Débat autour de la compétitivité et la gouvernance des villes

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Kesner Pharel

Sous les auspices de l’Institut des politiques publiques (IPB) et d’autres partenaires, dont la firme Consultation et Résultats, un débat autour des villes et la gouvernance locale a été organisé, ce vendredi, à l’Université Quisqueya. L’économiste Kesner Pharel, le géographe Hervé St-Preux et l’architecte-urbaniste Olsen Jean Julien ont été les principaux intervenants à cette martinée-débat.

« Ville et gouvernance locale dans le cadre d’une politique publique de développement de la ville », c’est autour de ce thème que se déroule cette matinée-débat où chaque  intervenant a fait valoir et ses points de vues sur  les villes. C’est le cas de l’économiste Kesner Pharel qui a présenté les différents indicateurs à prendre en compte dans le cadre de la compétitivité des villes : « Quand on parle de la compétitivité des villes, il y a 12 piliers à considérer : les institutions, les infrastructures, les technologies de l’information, la stabilité macroéconomique, entre autres. Cette année, on a ajouté le capital humain (santé et compétence), le marché des biens et des services,  le marché du travail, le système financier, la taille du marché », indiqué le patron du Group Croissance, soulignant que la taille du marché haïtien est plus petite que celles de la République dominicaine et de la Jamaïque bien que le pays a beaucoup plus d’habitants que ses voisins régionaux.

L’économiste a aussi abordé la question de l’efficience de la gouvernance locale. Il a fait le point sur les différents points : « Capacité du service de santé,  capacité des écoles,  sécurité, efficience dans l’enregistrement, unité de promotion des investissements, conformité aux directives nationales, présence d’un plan d’aménagement du territoire, présence d’un plan de gestion de réduction des risques de désastres, ratio des taxes et impôts collectés par rapport aux revenus totaux de la commune, un score de transparence dans le système de gestion de performance au niveau du gouvernement local, un score de gouvernance économique dans le système de gestion de performance au niveau du gouvernement local. »

A côté de ses indicateurs, le P.D.G. du Group Croissance a également fait mention d’un ensemble de sous-indicateurs pour faciliter le dynamisme économique : la taille de l’économie locale, le nombre de firmes, la croissance de l’économie, le coût du loyer, les universités, les banques... Ce sont des informations essentielles que les mairies doivent être en mesure de communiquer  surtout quand  elles veulent attirer des investisseurs dans leurs communes respectives. Sur le plan des infrastructures, elles doivent connaitre combien de kilomètres de routes, de chambres d’hôtel, d’heures d’électricité, de connexion aux technologies de l’information et de la communication dont disposent leurs communes. Les infrastructures de transport, les infrastructures sanitaires, le nombre de points financiers disponibles dans leurs communes sont des atouts importants pour inviter des investisseurs.

En outre, l’économiste Kesner Pharel a souligné une nouvelle structure dont toutes les mairies devraient disposer. « Il faut une unité financière efficace au niveau des mairies pour chercher les ressources domestiques et sa part du gâteau dans le budget national. Les mairies peuvent aussi émettre des bons municipaux. Pour cela, elles doivent être bien gérés et auditée régulièrement par des firmes d’audit », a-t-il soutenu.

Pour sa part, le géographe Hervé St-Preux a partagé avec l’assistance les différentes théories sur les villes. « La ville est dynamique. Elle est une production. La ville est un produit, c’est un vécu.  La ville fait face à des problèmes. D’où la nécessité de la gouvernance urbaine », a fait comprendre le géographe. Quant à la gouvernance, il a fait savoir que c’est un ensemble de traditions, un ensemble d’institutions par lesquelles  on exerce le pouvoir. La gouvernance a pour objectif le bien de tous, souligne-t-il, faisant référence à la définition de la Banque mondiale.

Au cours de son exposé, M. Hervé St-Preux a défini la gouvernance urbaine. « La gouvernance urbaine n’est pas différente, mais elle se fait à une échelle beaucoup plus petite sur un espace plus réduit où les acteurs peuvent être plus nombreux et sont plus proches les uns des autres. C’est une question d’échelle. La gouvernance urbaine est la gouvernance d’une ville. Les citoyens sont de plus en plus présents dans la gouvernance urbaine que dans la gouvernance de façon générale », a- t-il expliqué.

 M. Hervé St-Preux  a fait le point sur les services de base que toutes les municipalités doivent être en mesure d’offrir : la gestion des déchets et de recyclage et la gestion des risques et désastres (secouristes, pompiers, ambulanciers, stock de médicaments d’urgence). Il s’interroge sur la motivation des députés qui ont transformé le Service métropolitain de collecte de résidus solides (SMCRS), une structure régionale qui n’était pas efficace quand il était une structure nationale.

De son côté, Olsen Jean Julien a parlé des grands projets et des commémorations sur le plan de la gouvernance. Un grand projet urbain, ajoute-t-il, est une chose complexe qui implique la mobilisation des capitaux, l’implication du pouvoir local ou national et de tous les acteurs. Il exige du temps et doit avoir un impact social, économique, politique et environnement.

Gerard Jeanty Junior source Le Nouvelliste

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