Débordé, l’HUEH commence à subir les effets de la fermeture des hôpitaux de MSF

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Hopital de l'Université d'Etat d'Haiti - Port-au-Prince

Les effets de la fermeture des hôpitaux gérés par l’organisation Médecins sans frontière (MSF) commencent déjà à se faire sentir. L’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) devient incontournable pour les malades même si sa capacité d’accueil reste limitée, ses problèmes d’intrants, de matériel et de ressources humaines persistent. Ces derniers jours, le service des urgences du plus grand centre hospitalier du pays est dépassé et décrié.

«Ce qu’on ne devait pas faire, on est obligé de le faire maintenant : la référence. Quand on est dépassé, quand il y a plus de place, il n’y a plus de moyens de connecter un patient à un soluté, on n’a pas d’autre choix que de le référer, et quel que soit le type de cas qui se présente», confie une infirmière, à cheval entre 11 patients hospitalisés ce lundi matin en médecine interne au service des urgences.

Le va-et-vient d’un médecin, d’une infirmière entre une salle à l’autre est incessant. Comme on dit en médecine, chaque seconde compte, ils se diligentent pour poser un diagnostic, pour effectuer un geste, pour être au chevet d’un patient souffrant. La situation est pourtant plus calme à cette heure, révèle un médecin résident, que des jours précédents où plusieurs malades, faute de brancard, jonchaient le sol. Elle paraît moins chaotique que la veille où les averses du dimanche ont inondé l’hôpital. Une équipe a été mobilisée pour nettoyer et évacuer l’eau.

 

«Ces derniers temps, la capacité d’accueil de l’HUEH est vraiment dépassée. Depuis quelques semaines, certains hôpitaux de MFS ont réduit leur capacité d’accueil. On reçoit maintenant davantage d'accidentés de la voie publique et d’autres urgences que ce soient les plaies par armes blanches ou par balle. C’est pourquoi on a davantage de polytraumatisés», explique le Dr Jessy Colimon Adrien, directrice exécutive de l’HUEH en interview exclusive ce lundi dans son bureau à l’hôpital.

Au niveau du service d’urgence de l’HUEH, souligne le Dr Jessy Colimon Adrien, il y a non seulement le service des urgences chirurgicales et orthopédiques mais aussi les urgences médicales. «En médecine interne, nous recevons des patients avec défaillance cardiaque, des AVC, les diabétiques et toutes les urgences médicales», a renchéri le Dr Jessy Colimon Adrien qui, du même coup, a assuré que le service d’urgences de l’HUEH, en dépit de tout, fonctionne 24/24.

Les effets de la fermeture de CRUO et de la réduction des critères d’admission du centre de traumatologie commencent.

La capacité du service des urgences du plus grand centre hospitalier du pays est d’une cinquantaine de lits. Pourtant en moyenne 30 à 40 nouveaux patients sont admis quotidiennement à ce service. «Un lit peut être occupé pendant une heure, deux heures, un jour, deux jours et même plusieurs mois. Quand un hospitalisé reste plus longtemps que prévue, la capacité d’accueil déjà faible est réduite», a indiqué un médecin résident.

Avec la fermeture de deux hôpitaux de MSF (le Centre de référence des urgences obstétricales [CRUO] déjà fermé ; le centre spécialisé en traumatologie à Tabarre sera fermé en janvier 2019), le manque criant de lits par habitant: (7 lits pour 10 000 personnes) ne fait qu’augmenter dans le pays.

Les directeurs des hôpitaux de la place dont les Dr Bitar, responsables de l’hôpital Bernard Mevs, avaient prédit que la fermeture du centre de MSF de Tabarre allait avoir un impact sur le système sanitaire dans l’aire métropolitaine dans un entretien accordé au journal en février dernier. Si l’HUEH, communément appelé l’hôpital général commence à subir les conséquences, aucune disposition n’est encore prise pour augmenter la capacité de l’hôpital. L’HUEH devient à nouveau incontournable. Les accidents de la voie publique, les plaies par balle, les cas de bobologie arrivent comme des mouches à l’HUEH.

«Pour pallier le problème, on met plus de matériel et on approvisionne l’hôpital de plus intrants. Mais ça ne suffit pas, parce que les ressources humaines, notamment le personnel infirmier, sont limités», a déploré la directrice exécutive de l’HUEH.

«L’équipe d’urgence est constituée d’internes, de médecins résidents en médecine interne, en orthopédie et en chirurgie, et des médecins de services. Mais ce n’est pas l’idéal. L’idéal, ce serait d’avoir des médecins de services qui assurent la permanence 24/24», a ajouté le Dr Colimon, révélant que les médecins de service affectés au service d’urgences sont au nombre de 10. Ça ne suffit pas, souligne-t-elle, pour assurer une permanence de soins.

« Pour arriver à ce schéma-là il faut augmenter le nombre de médecin de service au service des urgences, a-t-elle plaidé. Il faut qu’on augmente aussi la sécurité. Le nombre des agents est insuffisant. »

Le Dr Jessy Colimon Adrien croit dur comme fer que si les centres périphériques pouvaient jouer leur rôle, il y aurait moins de pression sur l’HUEH.

Edrid St Juste Source Le Nouvelliste

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