercice, l’économie haïtienne a crû seulement de 1,4%. En ce qui concerne les éléments qui  expliquent ce faible taux de croissance, le rapport du CSCCA avance ceci : « Les prévisions faites pour le financement des sous-secteurs retenus comme prioritaires pour la croissance sont passées nettement à côté, ne recevant que de faibles fractions de leurs allocations initiales.» Plus loin, la CSCCA précise dans ce rapport les véritables allocations accordées à chaque secteur clé « Dans de telles conditions, l’efficacité des dépenses est devenue un projet non atteignable car elle devrait passer d’abord par l’exécution des dépenses programmées. Le ministère de l’Agriculture, secteur prioritaire, a reçu seulement 10% de ses allocations initiales, le ministère des Travaux publics, 16% et le ministère du Tourisme, 25%. »

Dans ses propos sur ce rapport, le P.D.G. du Group Croissance dit avoir retenu dudit rapport les faiblesses de l’État concernant la mobilisation de toutes les ressources monétaires prévues dans le budget 2017-2018. « Non seulement nous n’arrivons pas à nous procurer des montants prévus, mais le peu d’argent que nous avons pu obtenir, nous le dépensons mal », a soutenu l’économiste Kesner Pharel, soulignant que l’inefficacité des dépenses publiques est caractérisée, entre autres, par la corruption et la mauvaise gestion. Il a  fait savoir que le rapport sur la situation financière de l’État et l’efficacité des dépenses publiques a autant d’importance que le rapport sur la gestion du fonds PetroCaribe. « Le PetroCaribe, c’est 2 milliards de dollars américains. Quant au rapport sur les dépenses publiques, il porte sur l’utilisation de 20 milliards de dollars américains sur 10 ans puisque le budget national représente en moyenne 2 milliards de dollars chaque année », a souligné M. Pharel.        

Pour l’exercice 2017-2018, l’État a collecté 81.7 milliards de gourdes sur le montant de 93,4 milliards de gourdes prévus dans le budget initial, soit 88% des prévisions. En ce qui concerne le budget rectifié où les prévisions ont été revues à la hausse à hauteur de 99,2 milliards de gourdes, la performance de l’État se réduit à 81,2%. Le rapport sur la situation financière de l’Etat et sur l’efficacité des dépenses publiques précise que jamais un montant aussi élevé n’a été collecté même s’il est inférieur aux prévisions.

Gerard Junior Jeanty Source Le Nouvelliste

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