Davidson Saint-Fort, un journaliste rigoureux

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Davidson St Fort

Du haut de ses dix ans de carrière dans le journalisme, Davidson Saint-Fort s’impose de plus en plus dans la presse haïtienne. D’abord comme reporter, puis comme coprésentateur de l’édition de nouvelles « 19-20 » et de « L’invité du midi », une émission sociopolitique diffusée quotidiennement sur Télé Caraïbes. À la rencontre du co-lauréat du Prix Philippe Chaffanjon 2018 ; ce Léogânais figurant dans le classement des 24 jeunes de Ticket ; ce journaliste qui fait de la rigueur une condition sine qua non de son travail.

Il est 2 h pm. Davidson Saint-Fort vient de laisser le micro de son émission journalier « L’invité du midi ». Costume bleu marine, chemise blanche, cravate à rayures (bleu marine, bleu ciel et blanc), souliers noirs bien cirés, on reçoit Monsieur dans le petit bureau nous servant de salle d’interview. Assis en face de nous, bien détendu et calé dans le fauteuil, il se laisse aller aisément à notre jeu de questions-réponses. Loquace. Éloquent. Présentateur de son état, le contraire nous aurait étonné. C’est que Davidson a une histoire à raconter et surtout des jeunes comme lui à inspirer.

« J’aime parler. Je parle beaucoup », nous prévient-il. D’ailleurs, c’est son amour de la parole et des longs discours qui ont conduit ce fils de la cité de la reine Anacaona vers le journalisme alors qu’il était encore très jeune. « Je pense être journaliste depuis l’enfance. À la maison, vu cette tendance que j’ai à discourir abondamment, on me prédisait un avenir soit d’avocat, soit de journaliste. De fait, mon entourage voyait déjà en moi une grande capacité de communication. Ce qui m’a mis sur la voie », indique l’ancien élève de l’Institut Agneau de Dieu qui n’hésitait pas à mettre quelques acquis du métier en pratique à son église. Il avait seulement 11 ou 12 ans.

Les perspectives d’avenir de M. St-Fort se sont donc révélées très claires dès l’adolescence. Cet aîné d’une famille de 5 enfants allait devenir journaliste et s’est bien préparé en conséquence. Comme l’eau qui suit aisément son chemin, il se construit académiquement à se faire une carrière dans la presse. À l’école, tout ce qui touche aux lettres l’intéresse. Et c’est sans surprise qu’en philo, il s’inscrit à l’ISCOF pour des cours de journalisme en weekend tout en faisant la navette à plusieurs émissions de radio de sa ville natale. « Mais tout a véritablement commencé pour moi après le tremblement de terre. J’ai choisi d’intégrer la radio télévision PROSCH FM, une station nouvelle dans le milieu, au sein de laquelle je n’aurais pas eu trop de difficultés à m’adapter avec une émission à caractère culturel », explique le journaliste de 28 ans.

L’émission culturelle de l’ancien étudiant en sociologie de la faculté d’ethnologie ne voit jamais le jour. Le directeur de PROSCH FM lui propose de présenter les nouvelles aux côtés de son cousin Jumann Saint-Fort. Véritable coup du destin, diraient les fatalistes, car cette toute première va constituer le début d’une belle aventure qui malheureusement prend fin quatre ans plus tard, à la mort tragique dans un accident de Jumann. Son collaborateur est parti, pour toujours. « Je ne pouvais pas continuer sans lui. Je ne me voyais pas continuer chaque jour quelque chose qu’on a commencé ensemble, lui et moi. Je cherchai donc à intégrer une radio à Port-au-Prince », continue tristement le codétenteur du Prix Chaffanjon 2018.

C’est alors qu’en 2014, la carrière de journaliste de ce produit du Lycée Anacaona prend un tournant. « Aux funérailles de mon cousin qui était correspondant de Radio Métropole à Léogâne se trouvait Wendell Théodore. Après que ce dernier m’eut écouté prononcer les éloges funèbres, il a sans doute parlé de moi à ses collègues. Quelque temps après, on m’a proposé un stage à Radio Métropole et un mois après, j’étais pratiquement embauché… Même si au départ cette station n’était pas l’objectif visé. Je rêvais plutôt de faire partie de Radio Ibo, la radio que j’écoutais avec mon père », se rappelle l’ancien journaliste accrédité au Parlement et au Conseil électoral provisoire pour le compte de la 100.1 FM. Entre divergences et conflits latents, Davidson Saint-Fort plie bagages deux ans plus tard.

« Je n’étais pas destiné à subir une ligne éditoriale avec laquelle j’étais en désaccord et mes reportages ne portaient pas toujours la marque de Métropole. J’ai alors réalisé que je n’allais pas y faire long feu vu que mes travaux étaient tout le temps remis en question alors que je restais professionnel. Je leur ai donc proposé ma démission », confie l’actuel journaliste de Radio-Télévision Caraïbes, gardant toutefois de bonnes relations et de bons souvenirs de la station des Widmaier. « Métropole a largement contribué à me construire comme professionnel : la rigueur dans la rédaction, la manière de travailler, etc. C’était une belle expérience », reconnaît-il.

En février 2017, Davidson St-Fort fait son entrée au 94.5 FM comme reporter, puis coprésentateur du « 19-20 », sur recommandation de John Wesley Delva. Un an après, soit octobre 2018, on retrouve le professionnel sur la chaîne 22 tenant adroitement les rênes d’une émission d’analyse et de commentaires de l’actualité. Du lundi au vendredi, le collaborateur de Michel Joseph sert « L’invité du midi » aux côtés de personnalités de la vie sociale et politique qu’il prend le soin de choisir minutieusement. « Mes invités sont triés sur le volet. Je les reçois en fonction de leur expertise suivant le sujet d’actualité. C’est le sujet qui me conduit et non l’invité en soi », affirme le présentateur, prenant Wendell Théodore, Michel Joseph, Roberson Alphonse, Clarens Renois et Alain Foka pour modèles.

Du haut de ses dix ans de vie professionnelle, le passionné de football se félicite de toujours faire preuve de rigueur et de sincérité dans son travail. « J’aime à le dire : je me sens journaliste au quotidien, quand une fois chez moi, je peux être en paix avec ma conscience. Je fais un métier avec ma conscience. C’est ce qui me guide. J’aime me voir comme le journaliste le plus sincère et le plus rigoureux dans ses questions, dans sa manière d’être, parce que j’ai un sens très poussé de l’éthique. C’est la rigueur qui fait le journaliste », soutient le natif du Cancer qui se positionne dans une dynamique de formation continue. « Je veux être un journaliste mieux formé, question d’être plus professionnel dans le métier », précise Davidson qui se dédie intégralement au micro.

Sinon retrouvez ce célibataire aux yeux marron foncé dans sa position d’ailier gauche sur un terrain de foot, devant un bon film ou à fond dans un livre. « La lecture reste une obligation. Je lis de tout. La lecture c’est le devoir de tout journaliste, qui doit faire preuve d’une grande culture. Le journaliste doit se former et l’une des meilleures façons reste les livres », pense Davidson Saint-Fort qui pratique son métier avec amour, passion et rigueur.

Sindy Ducrepin source ticket magazine

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