Boulos et Vorbe appuient une augmentation significative du salaire minimum

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Dimitri Vorbe et Reginald Boulos

L'homme d'affaires Réginald Boulos critique la lenteur du Conseil supérieur des salaires (CSS) dans la publication de son rapport. À quatre jours de la fin de l’exercice fiscal, le CSS n’a toujours pas publié son rapport devant permettre aux ouvriers de bénéficier de l’augmentation du salaire minimum afin qu’ils puissent vivre mieux, a écrit l’homme d’affaires sur son compte Twitter, jeudi. Le salaire minimum ne pourra pas être inférieur à 585 gourdes à partir du 1er octobre, estime-t-il.

Il y a dix-sept mois, suite à la publication du dernier rapport du CSS, le salaire minimum dans le secteur de la sous-traitance avait été fixé à 335 gourdes. « Si l'on divise l’inflation (14.1% au mois d’août) par douze et qu'on la multiplie par dix-sept, cela donne 20%. Ce qui nous mettrait déjà à 500 gourdes au 1er octobre », déduit l’homme d’affaires. Mais avec un salaire minimum de 500 gourdes, l’ouvrier ne peut pas améliorer son pouvoir d’achat, a poursuivi Réginald Boulos qui propose d’y ajouter 85 gourdes comme une amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs.

Payer un salaire de 585 gourdes, c'est-à-dire l’équivalent d’une augmentation d’environ 30 à 32%, n’est pas chose facile pour les patrons. « C’est une décision forte », reconnait Réginald Boulos, estimant qu’après les événements du mois de juillet et en raison des appréhensions liées notamment aux mouvements empreints de menaces annoncés pour le 17 octobre prochain par ceux qui exigent que la lumière soit faite sur l’utilisation du fonds PetroCaribe, le pays est en mode pause et l’économie est dans une situation difficile du fait de l’absence de nouveaux investissements par le secteur privé des affaires .

« Le pays est à l’heure des sacrifices », concède Réginald Boulos. Il croit que ce n’est pas aux ouvriers qu’on doit demander à chaque fois de consentir des sacrifices. « Il y a un effort de sacrifices que nous devons nous aussi consentir afin de permettre aux ouvriers d’améliorer leur pouvoir d’achat dans un contexte économique, social et politique extrêmement difficile », demande-t-il à ses pairs du secteur privé.

Réginald Boulos a par ailleurs proposé que le salaire des ouvriers soit indexé sur le dollar qui ne cesse de prendre de la valeur par rapport à la gourde tout en faisant remarquer que les donneurs d’ordre paient en dollars dans l’industrie d’assemblage. « L’industrie tournée vers l’exportation gagne ses revenus en dollars. Pourquoi à ce moment ne pas indexer le salaire des ouvriers sur le dollar, vu la décote accélérée de la gourde », s’interroge-t-il. L’indexation du salaire minimum sur le dollar serait un choix gagnant-gagnant à la fois pour l’exportateur qui ne sera pas obligé de payer un salaire impossible et pour l’ouvrier qui sera protégé de la dévaluation de la gourde.

Dans un retweet, l’homme d’affaires Dimitri Vorbe a quant à lui proposé 600 gourdes comme salaire minimum. « Cela fait plus de cinq ans qu’il – le salaire minimum- n’a pas connu d’augmentation comme il le devrait. De plus, le salaire minimum peut être différent en fonction de l’industrie. Si le CSS ne l’augmente pas, le secteur privé peut le faire de manière unilatérale », recommande le patron de la Sogener qui appelle à la grève en vue de contraindre les autorités à augmenter le salaire minimum dans le secteur.

Réginald Boulos rejette les propositions de son « ami ». Proposer 600 gourdes au lieu de 585, c’est faire de la démagogie, a-t-il indiqué. Il pense que les patrons n’auront pas besoin d’augmenter le salaire de manière unilatérale, ils n’auront qu’à demander à leurs représentants au sein du conseil tripartite de faire cette proposition qui aurait de toute façon le soutien des représentants des syndicats. Il rejette aussi l’idée de faire de la grève pour exiger l’augmentation du salaire des employés de l’État. « Il y a déjà beaucoup trop d’employés au sein de l’administration publique. La première chose à faire, c’est un nettoyage des chèques zombis afin de permettre à ceux qui travaillent réellement de toucher un salaire décent.

Danio Darius Source Le Nouvelliste

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